PFAS: "La santé des consommateurs n'attend pas"
Agustín Reyna dirige le Beuc, le Bureau européen des unions de consommateurs qui est basé à Bruxelles. Il passe pour La Libre en revue les dossiers chauds du moment pour les consommateurs.

- Publié le 16-03-2026 à 08h09
- Mis à jour le 16-03-2026 à 10h46

Le Beuc – le Bureau européen des unions de consommateurs, dont les bureaux sont basés à Bruxelles entre le Parlement européen et la Commission – a vu jour le jour en 1962. Créé au départ de six associations nationales de consommateurs, il compte aujourd'hui 42 membres dans 31 pays en Europe. Testachats n'y figure cependant pas. La mission du Beuc : défendre les intérêts des consommateurs, notamment auprès des instances européennes, dans toute une série de domaines : les télécoms, les services financiers, le transport aérien, l'énergie, la mobilité…
"Le Beuc a grandi avec l'Union européenne. Aujourd'hui, au niveau européen, tous les dossiers ont un impact direct sur les consommateurs", nous explique Agustín Reyna, qui se trouve à la tête du Beuc, qui emploie au total une soixantaine de personnes. "Nous sommes financés pour un tiers par nos membres, pour un tiers par des subsides de l'Union européenne et pour le dernier tiers par des fondations. Nous ne sommes pas dépendants de financements venant d'entreprises ou de partis politiques. Notre indépendance est très importante", précise-t-il encore.
De nationale belge, Agustín Reyna est né en Argentine, où il a fait une partie de ses études avant de rejoindre Namur pour suivre un Master en droit des technologies et de l'information. Une formation qui lui permettra de décrocher un stage au Beuc en 2010. La défense des consommateurs chevillée au corps, il y restera ensuite, exerçant différentes fonctions et abordant de nombreux dossiers brûlants comme ceux relatifs aux pratiques anti-concurrentielles des géants américains de la tech. Il y a un an et demi, il prend la direction générale du Beuc. Ce grand fan de "mountain bike", sport qu'il a forcément découvert en Belgique, Agustín Reyna apprécie aussi voyager, retournant tous les deux ans en Argentine, où réside une partie de sa famille. Entretien.
La crise actuelle, avec la guerre en Iran, annonce-t-elle des moments difficiles pour les consommateurs avec une relance possible de l'inflation ? Doivent-ils s'habituer à vivre avec des chocs successifs ?
C'est vrai que nous vivons dans des circonstances assez exceptionnelles. Cela fait quelques années que des chocs successifs ont un impact sur le portefeuille des consommateurs. La crise en Iran démontre les faiblesses de l'Europe au niveau de la dépendance au gaz et au pétrole. Mais il n'est pas évident de savoir si cette crise aura pour le consommateur un impact aussi important que la guerre en Ukraine ou le Covid. Cela dépendra de la durée du conflit et de son impact sur le prix des combustibles. Nous vivons dans un monde où l'instabilité est devenue la norme.
En Europe, le consommateur est-il mieux protégé en 2026 qu'il l'était il y a dix ans. Et l'est-il davantage par exemple que le consommateur américain ?
Les consommateurs européens sont les consommateurs les mieux protégés au monde. C'est le cas au niveau de la garantie des produits, des droits des passagers ou dans de très nombreux autres domaines comme l'énergie par exemple. Les droits, tels que définis par le législateur européen, offrent un niveau de protection élevé. Maintenant, la question est de savoir si on va pouvoir maintenir ce niveau de protection à l'avenir dans un contexte où l'attention est portée aux enjeux de compétitivité et au fait de vouloir supprimer des barrières à la croissance des entreprises.
"L'industrie dit qu'elle a besoin de plus de temps pour s'adapter. Mais la santé des consommateurs n'attend pas. Ce sont des priorités à régler"
Êtes-vous inquiet par rapport à un recul possible des droits des consommateurs ?
