Le Pape en Belgique, un rendez-vous fort attendu
Un édito de Bosco d'Otreppe.

- Publié le 26-09-2024 à 00h00
- Mis à jour le 26-09-2024 à 08h37

L'eau a coulé sous les ponts. Il y a trente ans, en 1995, lors de la dernière visite d'un Pape en Belgique, la sécularisation du pays était en cours, mais l'Église demeurait un pilier central de la société. Désormais, si le catholicisme subsiste une référence culturelle ou spirituelle pour beaucoup, il a quitté sa posture hégémonique, doit assumer les crimes des abus sexuels commis en son sein, et cherche sa nouvelle place dans le XXIe siècle belge.
Dans ce contexte, la visite du pape François, sur laquelle personne n'aurait parié il y a quelques mois encore, a suscité un grand enthousiasme, une réelle fierté et une vraie joie parmi les catholiques belges. En quelques mois, la préparation du voyage leur a permis de resserrer des liens entre paroisses, générations et communautés linguistiques. Ce n'est pas rien. Ils attendent désormais avec attention les mots que choisira le Pape pour les aider à témoigner de leur foi et habiter le XXIe siècle avec justesse.
Mais ce voyage ne concerne pas que les catholiques. C'est la société belge dans son ensemble, à travers les universités, la société civile et ses dirigeants, que François vient saluer. L'attente, là aussi, est importante. L'humanisme que porte le Pape, sa lutte permanente contre "l'indifférence" envers les plus faibles, interpelle largement.
En ce sens, ces quelques jours peuvent être l'occasion d'un riche échange entre le pays et une Église qui façonna son histoire. Qu'est-ce que la société belge, dans sa diversité, peut apporter à l'Église qui est actuellement engagée dans une réflexion sur son avenir (avec le "synode" qui se clôture à Rome en octobre) ? Et quelle contribution le catholicisme, et l'appel à la transcendance qui le traverse, peuvent-ils encore proposer à notre époque traversée de questions existentielles quant à son avenir climatique, géopolitique, éthique, technologique… ?
Si chacun parvient à aborder ces quelques jours sans lectures idéologiques préconçues, soucieux d'en débattre par après, ce voyage sera l'occasion de riches échanges, à l'exemple de ce que permit l'université de Louvain, tout au long de son histoire, dont on fête les 600 ans.