Rentrée scolaire et travaux forcés
Un édito de Dorian de Meeûs.

- Publié le 24-08-2025 à 23h00
- Mis à jour le 25-08-2025 à 06h39
Avant tout, bonne rentrée à vous ! Elle comporte souvent son lot de cahiers neufs, d'effervescence et de résolutions rarement tenues. Mais à Bruxelles, et sur les grands axes qui nous y emmènent, il y a surtout les maudits chantiers, qui rendent les navettes d'autant plus infernales. Des travaux interminables, mal anticipés et qui épuisent au quotidien. Point d'exception cette année : la capitale retrouve son trafic dense, aussitôt freiné par des fermetures, ouvertures béantes, déviations et ralentissements. Une pagaille ? Oui. Une fatalité ? Pas nécessairement.
Derrière cette défiguration des espaces publics se joue la modernisation de nos infrastructures. La fermeture partielle du rond-point Schuman, la reconfiguration de Sainctelette, les réaménagements à Forest et Laeken : tous ces projets s'inscrivent dans une vision plus large de la ville. Plus piétonne, plus cyclable, plus respirable. C'est une orientation assumée, mais mal mise en œuvre. Dans les provinces brabançonnes, c'est le Ring qu'appréhendent les navetteurs, et la E411 toujours en prise aux aménagements de ponts et réfection de revêtements.
Reste à savoir si nos régions ont appris à conjuguer ambition et pragmatisme. Car elles ne peuvent se contenter d'empiler des projets sans penser à la fluidité quotidienne de ses habitants. Le message répété aux automobilistes est clair : adaptez-vous, laissez votre voiture, anticipez vos trajets. Mais encore faut-il que les alternatives soient réellement efficaces et attractives, sans quoi, la bonne intention se mue en agacement collectif. Notre tolérance est plus grande face aux désagréments lorsqu'on perçoit un cap, une avancée et une énergie visibles. Renforcer la sécurité, la qualité de vie, la durabilité. Très bien. Mais, dans l'immédiat, ce sont des familles pressées, des élèves en retard et des commerçants fragilisés qui subissent.
La transparence sur les délais, la lisibilité des alternatives et la coordination entre chantiers sont donc des conditions minimales à respecter. Et là, pardon, mais c'est le chaos qui perdure… La régionalisation de la mobilité n'est plus une excuse si elle se traduit en inefficacité. Les chantiers ne sont pas le problème ; c'est leur gestion ! En espérant plus de coordination entre acteurs de la mobilité, la patience et le sang-froid seront les premiers devoirs des automobilistes.