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Hadja Lahbib:"C'est un malheur qui m'a sauvée"

Fille de berger, atteinte d'une hépatite à l'âge de 12 ans, la vie de Hadja Lhabib, ministre inattendue des Affaires étrangères est tout sauf un long fleuve tranquille. La pauvreté dans laquelle sa famille a vécu n'empêche pas le bonheur, l'amour et l'aventure. Itinéraire d'une femme-toupie, que rien n'arrête.

Hadja Lahbib
Hadja Lahbib ©Jean-Christophe Guillaume

Se réinventer, toujours

D'un pas alerte, malgré ses talons, elle parcourt les sentiers du parc Josaphat, à Schaerbeek, où ses parents les emmenaient jouer, elle, ses frères et sœurs. Elle veut absolument nous montrer une statue qui l'inspirait, petite. Par ici, non par là. Montées, descentes, à gauche, à droite. Nous parcourons le parc, sans jamais la trouver. Mais sa détermination est surprenante. "Pas grave", répète Jean-Christophe, le photographe qui m'accompagne. "J'aimerais tant trouver cette statue". En vain. A-t-elle été déplacée pour une restauration ? Nous ferons les photos dans l'herbe, avec les arbres pour témoins. C'est un peu comme cela qu'elle traverse la vie. Avec une énergie folle, l'envie de découvrir le monde, de rencontrer des gens, de se réinventer à chaque sentier de la vie. Tant pis pour ceux qui ne la comprennent pas toujours. Elle semble suivre un chemin, escarpé, sinueux mais qui correspond à ce qu'elle veut. Née dans un milieu modeste, elle n'a jamais considéré que les frontières sociales étaient un obstacle. Au contraire. Sa vie est un 110 mètres haie, qu'elle franchit allègrement avec le sourire, mais sans se laisser marcher sur les mocassins. Franche, désarmante, il lui arrive d'agir et de réfléchir ensuite. Son entrée en politique a été fracassante. Mais elle assume ce choix. Tous les obstacles qui la freinaient étaient "féminins" lui a fait remarquer Sophie Wilmès, dont les conseils ont été déterminants. Fille de berger qui ne savait ni lire ni écrire, la voici depuis un an à la tête de la diplomatie belge. Elle apprend tous les jours qu'il ne suffit pas de vouloir pour agir. Après un printemps difficile, elle s'est remise en selle, avec la volonté de faire avancer les dossiers qui lui tiennent à cœur. Liberté, droits humains, Voici son parcours atypique guidé par la passion, la liberté, voire l'utopie. Sa devise ? "Si tes rêves ne te font pas peur, c'est qu'ils ne sont pas assez grands pour toi". (V.d.W)

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