Ces droits sont déjà parfois remis en question. La compétitivité de l'Europe, c'est un enjeu très important pour les consommateurs : elle contribue à la compétitivité de l'économie et au bon fonctionnement des marchés. Mais une chose doit être très claire : les droits de protection des consommateurs ne doivent pas être considérés comme une barrière. Au contraire, cela peut être un avantage économique pour les entreprises européennes. Il y a, par exemple, des magasins aux États-Unis qui offrent des produits européens et les présentent comme des produits de haute qualité. Les produits européens ont là-bas une perception de qualité supérieure et c'est le résultat des règles européennes strictes qui sont appliquées : c'est le cas par exemple dans les cosmétiques, les poudres pour le lait des enfants, etc. Pour tous ces types de produits, grâce à des standards de qualité élevés en Europe, nos entreprises peuvent faire la différence. C'est un message à faire passer aux entreprises, aux citoyens et aux législateurs : les droits des consommateurs ne sont pas un obstacle à la croissance de l'Europe. Au contraire, cela peut être un élément très important pour développer une industrie plus forte.
Quelle est la principale menace aujourd'hui sur les niveaux de protection des consommateurs ? Est-ce le retour en arrière sur les normes environnementales ?
Tout est lié. Regardez la réforme de la législation qui s'applique aux produits chimiques et aux cosmétiques et qui porte sur l'utilisation des PFAS. Les entreprises ne vont pas investir dans des alternatives tant qu'elles pourront encore utiliser des PFAS (NdlR : surnommés les polluants éternels). Mais on sait que ces substances sont dangereuses pour l'environnement et la santé des consommateurs. Il y a donc une tension entre la protection des consommateurs et de l'environnement d'un côté et la compétitivité des industries de l'autre. L'industrie dit qu'elle a besoin de plus de temps pour s'adapter. Mais la santé des consommateurs n'attend pas. Ce sont des priorités à régler.
Le Digital Services Act a été mis en place pour contrôler les GAFAM, les géants technologiques américains notamment. Est-il à la hauteur des enjeux, notamment en ce qui concerne la protection des données ?
Le Digital Services Act ne concerne pas la question de protection des données : il touche surtout aux obligations que les intermédiaires ont par rapport à la protection des consommateurs, notamment dans le commerce en ligne. La protection des données, c'est plutôt dans le domaine du RGPD (NdlR: Réglement général pour les protections des données). Et là, il y a une proposition de la Commission européenne pour changer certains éléments du RGPD qui risque d'affaiblir la protection des données personnelles des consommateurs. Car cette proposition de loi pourrait changer la définition des données personnelles mais aussi permettre aux entreprises d'entraîner leurs intelligences artificielles avec les données personnelles collectées auprès des consommateurs et ce sans leur demander leur consentement. La Commission fait face à une pression intense des entreprises. Personnellement, en tant que consommateur, je n'ai pas envie qu'une IA s'entraîne avec mes données personnelles… C'est la démonstration que ce narratif de compétitivité a un impact direct sur les droits des consommateurs.
Parlons de l'IA Act, une autre réglementation européenne importante. S'agit-il d'une réglementation assez stricte pour encadrer les chatbots (NdlR : robots conversationnels), dont certains ont poussé des jeunes au suicide…
L'IA Act s'applique à certains éléments relatifs aux chatbots, comme le ChatGPT ou d'autres acteurs. Ceux-ci doivent se conformer aux règles de transparence et relatives au droit d'auteur. Il y a aussi des exigences sur des documentations techniques à fournir, comme la publication d'un résumé des données liée à l'entraînement de l'IA. Certains éléments sont importants pour la protection des consommateurs mais l'" Omnibus digital" va retarder les règles sur l'application de l'IA. De notre point de vue, cela ne bénéficiera pas aux entreprises européennes mais bien aux géants numériques américains qui sont déjà en train de développer les différents modèles d'IA avec les données personnelles des Européens.
