La guerre en Iran fait chuter l'homme le plus riche d'Asie, détrôné par son rival de toujours
Touché par la flambée des prix de l'énergie, le magnat indian Ambani a perdu sa place de première fortune d'Asie, au profit de son rival Gautam Adani.

- Publié le 17-04-2026 à 15h00
- Mis à jour le 17-04-2026 à 19h07

Le roi d'Asie vient de perdre sa couronne. En partie à cause de la guerre au Moyen-Orient. Mukesh Ambani, longtemps considéré comme l'homme le plus riche du continent, vient en effet de perdre sa première place au profit de son compatriote, l'homme d'affaires indien Gautam Adani, rapporte le Financial Times.
Une des raisons : l'explosion du prix du pétrole depuis le début de la guerre, le 28 février. En effet, le groupe Adani, très présent dans les secteurs liés au transport, à la logistique et à l'énergie, a réussi à tirer son épingle du jeu. À l'inverse, le groupe d'Ambani, Reliance Industries, très actif dans la pétrochimie, subit de plein fouet l'augmentation des coûts énergétiques.
À noter que l'Inde est particulièrement vulnérable face à la crise pétrolière que nous connaissons. En effet, selon le New York Times, le Moyen-Orient représente environ 40 % de ses importations de pétrole et plus de 80 % de ses importations de gaz. "La flambée des prix de l'énergie a des répercussions sur l'ensemble de l'économie indienne", souligne le journal.
Ambani a perdu 16,9 milliards de dollars
Selon l'index de Bloomberg, qui suit en temps réel l'évolution des fortunes des milliardaires, Ambani a ainsi perdu 16,9 milliards de dollars depuis le début de l'année. Une chute particulièrement brutale pour l'homme, considéré comme assez proche du président américain, Donald Trump.
Le groupe Reliance Industries, très dépendant du pétrole donc, a vu son action quelque peu perturbée depuis le début de la guerre. À cela s'ajoute, la décision du gouvernement indien de relever les droits d'exportation sur le diesel et le kérosène, afin de décourager les raffineurs d'exporter leurs carburants pour garantir un approvisionnement suffisant pour le marché intérieur.

Une mesure qui ne joue pas en faveur de Reliance Industries, qui exploite la plus grande raffinerie de pétrole au monde. Le groupe se retrouve ainsi pénalisé à la fois sur le pétrole qu'il importe et sur celui qu'il transforme. "La guerre au Moyen-Orient a freiné les exportations du pays tout en renchérissant le coût de l'énergie et des autres importations, exerçant ainsi une double pression sur la balance commerciale", note The Economic Times.
Adani reprend des couleurs
Pour Adani, la dynamique est plutôt inverse. Les affaires vont bon train. En effet, le groupe reprend des couleurs après une série de controverses. Fin 2024, des histoires de pots-de-vin à des fonctionnaires indiens pour obtenir des marchés dans l'énergie solaire en Inde, avaient éclaboussé le groupe. Gautam Adani avait en effet été inculpé aux États-Unis pour une histoire de corruption, ce qui avait fait perdre plus de 55 milliards de dollars de capitalisation boursière à la compagnie du milliardaire indien en quelques mois. Quelques années auparavant, certains analystes avaient également accusé le groupe de manipulation du cours des actions, de blanchiment d'argent et de fraude.
Depuis, les marchés et les investisseurs semblent avoir en partie tourné la page de ces "incidents". Le groupe Adani, qui possède et contrôle notamment le plus grand port privé du pays et figure parmi les plus grands négociants de charbon au monde, semble donc, lui, peu perturbé par le contexte mondial compliqué. Adani continue d'ailleurs d'investir dans de nouveaux projets jugés assez "stables" par les investisseurs, comme par exemple l'ouverture de nouveaux aéroports.

Les investisseurs étrangers, moins présents en Inde
Un autre facteur vient expliquer les difficultés récentes de certaines entreprises indiennes : les étrangers y investissent de moins en moins. Selon les chiffres de BNP Paribas, relayés par le FT, les investissements ont chuté de près de 30 % depuis septembre 2024. En cause : la chute de la monnaie indienne, la roupie, ainsi que la très grande exposition des entreprises indiennes à la hausse du prix du pétrole, qui pèse sur les coûts et les marges des entreprises.
Selon Reuters, uniquement au mois de mars, les investisseurs étrangers ont vendu pour 12,14 milliards de dollars d'actions indiennes, ce qui représente la plus importante sortie de capitaux mensuelle jamais enregistrée.
À noter toutefois que l'indice Bloomberg des milliardaires reste très volatil. Il n'est donc pas impossible qu'une bonne nouvelle pour le groupe d'Ambani lui permette de repasser devant Adani dans un futur proche.