Affaire Lahbib, qu'on arrête cette comédie
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 28-06-2023 à 00h00
Hadja Lahbib doit-elle démissionner, oui ou non ? La question flotte dans l'air depuis une semaine. Qui croit encore qu'Ecolo et le PS se positionnent dans cette crise uniquement en fonction de l'octroi des visas à 14 dignitaires iraniens ? Les questions étaient toutes légitimes, les éclaircissements nécessaires. En commission de la Chambre, les réponses fournies ont mis en avant des erreurs d'appréciation et son lot de confusions. Mais sur le fond, et vu les circonstances, la ministre des Affaires étrangères a-t-elle commis une faute qui rende sa démission inéluctable, quitte à faire chavirer le gouvernement fédéral ? Non, l'invitation provenait du Bruxellois Pascal Smet. Il en a tiré les conclusions nécessaires. Hadja Lahbib doit tirer les leçons de ses erreurs et manquements pour que cela ne se reproduise pas.
Au vu des plaidoiries virulentes des partenaires écologistes et socialistes, Georges-Louis Bouchez est l'homme à abattre. Le feu nourri se concentre sur le président du MR, mais éclabousse tout le parti. Hadja Lahbib, son atout électoral, en devient presque la victime collatérale. Son parachutage aux Affaires étrangères était un fait du prince discutable mais sa popularité exceptionnelle fait peur aux autres partis. À un an des élections, l'opportunité d'affaiblir une future adversaire à Bruxelles était inespérée, celle de faire mordre la poussière à Georges-Louis Bouchez encore plus.
Mais cette séquence ne peut s'éterniser. Ces circonvolutions électoralistes en deviennent presque dérangeantes. Les groupes PS et Ecolo à la Chambre l'ont compris en annonçant qu'ils voteront la motion de confiance. Il est temps de mettre fin à cette crise et de passer à autre chose. Hadja Lahbib devra regagner la confiance de ses partenaires et faire oublier ce triste épisode. Bien que remontée et sévère, la majorité doit lui permettre de préparer au mieux la future présidence belge du Conseil de l'Union européenne qui débutera le 1er janvier prochain. Quant à la Vivaldi, que la coalition s'évertue à travailler pour engranger des points et ne pas se présenter devant les électeurs avec le bilan médiocre qui est le sien…