Comment les "agents" vont changer l'intelligence artificielle
Libre Eco week-end | Un simple dialogue avec ChatGPT peut déjà être vu comme une forme d'agent. Une chronique de Roald Sieberath, entrepreneur, investisseur pour Noshaq, professeur invité à l'UCLouvain et l'UNamur, et président de l'Agence du Numérique (Digital Wallonia).
- Publié le 04-11-2023 à 09h00

Avec des milliers de chercheurs au travail, l'intelligence artificielle (IA) avance à pas de géant. Depuis quelques mois une tendance prometteuse est l'architecture d'"agents" au sein de l'IA. Le concept même d'agent en intelligence artificielle est assez ancien : il consiste à orienter une IA en la pilotant au moyen d'objectifs, de règles, et en lui laissant trouver le chemin optimal pour répondre à ces contraintes.
Un simple dialogue avec ChatGPT peut déjà être vu comme une forme d'agent : on améliore d'ailleurs son interaction en étant plus précis dans les contraintes et indications que l'on lui donne. Le fameux "art du prompt" consiste souvent à bien piloter l'IA en lui donnant des indications précises. Par exemple en demandant à l'IA d'incarner une fonction ou une compétence précise : "tu es un copywriter marketing expérimenté" ou "tu es un radiologue spécialisé en analyse de mammographie". Ces simples instructions permettent déjà d'améliorer considérablement le travail, qui va coller au mieux à cette consigne. On peut demander également à ChatGPT de réfléchir et retravailler son output : "Reformule-moi ce résultat dans le style de X, ou en prêtant attention à Y".
Architectures multi-agents
Mais c'est une nouvelle étape clé qui vient d'être franchie avec les architectures multi-agents. On organise alors plusieurs agents virtuels (parfois même avec des LLMs (large language models) différents). Chaque agent prend alors par exemple le rôle d'un acteur différent dans une organisation. Ainsi, ChatDev incarne le paradigme d'une agence de développement : un agent endossera la responsabilité de chef de projet, un autre celle de codeur, un autre celle de testeurs, etc. Et tous ces agents vont se répartir les tâches, se donner des ordres, réviser et veiller à la qualité de la production les uns des autres. Il y a véritablement une orchestration fascinante à regarder, même pour les plus blasés de l'IA.
Microsoft confirme à quel point il surfe sur toutes les nouvelles tendances de l'IA, en sortant déjà un outil AutoGen, excellent démonstrateur de ses capacités multi-agents. Nous n'en sommes qu'au début des possibilités de ces nouvelles architectures. Avec autant d'autonomie, on se pose déjà la question de savoir comment le commanditaire humain peut en garder la maîtrise.