André Comte-Sponville : "Il s'agit d'espérer un peu moins, d'agir et aimer un peu plus"

- Publié le 26-12-2018 à 10h22
- Mis à jour le 06-03-2020 à 18h03

Liège, il est 18 heures. Les quais de Meuse, récemment rénovés, offrent aux marcheurs avec leur chien, aux joggeuses avec leur chienne, un cadre magnifique pour suer, respirer, humer l'air ou se perdre dans de lointaines pensées. Les villes traversées par un fleuve ont un supplément d'âme. À Liège, Simenon s'en est inspiré. D'imposantes péniches filent dans le noir. Me reviennent ces vers d'Emile Verhaeren, appris il y a si longtemps : " D'un coup de rein massif et lent, il manœuvre son gouvernail, oblique. Et son bateau somnambulique s'en va, le jour, la nuit, où son silence le conduit. "
André Comte-Sponville arrive, Borsalino brun vissé sur la tête. Un salon nous attend au calme dans cet hôtel flambant neuf. Je suis impressionné par cet homme, son savoir, ses connaissances. Par la capacité qu'il a à donner du sens aux mots, aux concepts. Dans sa mallette de cuir, un gros livre : le Dictionnaire amoureux de la philosophie, de son ami Luc Ferry. Comte-Sponville note quand même que son Dictionnaire philosophique contient plus de références…
L'entretien est à la fois subtil et profond. Le philosophe se révèle, sans fard. Au détour d'une phrase, il évoque, avec pudeur, cette enfance qu'il a détestée, ce père qu'il aimait haïr, cette mère qu'il adorait et qui, elle, n'aimait pas la vie au point de la quitter volontairement. Puis la conversation s'envole : le bonheur, le malheur, l'éternité. Je tente de le suivre, de l'orienter, impressionné que je suis à chaque phrase. Nous parlons de la foi qu'il a perdue "pour de mauvaises raisons", de Jésus dont il admire le message. Et enfin des pères, devenus des mamans pour leur fils.
L'entretien terminé - j'ai respecté les 45 minutes -, nous devisons encore sur l'actualité, la révolte des "gilets jaunes", la réponse politique. Il s'anime et lance : " Emmanuel Macron est le meilleur président depuis le général de Gaulle." Surpris, je rallume mon enregistreur. Il enchaîne : "Il a bien du mérite car les Français sont difficiles à gouverner. Son impopularité croissante ne me le rend que plus sympathique. J'ai pour cet homme infiniment d'estime et de sympathie." Qui l'eût cru de la part d'un homme qui monta sur les barricades en mai 1968 ?
Bio Express
1952 Naissance à Paris, le 12 mars.
1972 École normale supérieure (où il fut l'élève et l'ami de Louis Althusser). Agrégé de philosophie, docteur de 3e cycle. Maître de conférences à l'université de Paris 1 (Panthéon-Sorbonne). Il se consacre ensuite aux conférences et à l'écriture.
1996 Prix La Bruyère de l'Académie française pour son Petit traité des grandes vertus, traduit en 24 langues. Il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages traduits dans le monde entier.
Dans quelle famille avez-vous grandi ?
Je suis né en 1952 dans une famille de la petite bourgeoisie parisienne qui vivait dans une confortable aisance. Mon père était "marchand de couleurs", on dirait "droguiste" aujourd'hui. Il vendait des produits d'entretien, d'abord en tant que détaillant puis grossiste. Cela marchait plutôt bien, il avait entre dix et quinze salariés. Puis la naissance des grandes surfaces, qui se fournissent directement chez les producteurs, a voué son métier à la disparition. Il a dû fermer. Ma mère travaillait avec lui.
