La Russie va-t-elle restreindre ses exportations de gaz naturel liquéfié ? "Vladimir Poutine pourrait frapper dès novembre"
Thierry Bros estime que la Russie pourrait restreindre ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).
- Publié le 26-07-2023 à 09h00
- Mis à jour le 26-07-2023 à 10h52

Thierry Bros, professeur à Sciences Po Paris, est un expert des marchés du gaz et du pétrole. Selon lui, l'Europe reste vulnérable à une réduction des livraisons de gaz russe. "Actuellement, la Russie représente 15% de l'approvisionnement en gaz de l'Europe, déclare-t-il. Il serait très compliqué de remplacer de tels volumes si la Russie stoppait ses livraisons".
Selon cet expert, Vladimir Poutine pourrait tenter de faire mal aux portefeuilles des populations européennes avant les élections européennes de juin 2024. En effet, il pense qu'une flambée des prix du gaz pourrait favoriser l'élection d'eurodéputés populistes, moins durs vis-à-vis du pouvoir russe. "L'hiver dernier, Vladimir Poutine avait de bonnes cartes en mains, mais il n'a pas réussi en raison de l'hiver très doux, explique Thierry Bros. Il pourrait retenter sa chance lors du prochain hiver".
Selon le professeur, la Russie pourrait diminuer ses exportations de gaz naturel liquéfié (GNL), plutôt que les exportations par gazoducs. "Contrairement au gaz exporté par gazoducs, le GNL n'alimente pas le budget russe en taxes, explique Thierry Bros. Réduire les exportations russes de GNL ne ferait donc pas mal aux finances du pays. Et si les prix montent, grâce à la baisse des exportations de GNL, le gaz exporté par gazoducs serait davantage taxé et rapporterait davantage à l'État russe". Selon Thierry Bros, Vladimir Poutine "pourrait frapper dès novembre", en prétextant une panne au terminal de liquéfaction de Yamal.
