Deux semaines pour sauver Van Hool de la faillite. Une course contre-la-montre à trois mois des élections…
Mettre en place un plan de restructuration, trouver au moins 45 millions et un investisseur privé ne sera pas une sinécure. "Le gouvernement flamand ne va pas fabriquer des autobus", a prévenu Jo Brouns, ministre flamand de l'Emploi (CD&V).

- Publié le 12-03-2024 à 18h33
- Mis à jour le 13-03-2024 à 09h19

L'avenir du constructeur d'autocars Van Hool à Koningshooikt (Lierre), symbole du capitalisme flamand dans la région, paraît bien sombre. Mille cent emplois sont directement menacés. Il faut y ajouter 1 900 emplois indirects. Pour sauver l'entreprise familiale, il faut trouver au minimum 45 millions d'euros en l'espace de deux semaines. Sans compter les indemnités de licenciement et les cotisations sociales. Et encore… il se dit que ce montant ne suffit pas pour la remise à flot du fleuron flamand.
Pour la majorité flamande (N-VA, CD&V, Open-VLD), ce tsunami économique ne pouvait tomber plus mal. À moins de trois mois des élections, la chute de cette entreprise familiale, née en 1947, laisse pantois. Depuis un temps déjà le feu couvait sous la cendre. Pourquoi la direction n'a-t-elle pas agi plus tôt ? Le capitalisme flamand est-il impuissant face à la globalisation des marchés ? Les actionnaires familiaux sont pointés du doigt. "Ils auraient fait de mauvais choix par le passé, il y a manifestement eu des ratés", nous dit un interlocuteur.
"L'exécutif ne va pas fabriquer des autobus"
Selon Bram Bombeke, le porte-parole du ministre flamand de l'Emploi Jo Brouns (CD&V), l'exécutif a rencontré, lundi, des représentants de plusieurs banques afin d'examiner les différents scénarios pour remettre le constructeur d'autocars sur les rails. Mais il faut être lucide, prévient le ministre. "Le gouvernement flamand ne va pas fabriquer des autobus", a rappelé Jo Brouns pourtant très déterminé à examiner tous les scénarios pour tenter de sauver l'entreprise. L'important, précise son porte-parole, est de disposer d'un plan de restructuration qui tient la route et qui soit crédible. Et si on ne peut pas sauver Van Hool ? "Dans la région, il y a 650 emplois à pourvoir dans le secteur du transport", rappelle Bram Bombeke.
Selon le porte-parole, le gouvernement flamand souhaite trancher la question lors du Conseil des ministres du vendredi 22 mars. C'est une course contre la montre. "Mais ces experts ont l'habitude de mettre le turbo pour arriver à leurs fins", rassure le porte-parole.
Du pain bénit pour les extrêmes
Pour Jo Brouns, il est essentiel que Van Hool conserve un fort ancrage en Flandre. Le ministre estime que l'entreprise peut, une fois le plan de restructuration approuvé, continuer à fournir du travail à 1 400 personnes sur son site. Pour l'exécutif, un apport de sang neuf s'impose, la condition pour un sauvetage réussi. Marc Zwaaneveld, le CEO de crise de l'entreprise en difficulté, est à la recherche d'un partenaire privé. Le conseil d'administration de Gigarant, l'organisme flamand accordant des garanties à des entreprises, a nommé un expert, mardi, qui devra lui aussi se prononcer sur ce plan de restructuration.
Ce mercredi à 14h, un débat réunira les sept partis flamands pour évoquer la crise Van Hool. Cette nouvelle déconvenue est du pain bénit pour le Vlaams Belang. L'extrême droite estime que le gouvernement flamand a fait une grave erreur en investissant dans une entreprise privée. Il reproche à l'exécutif d'avoir commandé de nouveaux autobus en Chine au lieu de privilégier l'emploi local. Quant au PVDA, il estime que le gouvernement ne fait pas assez pour conserver l'industrie et son savoir-faire en Flandre. Même son de cloche chez Vooruit et Groen qui dénoncent l'absence de volonté politique du gouvernement pour garantir l'emploi en Flandre.