La surprise d'une rencontre et la simplicité des funérailles
Une chronique de Bosco d'Otreppe.

- Publié le 26-04-2025 à 15h54
- Mis à jour le 27-04-2025 à 10h17

L'image fera le tour du monde. Au fond de la basilique Saint-Pierre, sur deux chaises poussées là en vitesse, le président américain Donald Trump et le président ukrainien Volodymyr Zelensky se font face et discutent à brûle-pourpoint. C'est la première fois qu'ils se voient depuis leur différend, fin février, à la Maison-Blanche. On ne sait pas exactement ce qu'ils se sont dit ce samedi, mais la discussion fut "bonne", a affirmé l'Ukrainien sur les réseaux sociaux. Une discussion "très symbolique qui pourrait devenir historique si nous parvenons à des résultats communs", a-t-il ajouté. Comme La Libre l'avait écrit, il y eut deux rites ce samedi au Vatican. Le rite diplomatique, dans le creuset de la place Saint-Pierre qui unissait ce samedi un monde fracturé, et le rite liturgique, le principal : celui des funérailles du pape François.
Si le premier fut exceptionnel, le second fut presque, si l'on peut dire, ordinaire. Comme le veut la liturgie, il n'y eut aucun véritable pathos, pas de grandes effusions de larmes, juste une prière sobre et solennelle qui s'est élevée dans le ciel de Rome. L'Église enterrait l'un des siens, le Pape certes, mais d'abord l'un des siens qu'elle confiait à la mansuétude de Dieu, selon les prières qui sont celles de tous les baptisés. Tout, dans le choix des psaumes vieux de 3000 ans, dans l'usage du grégorien, du latin, dans les gestes et l'encens, témoignait d'ailleurs de la longue continuité de l'Église.
Après ces funérailles, s'ouvrira le temps du conclave. On le dit incertain. Les cardinaux étant nombreux, n'étant pas tous alignés, se connaissant peu, il garantit des surprises. Comme l'ont souligné des commentateurs, une grande sérénité et une certaine paix se sont dégagées de cette matinée d'adieu. À leur manière, ces funérailles ont rappelé que l'on ne peut jamais analyser ce qu'est l'Église à partir du seul temps présent. Il est nécessaire d'inscrire les évènements dans la patience des siècles. Mais elles ont aussi souligné que cette même histoire peut générer des impromptus qui bouleversent parfois tout : l'impromptu de deux chaises poussées à la hâte sur les pavements en marbre d'une basilique.