Pour huit Belges sur dix, les primes restent un moteur indispensable à la rénovation
Rénover son logement reste la priorité des Belges. Mais sous certaines conditions.
- Publié le 17-12-2025 à 12h04

En prévision de la tenue du salon Batibouw, Fisa, son organisateur, a décidé de se pencher sur les envies des ménages qui sont potentiellement ses principaux visiteurs. Il en a fait la commande auprès d'iVox qui a mené fin novembre une telle enquête auprès d'un millier de Belges. Au menu de ce nouveau baromètre: ce qui motive réellement les Belges à investir dans leur logement aujourd'hui, à savoir leurs comportements, leurs projets mais aussi leurs frustrations en la matière. Et un constat s'impose : la rénovation reste la priorité.
L'enquête Fisa-iVox démontre avant tout une volonté massive d'agir. Six Belges sur dix prévoient de rénover en 2026, avec un engouement particulièrement marqué chez les moins de 35 ans. Une donnée paradoxale quand on sait que près de la moitié d'entre eux n'ont encore jamais pu acheter un logement et qu'une majorité de non-propriétaires doutent un jour d'y parvenir. Cette frustration nourrit sans doute la détermination à améliorer ce qu'ils occupent déjà, même à petite échelle.

Inspiration et priorités
Les priorités restent concentrées sur des espaces stratégiques : la salle de bains en tête suivie de la cuisine. Des pièces coûteuses à remettre à niveau mais perçues comme essentielles pour le confort, l'efficacité énergétique et la valorisation d'un bien. L'inspiration, elle, vient d'abord de l'entourage; Batibouw, déjà visité par plus de la moitié des Belges, apparaît davantage comme un lieu de confirmation et de repérage que comme un déclencheur de projets.
La rénovation par phases domine chez les francophones, pour étaler les coûts, tandis que les néerlandophones se tournent davantage vers des rénovations globales.
Côté travaux, la manière de les aborder varie selon… les Régions. La rénovation par phases domine chez les francophones, pour étaler les coûts, tandis que les néerlandophones se tournent davantage vers des rénovations globales. Mais une constante traverse le pays : les primes conditionnent fortement le passage à l'acte. Huit répondants sur dix jugent qu'une suppression des aides freinerait immédiatement leur motivation. Les exigences énergétiques futures influencent déjà un tiers des projets, tout en provoquant des reports chez ceux qui peinent à s'y retrouver dans les dispositifs.
À plus long terme, l'étude montre un tournant culturel. Un tiers des Belges envisage un logement plus petit dans l'avenir, avec un intérêt croissant pour les constructions modulaires et les smart homes, surtout chez les jeunes et les diplômés. Les solutions partagées restent marginales mais gagnent lentement du terrain. Un point fait consensus : l'efficacité énergétique est devenue un critère structurant; 93 % des Belges en soulignent l'importance et plus de la moitié se disent prêts à payer davantage pour un habitat performant. Reste un frein persistant : la difficulté à obtenir une information claire sur les primes, pourtant centrales dans la dynamique de rénovation.
Cette photographie complète du marché sera au cœur de Batibouw 2026 organisé du 7 au 15 février à Brussels Expo, qui consacrera sa 67e édition aux défis de l'habitat de demain.