Vous avez été élevé dans un milieu chrétien…
Un milieu de christianisme sociologique : nous avons été baptisés, avons fait notre communion solennelle. Mes parents n'allaient pas à la messe. Mais pour moi, c'était très important. J'étais un enfant pieux et un adolescent fervent pendant plusieurs années, militant de la Jeunesse étudiante catholique dans mon lycée. Je suis tombé sur ce que l'Église catholique pouvait offrir de mieux. Jusqu'à 17 ans, les deux adultes un peu exceptionnels que j'ai fréquentés sont les deux aumôniers successifs. J'ai découvert la philosophie en terminale grâce à un professeur que j'admirais fortement : Pierre Hervé, ancien héros de la Résistance, ancien militant communiste, devenu "gaulliste de gauche" comme on disait à l'époque. Un professeur qui donnait un cours magistral : j'ai adoré cela. Moi qui étais un élève moyen, je me suis retrouvé étonnamment bon en philosophie. Cela m'a passionné. À 12-13 ans, je voulais être écrivain, romancier, puis et romancier et philosophe, à la manière de Jean-Paul Sartre. Avec le temps, je me suis rendu compte que les romans des autres m'intéressaient de moins en moins et la philosophie, de plus en plus. Je crois aussi que je n'avais pas le talent pour être romancier.
Vous n'étiez pas un enfant très heureux, vous avez appris "à vivre dans la souffrance". Pourquoi ?
J'étais un enfant grave. Mon père était dur, méchant, et ma mère dépressive. L'ambiance à la maison était atroce. Mon père n'était pas violent mais très méprisant, rejetant, dénigrant avec ses enfants. J'aimais passionnément ma mère. Toute mon enfance a baigné dans deux peurs. D'abord, la peur que ma mère se suicide : elle a fait trois tentatives qui ont échoué. Mais a fini par "réussir" lorsque j'avais plus de trente ans. Ensuite, la peur de mourir aussi, parce que je savais que ma mère ne s'en remettrait jamais. Pour moi, le malheur était à la maison et le bonheur au lycée. Un lycée mixte. En primaire, il n'y avait que des garçons. Ensuite, j'ai découvert la merveille de la féminité : un émerveillement dont je ne me suis jamais remis, en vérité.
Vous dites que l'enfance est à la fois un miracle et une catastrophe. Pourquoi ?
C'est un miracle de fraîcheur, de naïveté, comme le sont tous les commencements. C'est aussi une catastrophe parce qu'on ne s'en remet jamais. Sartre a écrit à la mort de Merleau-Ponty, philosophe français : "Il ne s'est jamais remis d'une enfance heureuse." Moi qui croyais ne jamais me remettre d'une enfance malheureuse, je me suis dit, en lisant ce texte : on ne se remet jamais de son enfance, qu'elle ait été heureuse ou malheureuse. Si elle a été malheureuse, on porte le poids d'une certaine tristesse. Si elle a été heureuse, on ne se console pas de l'avoir perdue. Le fait que Merleau-Ponty ne se soit jamais consolé d'une enfance heureuse m'a aidé à me consoler de la mienne : j'ai compris que nous sommes tous inconsolables. Je me sens heureux aujourd'hui mais je pense qu'il y a de l'inconsolable dans la condition humaine. On ne se remet jamais de son enfance.
Quelle définition donnez-vous du bonheur ?
La question est difficile. Kant dit : le bonheur est un idéal non de la raison, mais de l'imagination. Personne ne sait comment l'atteindre. Je crois qu'on peut quand même proposer une définition. Le bonheur n'est pas la satisfaction de tous nos désirs, la satiété. C'est impossible : nos désirs sont ouverts à l'infini et, par définition, ils ne sont jamais tous satisfaits. S'ils l'étaient, nous nous ennuierions considérablement. Le bonheur n'est pas non plus une joie immuable, constante : la joie est fulgurance, jaillissement. La félicité n'existe pas sauf au paradis pour ceux qui y croient, ce qui n'est pas mon cas. Le bonheur, c'est le contraire du malheur. Car le malheur, nous savons ce que c'est. Le bonheur est un idéal, le malheur une expérience. On peut s'appuyer sur l'expérience du malheur pour savoir, par différence, ce qu'est le bonheur. Mon expérience du malheur m'amène à dire que le malheur est toute durée où toute joie paraît immédiatement impossible. J'appelle donc bonheur toute durée où la joie paraît immédiatement possible. Notez que quand on demande aux Français s'ils sont heureux, 80 % répondent "oui" à cette question et cela, depuis des décennies.