Un mot sur le secteur aérien, il y a un bras de fer entre le Conseil européen, qui défend les compagnies, et le Parlement, qui défend les consommateurs, sur la question des droits des passagers. Ces droits seront-ils remis en question et notamment les indemnisations en cas de retard ou d'annulation d'un vol ?
Oui, ils le sont déjà. Ça fait presque dix ans que l'on discute en Europe des droits des passagers et on est dans la dernière phase du processus de codécision. On voit clairement les positions des États membres et celle du Parlement européen. Du côté du Beuc, nous sommes clairement en faveur de celle du Parlement européen qui est beaucoup plus favorable aux consommateurs. Les États membres proposent d'augmenter les plafonds horaires pour ouvrir la voie à une indemnisation des passagers. Aujourd'hui, c'est trois heures. Le Parlement européen voudrait maintenir trois heures de retard mais les États membres veulent passer pour certains à 4, pour d'autres à 6 heures, ce qui aurait un impact direct sur les passagers en cas de problème. Et 60 % des passagers qui aujourd'hui sont éligibles en Europe pourraient perdre ce droit à une indemnisation.
C'est inquiétant…
Quand on fait la comparaison avec les retards dans l'aviation entre les États-Unis et l'Europe, on constate que les avions sont beaucoup plus ponctuels en Europe. Cela démontre bien qu'un système de protection des passagers fort a un impact positif sur la qualité des prestations des compagnies. Et que l'affaiblir aura un impact négatif sur la qualité du service.
Dans la finance, que pensez-vous du projet d'euro numérique de la Banque centrale européenne. Sera-t-il dans l'intérêt des consommateurs ?
Absolument. C'est un enjeu très important, spécialement aujourd'hui dans la situation géopolitique que nous vivons. L'idée à la base de l'euro numérique, c'est de donner une alternative aux consommateurs en tant que moyen de paiement. On pourrait penser que le consommateur a déjà beaucoup de façons de payer : il peut le faire en cash, avec sa carte bancaire ou son smart-phone. Mais notre dépendance aux géants américains Visa et Mastercard est encore énorme. Dans un monde aussi instable, s'il y a bien un secteur qu'on doit protéger, c'est celui des moyens de paiement. Car si on ne peut pas faire de paiements, on peut fermer la boutique, on peut fermer l'économie…. L'euro numérique peut donc contribuer à rendre l'Europe plus solide et indépendante au niveau des systèmes de paiement, en offrant une option supplémentaire aux consommateurs. Quand on paie en cash, on ne passe pas Mastercard ou Visa. Avec l'euro numérique, ce sera pareil mais de façon digitale. Nous avons demandé aux consommateurs la chose suivante : "Si vous aviez la possibilité d'avoir une autre option de paiement, quelles en seraient les caractéristiques importantes ?". La confidentialité a d'abord été mise en avant. Ce sera possible avec l'euro numérique avec la possibilité de payer "offline", c'est-à-dire sans être connecté à Internet. Ce sont des innovations qui peuvent être très intéressantes pour les consommateurs.
Et les cryptomonnaies, quelle est votre perception sur l'intérêt qu'elles représentent pour les consommateurs ?
Nous ne sommes pas très fans des cryptomonnaies. Les consommateurs ne connaissent pas bien comment les utiliser ou les acheter. Plutôt que de parler de cryptomonnaies, il faudrait d'ailleurs parler de cryptoactifs : ce sont des produits financiers très spéculatifs derrière lesquels il n'y a pas d'actifs tangibles. Quand on achète des actions, il y a derrière ce titre une entreprise, des usines, une réalité économique… Un crypto-actif, c'est totalement virtuel et seulement basé sur la confiance que l'on peut avoir dans un système qui est très fragile. En tant qu'investisseur particulier, je n'irais jamais mettre mon argent dans une cryptomonnaie. Les risques sont tellement élevés qu'à un moment à l'autre, tout peut s'écrouler et vous pouvez perdre tout votre argent. C'est pour cela que l'Union européenne a adopté une législation qui s'appelle le MiCA (Market in Crypto Asset Regulation) avec l'idée de mettre un cadre pour protéger les consommateurs mais aussi pour éviter le blanchiment d'argent. Ces cryptomonnaies sont une opportunité énorme pour les trafiquants, les terroristes et le financement d'activités illégales. Il faut faire vraiment attention car ce sont des produits très volatils et certainement ne pas y placer toute son épargne, même si des règles existent en Europe.
