Bruxelles risque de perdre ses lignes de crédit de 500 millions € dès 2026:"Je ne veux pas pratiquer la politique de l'autruche" affirme Dirk De Smedt
Face à l'expiration des contrats de crédit, le gouvernement bruxellois tente de rassurer banques et marchés financiers.

- Publié le 28-11-2025 à 15h26
- Mis à jour le 28-11-2025 à 15h30

Dans l'état actuel des choses, la Région bruxelloise perdra le 1er janvier 2026 l'accès aux lignes de crédit de 500 millions d'euros, chacune, auprès de Belfius et d'ING par échéance de contrats, a déclaré vendredi le ministre bruxellois des Finances Dirk De Smedt (Open VLD).
Celui-ci était interrogé par pas moins de dix députés à l'heure des questions au sujet du contexte d'une information ayant fait état, mercredi, d'une non prolongation du contrat d'ING au-delà du 31 décembre, par la suite démentie par la Banque.
Certains ont laissé entendre que le ministre lui-même avait été à la manoeuvre pour des raisons politiques dans la communication initiale, ce que celui-ci a démenti.
"Je ne veux pas pratiquer la politique de l'autruche à ce sujet", a répliqué vendredi Dirk De Smedt, sans réussir à rassurer totalement les interpellants.
M. De Smedt avait confirmé mercredi, à l'agence Belga qu'ING mettrait fin à sa ligne de crédit, avant que la banque fasse savoir qu'aucune décision n'avait encore été prise.
Vendredi, le ministre a néanmoins indiqué le contrat en cours expirait au 31 décembre 2025 et qu'il n'était pas nécessaire de prendre une décision formelle pour mettre fin à la ligne de crédit de trésorerie.
Le ministre Open VLD a également souligné que le gouvernement en affaires courantes oeuvrait à des solutions et à rassurer les banques. Il veille ainsi à optimaliser l'exécution du budget 2025 mais aussi 2026 dans le contexte des douzièmes provisoires. L'ensemble des membres de l'équipe Vervoort partagent l'objectif de limitation du déficit à 1,242 milliards. Les douzièmes provisoires pour les trois premiers mois seront limités aux trois douzièmes stricts.
"La confiance (ndlr des banques) repose sur la transparence, sur une rigueur de gestion, et une maîtrise des outils. C'est à travers cela que nos partenaires financiers mesurent le risque de leur investissement. Et le risque se traduit dans le prix de leur investissement". a expliqué M. De Smedt, qui souhaite ainsi tenter de rétablir la confiance des marchés financiers.
Tous les intervenants ne se sont pas montrés rassurés y compris du côté des composantes écologistes et DéFI du gouvernement en affaires courantes.
Stijn Becx (Groen) a ainsi déploré la communication selon lui précipitée du ministre concernant ING qui a donné lieu à un démenti de la banque.
Hicham Tahli (Ecolo) a reproché au ministre d'alimenter lui-même, en pompier-pyromane, le stress autour de cette question délicate, pour des raisons politiques.
De son côté, Benjamin Dalle (CD&V) a jugé l'attitude du ministre d'"imprudente, irréfléchie et irresponsable".
De leur côté, Aline Godfrin (MR) et Gilles Verstraeten (N-VA) ont reproché aux autres partenaires du gouvernement en affaires courantes de jouer avec le feu depuis des mois sur le plan budgétaire et politique.