Vous écrivez : "À 20 ans, j'avais le sentiment d'avoir connu le pire. Et je me trompais…"
J'ai déjà évoqué le malheur de mon enfance. Après, j'ai découvert et adoré la philo, j'ai fait "Normale Sup", tout me paraissait génial, beaucoup mieux que l'enfance. Bien sûr, je me trompais : j'ai perdu un enfant quelques années plus tard. Notre première fille, née en mai 1981, est morte en juin 81. Je n'ai jamais été malheureux à ce point. Ce fut une curieuse coïncidence : cette année-là, tous mes espoirs politiques étaient concentrés sur l'arrivée de la gauche au pouvoir et l'élection de François Mitterrand. Le grand malheur l'a emporté très largement sur le grand bonheur.
Est-ce pour cela que vous écrivez "Nous n'aurons de bonheur qu'à proportion du désespoir que nous serons capables de supporter" ? Il faut donc souffrir beaucoup pour goûter au bonheur ?
On n'espère que ce qu'on n'a pas. Tant qu'on espère être heureux, c'est qu'on ne l'est pas. À l'inverse, quand on est vraiment heureux, il n'y a plus rien à espérer. D'où cette formule d'inspiration indienne : "Seul le désespéré est heureux car l'espoir est la plus grande souffrance et le désespoir la plus grande béatitude". Ma thèse est que toute espérance est déçue, toujours. Soit parce qu'elle ne se réalise pas, c'est la frustration. Soit parce qu'elle se réalise et l'on découvre que la satisfaction de l'espoir échoue à nous apporter le bonheur qu'on en attendait. Ce que George Bernard Shaw a magnifiquement résumé : "Il y a deux catastrophes dans l'existence, la première, quand nos désirs ne sont pas satisfaits ; la deuxième, quand ils sont satisfaits."
Vous avez développé la notion du gai désespoir…
Après la publication de mon premier livre, Le Mythe d'Icare, j'ai reçu une lettre d'un psychanalyste qui me livrait cette constatation : l'espérance est la principale cause de suicide. On ne se tue que par déception. Ma mère s'est suicidée parce que la vie ne correspondait pas à ses espoirs. Quand la vie déçoit, beaucoup pensent que c'est la vie qui a tort. Mais elle fait ce qu'elle peut, la vie. Ce sont nos espoirs qui sont infondés. Donc, il s'agit d'espérer un peu moins, et d'agir - c'est-à-dire désirer ce qui dépend de nous - et surtout d'aimer un peu plus.

"Jamais les gens ne se sont autant intéressés à la philosophie, à la spiritualité, qu'aujourd'hui"
Après une enfance baignée dans le catholicisme, vous avez perdu la foi…
Pour de mauvaises raisons. Mai 68, je me suis réveillé d'extrême gauche, enthousiaste et naïf. La politique m'a paru tellement passionnante que tout le reste m'intéressait beaucoup moins. La passion politique a tout emporté. Dieu cessa d'abord de m'intéresser, puis j'ai cessé d'y croire. C'est une mauvaise raison parce qu'elle doit tout à l'influence de l'époque : il y avait beaucoup d'enthousiasme et de sincérité mais aussi de naïveté, de panurgisme et de sottise. Mon excuse, c'est que j'avais 16 ans. J'ai perdu la foi avec un sentiment de libération, de simplification, presque de pacification : enfin seul ! J'étais libéré de la présence, du regard, de l'amour de Dieu. Vivre en permanence sous le regard de Dieu, fût-il aimant, c'est vivre en permanence sous le regard d'une mère, qui plus est omniscient. La solitude m'a paru délicieuse.