"Je crois que l'Europe prend beaucoup de temps… Mais je pense qu'une fois qu'elle aura les outils, l'Europe s'activera"
Quid des réglementations européennes contre l'obsolescence programmée ? Sont-elles efficaces ?
Oui certaines règles s'appliquent déjà, notamment au niveau de l'éco-conception des produits durables. On appelle cela l'éco-design. Cela permet d'améliorer la conception des produits et faire en sorte que les designs écologiques par défaut deviennent la règle. Cela touche à des enjeux comme la réparabilité des produits, leur conception ou leur consommation électrique. Une règle va entrer en application le 31 juillet de cette année, c'est le droit à la réparation. Cela permettra aux consommateurs de faire réparer leurs produits plus facilement qu'actuellement et à un coût plus raisonnable, notamment au travers de centres où des entreprises feront les réparations avec un meilleur accès aux pièces détachées ou aux logiciels nécessaires. Cette loi va obliger les fabricants à fournir des services de réparation, des pièces détachées, des outils et des informations de réparation à un coût raisonnable. On espère que cette intervention législative facilitera la vie des consommateurs et ne les poussera plus systématiquement à remplacer les produits défectueux. Car jusqu'ici, réparer coûte souvent plus cher que de racheter du neuf.
Cette réglementation est-elle assez ambitieuse ?
En réalité, il n'y a pas une interdiction de l'obsolescence programmée. Car l'obsolescence programmée sous-entend dans le chef du fabricant qu'il a l'intention de s'inscrire dans une volonté de rendre obsolète ses produits et les rendre moins durables dans le temps. Et cela, c'est très difficile à prouver. La priorité de cette réglementation est de rendre les produits plus réparables.
Que pensez-vous de la taxe sur les petits colis venant de Chine. Pour les petits commerçants, cela risque de ne pas changer grand-chose… On le sait, certains de ses produits ne répondent pas à nos normes de sécurité et de santé publique…
Oui, absolument. L'Europe a déjà fait un certain nombre de choses. Elle a lancé des investigations contre des géants chinois comme Temu ou Shein. Mais cela n'a pas eu l'impact attendu pour réduire les volumes de colis chinois qui entrent en Europe avec son lot de produits de qualité médiocre. Il y a, en effet, des produits chimiques illégaux en Europe qui ne répondent pas à nos standards de sécurité et constituent un vrai danger pour les consommateurs. Au Beuc, nous avons fait pas mal de tests au travers de "mystery shopping" et nous constatons que la situation ne s'améliore pas, que du contraire. Cette taxe sur les petits colis ne va pas changer les choses. Les plateformes chinoises vont soit absorber ces taxes, soit les répercuter sur le consommateur. Une paire de chaussures qui passera de 10 à 12 euros ne dissuadera pas le consommateur.
Que faut-il faire ?
