Mais où est donc passée Julie Taton ?
La députée devait s'installer à Mons. Mais l'agent de quartier n'a pu constater qu'elle y habitait. Il s'agit pour elle uniquement de briguer un poste de conseiller communal qui lui permettra de prendre "le pouls du terrain"…
- Publié le 26-08-2024 à 15h53
- Mis à jour le 26-08-2024 à 16h13

Une opinion de Claude Bottamedi, sociologue, auteur, ancien chef de corps de zone de police
Pendant que certains s'amusent à former un gouvernement à Bruxelles et passent des nuits à discuter, comme s'il n'y avait rien de plus important à faire, un drame, que dis-je, une tragédie, se joue à Mons. Vous l'avez bien entendu : Julie Taton a disparu !
Oui, c'est bien elle, la fameuse Julie de la télé. L'ex-miss Belgique. La voix d'or de la radio. Enfin, la télé, la radio, c'est terminé maintenant. Elle aussi, elle est devenue députée. J'écris "elle aussi" car ils commencent à être nombreux à quitter le petit écran pour le grand parlement. À cause des partis politiques, présentateur sera bientôt un métier en voie de pénurie.
En fait, il paraît qu'elle ne voulait pas finir comme Michel Drucker mais, bien sûr, il ne faut pas croire tout ce que l'on dit.
Mons, un vrai paradis
Il paraît également qu'elle s'ennuyait dans le BW où tout est propre et aseptisé, ce qui l'a poussée à déménager à Mons. Là au moins, il y a de l'ambiance : un Doudou, des soirées d'enfer, une grand-place où l'on se retrouve,…, et, paraît-il, des "barakis de kermesse". Bref, un vrai paradis. Et comme elle ne savait pas où habiter, son pote Georges-Louis lui a prêté (ou loué) son appartement. Normal, entre amis. Alors, les mauvaises langues qui prétendent qu'il s'agit d'un transfert à des fins électorales doivent se taire. C'est totalement faux. Non, elle ne vient pas renforcer le MR local qui part à l'assaut de l'hôtel de ville. Non, elle ne sert pas d'attrape-voix.
La raison de son engagement est plus simple. Comme le rôle de député ne remplit apparemment pas un agenda et qu'elle ne voulait pas s'ennuyer, elle a accepté d'être sur les listes pour les prochaines élections communales. Mais il s'agit uniquement de briguer un poste de conseiller communal qui lui permettra de prendre "le pouls du terrain". Et c'est tout, qu'on se le dise.
On ne peut qu'être séduit par sa décision. Quelle volonté ! Quel engagement au bénéfice des citoyens ! D'autant que monsieur Taton et les deux petits Taton vont sans doute aussi emménager dans cet appartement en espérant qu'il ne soit pas trop étroit. Plus qu'un engagement ; c'est vraiment un don de soi. Quel altruisme pour une première aventure politique.
La Sûreté de l'État devrait investiguer
Tout s'explique. Ça roule pour elle. Et puis, un coup de tonnerre déchire le ciel montois. V'là-t'y pas que la police prétend qu'elle n'habite pas dans cet appartement et qu'il s'agit d'une adresse fictive ? Pas croyable. Et ils sont entêtés ceux-là. Trois fois qu'ils sont passés chez la Julie pour vérifier sa présence ou plutôt son absence. Bon, d'abord, on ne va pas chez les gens sans y être invité. C'est pas poli. Ensuite, Julie n'est pas assignée à résidence, comme le dit bien son pote Georges-Louis. Elle a le droit de se promener, d'aller voir si "L'amour est dans le pré", d'aller au "Morning café"…, de découvrir sa nouvelle ville, d'aller caresser le "singe", voire d'y faire des guindailles avec les nombreux étudiants "pennes" ou "calottes". Attention toutefois de ne pas s'endormir sur le pavé…
Et puis, les policiers, sont-ils passés la nuit pour vérifier si elle dormait dans son appartement ? Ont-ils utilisé des drones voire l'hélicoptère de la police fédérale pour surveiller l'appartement ? Eh bien, non ! Quelle carence. Quel dysfonctionnement. Et l'inspecteur de quartier, a-t-on la preuve qu'il a appuyé sur le bon bouton de sonnette ? Quant aux voisins qui ne l'ont guère vue, sont-ils fiables ? Certains d'entre eux ne sont-ils pas des espions à la solde de l'opposition ? Assurément, la Sûreté de l'État devrait investiguer. Et si elle ne consomme pas beaucoup d'électricité dans cet appartement, ce n'est pas nécessairement parce qu'elle n'y habite pas. C'est peut-être son côté écolo qui l'encourage à faire des économies d'énergie. Qui a pensé à cette possibilité ?
Julie en prison ?
Toutefois, l'affaire ne s'arrête pas là. La presse s'emballe et annonce la possibilité de peines sévères "Si vous êtes pris sur le fait de domicile fictif" selon RTL (sic), ou si vous commettez "une tentative avortée de fraude au domicile" (re sic), comme annoncé par la Liste du bourgmestre. Amende, six à trois ans de prison… Mais, pas de panique. Ces peines s'appliquent dans le cadre d'une fraude sociale découlant d'une domiciliation fictive et Julie ne figure pas parmi les allocataires sociaux. Ouf. Pas de prison. Quoique, si elle avait été incarcérée dans l'établissement pénitentiaire de Mons, il n'y aurait plus de doute sur sa présence dans cette ville. Toutefois, le logement aurait été plus étroit.
Bonne ambiance à Mons
On ne veut pas inscrire Julie ? Elle introduit un recours auprès du SPF Intérieur. On verra ce que l'on verra.
Cette histoire n'améliorera pas les relations entre George-Louis et Nicolas (le bourgmestre), qui ne partiront pas en vacances ensemble comme le confirme une source sûre. Elle donne lieu à un échange d'amabilités comme on en a l'habitude à Mons, à un nouvel épisode du feuilleton "les barbus s'empoignent".
Mais pendant ce temps, aucune enquête n'est menée pour retrouver Julie. Pas d'avis de recherche. Pas d'intervention de la Cellule disparition. A-t-elle été kidnappée ? S'est-elle perdue sur le chemin entre le BW et son appartement montois ? Mais où est-elle ? L'attente est lancinante.
En fait, où que tu sois, Julie, ne regrettes-tu pas déjà ton micro et ne crains-tu pas un Mons en pire ?