Vous êtes resté "athée fidèle" ?
C'est comme cela que je me définis : athée, non dogmatique et fidèle. Athée, je ne crois en aucun dieu. Non dogmatique : mon athéisme n'est pas un savoir mais une conviction : personne ne sait si Dieu existe. Ou pas. Je suis aussi "fidèle": je reste attaché, par toutes les fibres de mon être, à un certain nombre de valeurs morales, culturelles, spirituelles qui sont nées dans les grandes religions, spécialement monothéistes pour ce qui est de nos civilisations, transmises pendant des siècles par la religion, spécialement l'Église catholique. Mais dont rien ne prouve qu'elles ont besoin d'un Dieu pour subsister. Ce n'est pas parce que je suis athée que je vais cracher sur 2000 ans de civilisation chrétienne. D'autant moins que j'ai vis-à-vis de l'Église catholique un sentiment de gratitude dans mon enfance difficile.
Vous soulignez le fait que le message de Jésus reste d'une très grande beauté…
Je ne pense pas qu'il ait ressuscité, mais le sillon de lumière qu'il a laissé au cours de ses 33 années d'existence fait partie du plus beau message de l'humanité. Intellectuellement, je me sens plus près du bouddhisme parce qu'il n'y a pas de Dieu. Mais je ne vais pas me raser le crâne, m'habiller d'une robe safran et fonder un ashram dans les Cévennes !
Le dimanche matin, les supermarchés se remplissent, les églises se vident. La décléricalisation de la société n'a-t-elle pas entraîné une perte de spiritualité ?
C'est vrai. Je ne pense pas que c'était mieux avant, comme Michel Serres ou Steven Pinker. "La part d'ange en nous" montre qu'à tous égards, ce n'était pas mieux. Avant, c'était bien pire. Notamment d'un point de vue spirituel. Jamais les gens ne se sont autant intéressés à la philosophie, à la spiritualité, qu'aujourd'hui. Regardez la mode de la méditation, du yoga. Les églises se vident mais la spiritualité occupe plus de place dans la tête des gens, y compris dans le grand public. Je pense, au contraire, que nous vivons un renouveau de la quête spirituelle, d'autant plus intéressant et étonnant qu'il s'opère dans le déclin des grandes religions, même si certains jeunes effectuent un retour vers la religion. Pour les jeunes, la question spirituelle est devenue très importante. Michel Serres disait ceci : "Avant, quand je voulais intéresser mes étudiants, je leur parlais de politique. Quand je voulais les faire rire, je leur parlais de religion. Maintenant, c'est l'inverse…" La religion et la spiritualité deviennent des questions très porteuses.
Quel sens donnez-vous à la vie ?
Je ne lui en donne pas. Il y a deux sens dans le mot "sens". C'est d'abord une direction : où va la vie ? À la mort. L'autre sens du mot "sens" est la signification : pourquoi voulez-vous que la vie veuille dire quelque chose ? L'important n'est pas de savoir si la vie a du sens mais si elle a de la valeur. On a demandé au poète Paul Valéry pourquoi il n'écrivait pas de roman. Réponse : "Parce que je m'interdis d'écrire une phrase comme : la marquise sortit à cinq heures…" Cette phrase est pleine de sens. Mais elle n'a aucune valeur. Prenez une jolie rose : elle n'a pas de sens, elle a de la valeur. Faisons de notre vie quelque chose qui soit aussi beau qu'une rose. Spinoza écrit "Ce n'est pas parce que la vie est bonne qu'il faut l'aimer, c'est dans la mesure où nous l'aimons qu'elle est bonne pour nous". Le secret de la sagesse, ce n'est pas le sens de la vie, c'est l'amour de la vie. La vie est une aventure qui vaut la peine si nous l'aimons. Le Royaume, c'est ici et maintenant. Nous pouvons faire ici et maintenant l'expérience de l'éternité.
Qu'est-ce que l'éternité ?