Il faut éviter que les produits qui ne sont pas conformes sortent de la Chine et entrent en Europe. On ne peut pas demander aux douanes de faire des tests de laboratoire sur chaque produit pour voir s'il est conforme ou pas. Face à des géants comme Temu et Shein, l'Europe doit avoir la volonté politique de faire bouger les choses. On aura cette année ou l'année prochaine l'arrivée du "Market Surveillance Act", soit des autorités de surveillance des marchés. Ces autorités ont le pouvoir de demander que certains produits soient retirés du marché. Mais cela s'applique aux vendeurs, aux fabricants, mais pas aux plateformes comme Temu ou Shein. On doit considérer les plateformes comme Temu ou Shein comme des importateurs ou des opérateurs économiques. À partir du moment où ces plateformes seront considérées comme de véritables opérateurs économiques, elles seront réellement responsables de la sécurité et de la conformité des produits. Aujourd'hui, tous les produits vendus par des entreprises chinoises n'engagent pas la responsabilité de Temu ou Shein car ils sont considérés comme de simples intermédiaires. Ce n'est pas normal.
L'Europe est donc trop complaisante avec la Chine ?
Je crois que l'Europe prend beaucoup de temps… Mais je pense qu'une fois qu'elle aura les outils, l'Europe s'activera. Cela a été le cas avec les Gafam avec le Digital Services Act par exemple. Mais le problème avec Temu et Shein, c'est que nous n'avons pas encore ces outils législatifs. On aura la possibilité dans les prochains mois de discuter avec la Commission européenne, les États membres et le Parlement européen.
La décision de la Commission européenne de reporter au-delà de 2035 la fin des moteurs thermiques, est-ce une bonne ou une mauvaise nouvelle pour les consommateurs ?
Nous voyons que les consommateurs sont de plus en plus à l'aise avec les voitures électriques. C'est vrai qu'au début, elles étaient très chères. C'était impossible pour le consommateur moyen d'acheter de tels véhicules. Mais aujourd'hui, un tiers des ventes des voitures en Europe sont électriques. Donc là, il y a donc un marché qui s'ouvre. Mais qu'est-ce qu'il faut faire ? On doit faire des voitures électriques moins chères et plus efficaces pour les consommateurs, au niveau des points de recharge, de l'autonomie, du coût des réparations… Il y a eu une pression énorme sur la Commission provenant de l'industrie automobile afin qu'elle décide d'affaiblir les règles. Du point de vue du consommateur, c'est dommage car les alternatives à l'électrique comme les biofuels sont très chers et ne constituent pas une option intéressante. Notre dépendance au pétrole reste un problème : on l'a vu sur la question du climat mais aussi sur celle de la stabilité géopolitique de l'Europe. L'électrification de notre économie, c'est dans l'intérêt géopolitique de l'Europe. Et la mobilité joue un rôle très important dans ce processus. Nous avions dit à la Commission : vous pouvez affaiblir les objectifs de sortie des moteurs thermiques mais il faut aussi donner des incentives aux consommateurs pour acheter des voitures électriques, notamment pour flottes de voitures de société. Car les voitures de société, dans quelques années, finiront sur des marchés de deuxième main. Ces incitants permettront à l'avenir d'avoir davantage de voitures électriques accessibles au consommateur moyen.
Une dernière question sur le secteur des télécoms. La concentration en cours dans le secteur se fera-t-elle au détriment des consommateurs ?
Les marchés des télécoms en Europe sont très compétitifs en comparaison, par exemple, des États-Unis. Un consommateur en Europe a des possibilités d'avoir accès en Internet à un prix raisonnable. La France est par exemple un marché très compétitif. Mais il y a actuellement un narratif fort autour de la compétitivité des industries. Les grands opérateurs télécoms ont demandé à la Commission européenne de faciliter la concentration des marchés afin de réduire le nombre d'acteurs en concurrence. Cela pourrait avoir un impact très négatif pour les consommateurs, avec une hausse des tarifs à la clé et moins d'incitants à l'amélioration des services.
Pourquoi ?
Il y a un débat très important sur l'application des règles sur les fusions et acquisitions. La Commission européenne, qui est en charge d'analyser toutes les propositions d'acquisition entre entreprises, est sous pression des opérateurs pour permettre une telle consolidation. Au nom des consommateurs, on demande à la Commission de maintenir leur approche avec fermeté pour éviter que les consommateurs aient demain moins de choix.