Comment Argen-x a perturbé le lent rattrapage du Bel 20
Le titre de la biotech belge a lourdement corrigé suite à l'arrêt d'un développement spécifique.
- Publié le 22-12-2023 à 16h09
- Mis à jour le 22-12-2023 à 17h53

Sur la semaine écoulée, alors que les marchés commençaient à ralentir dans le cadre classique de la "Trêve des confiseurs", la Bourse de Bruxelles a été surprise par la chute du principal poids lourd de l'indice Bel 20, la biotech belge Argen-x qui a subi une correction de 25 % sur la semaine écoulée. À l'origine de ce coup de froid, la cessation d'un développement d'une des molécules de l'entreprise destinée au traitement d'une maladie spécifique. Cela n'hypothèque pas la commercialisation de cette molécule dans le cas d'autres traitements, mais les analystes ont dû pour la deuxième fois en quelques semaines, revoir à la baisse le potentiel de ventes, et partant, leurs cibles de cours. La chute de cette semaine a effacé quelque 7 milliards d'euros de capitalisation boursière. Et elle est responsable pour l'essentiel de la baisse de 2 % de l'indice Bel 20 dans lequel Argen-x pèse autour de 16 %. En fin de semaine, l'action Argen-x devait toutefois se redresser et réduire sa perte qui, sur l'année écoulée, n'est finalement que de 8 %.
Optimisme débridé
Cette chute spectaculaire est le résultat d'anticipations trop optimistes pour une valeur évoluant dans un secteur où les échecs ponctuels et les pertes financières sont la norme. Mais le marché boursier fonctionne de cette manière, évoluant généralement avec un temps d'avance sur la réalité économique. Il est en ainsi pour la Cote dans son ensemble, qui a commencé à réadapter des valorisations en fonction d'une baisse des taux d'intérêt à long terme, elle-même liée à la baisse des taux directeurs des banques centrales… qui ne devrait avoir lieu qu'à la fin du printemps. Et encore faudrait-il que le combat contre l'inflation soit alors gagné.
L'inflation recule encore
Pour le moment, tout indique pourtant que ce pourrait être le cas. Pour ce qui concerne la zone euro, les prix à la consommation ont reculé de 0,6 % en novembre. En rythme annuel, elle est passée de 2,9 % en octobre à 2,4 % en novembre, et le recul est continu depuis le mois d'avril. L'inflation sous-jacente, hors produits alimentaires et énergie, reste plus préoccupante, à 3,6 % en novembre contre 4,2 % en octobre et 4,5 % en septembre. Le tout est à considérer dans la perspective de la cible de 2 % d'inflation visée par la Banque centrale européenne (BCE). Retenons qu'au niveau mondial, l'évolution des prix reste sous pression en partie en raison du redémarrage très laborieux de l'économie chinoise, freinée par un secteur immobilier sous perfusion, et par les interventions du Parti dans la vie des entreprises. Les places boursières chinoises vont d'ailleurs terminer leur deuxième année de baisse consécutive, Hong Kong cédant actuellement 18 % et Shanghai, 11 %.

Grandes manœuvres en cours
À la Bourse de Bruxelles où le calme s'est installé pour les dernières séances de l'année, à l'exception du coup de froid sur Argen-x, VGP a réussi à sortir du lot sur de bonnes nouvelles stratégiques. Freiné par le retrait de son partenaire financier Allianz, le promoteur spécialisé dans les entrepôts commerciaux, a lancé une entreprise conjointe avec le suédois Areim pour une valeur de 1,5 milliard d'euros. Dans le même temps, le groupe belge a annoncé bénéficier d'un prêt sur 10 ans de 150 millions d'euros de la Banque européenne d'investissement (BEI) dans le cadre du développement d'entrepôts "verts", notamment grâce à l'installation de panneaux solaires sur leurs toits. Début 2022, VGP avait atteint un sommet à 252 euros. L'action se traitait vendredi autour de 105 euros après un plancher à 73 euros.