C'est un présent qui reste présent. Si l'éternité était un temps infini, Woody Allen aurait raison quand il dit : "L'éternité, c'est long, surtout vers la fin…" Si l'éternité était un temps infini, le paradis serait l'enfer : on y serait pendant des milliards et des milliards d'années et ce ne serait que le début. L'éternité, c'est le présent qui reste présent puisque, par définition, le présent reste présent. Donc, puisque l'éternité n'est pas un temps infini et puisque le présent ne disparaît pas, nous sommes donc déjà, ici et maintenant, dans l'éternité. La spiritualité culmine dans ces instants d'éternité. Habiter le pur présent, c'est le sens de la méditation.
"Nos jeunes garçons n'ont plus de père : ils ont deux mamans…"
Comment vous ressourcez-vous ?
J'ai un rythme de vie plutôt tranquille. Je passe beaucoup de temps à la campagne. Et même à Paris, avec ma compagne, notre rythme de vie est paisible. Je pratique un quart d'heure de méditation tous les matins. J'aime les promenades, le jardinage, la solitude à deux. Enfin seuls…
Qu'est-ce qui vous a construit ?
Les livres évidemment. Et j'ai aussi eu la chance d'avoir un père facile à haïr… Je pense que, pour un fils, c'est une grande chance. Aujourd'hui, nos jeunes garçons ont beaucoup de mal parce qu'ils ont des pères tellement sympas, tellement aimants, tellement "cool" qu'en vérité, ils n'ont plus de père : ils ont deux mamans. Papa est devenu aussi indulgent que maman. Permettez au fils aimant que j'ai été de dire qu'avoir deux mamans dans une vie d'homme, c'est une de trop. Je me suis bâti contre mon père. On ne se pose qu'en s'opposant. Pendant toute mon enfance, j'ai souhaité que mon père meure, c'est formidable pour se construire… Je n'ai pas fait à mes propres enfants ce cadeau-là ! Je suis un père trop aimant, je suis une maman et quasiment une mère juive ! La haine que j'avais pour mon père m'a fortement aidé à me construire.
Être père et mère, dites-vous, c'est savoir que son bonheur dépend de celui de ses enfants…
On veut trop être aimé de ses enfants. Nos jeunes hommes ont manqué de ce pôle d'opposition. Voyez : dans les nouvelles générations, les filles ont trois longueurs d'avance sur les garçons. Une jeune fille de 18 ans, c'est une jeune femme. Un garçon de 25 ans, c'est un gamin. Mon hypothèse est que les garçons n'ont plus de pères aussi consistants que ceux que nous avions pour s'opposer à nous. À l'inverse, les jeunes filles ont l'avantage d'avoir des mères qui constituent un pôle d'opposition plus fort qu'avant. Quand j'étais jeune, une fille de 16 ans avait une mère de 40 ans : elle ne travaillait pas, n'avait pas fait d'études et se considérait comme sortie du "marché du sexe et de la séduction". Aujourd'hui, la fille de 16 ans a une mère de 40 ans : cette mère travaille, gagne parfois plus que son mari et il n'est pas question qu'à 40 ans, elle se considère comme sortie du "marché du sexe et de la séduction". Pour la fille de 16 ans, la rivalité avec la mère est structurante. Il y a, bien sûr, des tas d'exceptions individuelles.
Quelle est la question qui occupe les philosophes ?
Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?
Pensez-vous à la mort ?
Tous les jours et plusieurs fois par jour. Et avec de moins en moins d'inquiétude. Parfois avec un peu d'impatience, quand je suis fatigué ou de mauvaise humeur. C'est rare, mais cela arrive.
Qu'y a-t-il après la mort ?
Rien, bien sûr ! J'aime cette jolie phrase de Voltaire à la marquise du Deffand : "On aime la vie mais le néant ne laisse pas d'avoir du bon." J'aime la vie. Je suis très content de vivre mais l'idée du néant me paraît plutôt rassurante et apaisante.