OpenAI surfe sur la vague du "vibe"
Une chronique de Roald Sieberath, entrepreneur (Accelerate. AI), investisseur pour Noshaq, professeur invité à l'UCLouvain et l'UNamur.
- Publié le 11-05-2025 à 13h27

Un des usages les plus convaincants de l'IA reste l'assistance à la rédaction de code. Depuis l'arrivée de GitHub Copilot, les outils se multiplient et les développeurs délèguent toujours plus de tâches à ces copilotes numériques. Aujourd'hui, chez des géants comme Microsoft, on estime qu'environ 30 % du nouveau code est généré par une IA.
De nouveaux services vont encore plus loin : ils requièrent de moins en moins de compétences techniques, s'adressent désormais aux non-codeurs et leur permettent de bâtir des applications complètes – ou, à tout le moins, des versions "alpha" prêtes pour les premiers tests et itérations.
C'est dans ce contexte qu'est né le vibe coding, terme popularisé par Andrej Karpathy, ex-OpenAI et ex-Tesla. Son credo : "On fait confiance à l'IA, on suit le flow, on ne relit même pas tout." L'utilisateur esquisse une idée ; l'outil génère aussitôt une application, du frontend au backend, et il ne reste qu'à affiner la partition à coups de prompts. L'exercice tient presque de l'impro jazz : de nombreux non-développeurs se découvrent soudain l'envie – et la possibilité – de concevoir un service de A à Z en langage naturel.
Bonnes pratiques
Mais, comme toute jam-session, l'improvisation obéit à une grille. Les bonnes pratiques du vibe coding émergent : parler à l'IA comme à un collègue, l'interroger sur ses choix, raisonner en product-owner, versionner les prompts, confier à l'IA l'écriture des tests automatisés… Autant de compétences qui devront se diffuser auprès d'un public élargi. Sur ce marché où l'on croise déjà Lovable, v0 (la bien nommée "version zéro") ou Windsurf, OpenAI vient justement de s'offrir cette dernière pour quelque trois milliards de dollars.
Après la guerre des LLM, voici venu le front de la "dev stack" : contrôler l'outil – fondé sur ces mêmes modèles – capable de produire un programme entier.
L'ambition d'OpenAI est limpide : transformer la moindre bonne idée en application en un claquement de doigts, Windsurf sous le bras. Le vibe coding promet de démocratiser le développement ; reste à conserver assez de rigueur pour ne pas se faire engloutir par la vague.
