"Le côté 'boîte belge' nous distingue positivement de nos concurrents" : de Bruxelles à Montréal et Dubaï, Gentis et sa touche belge s'imposent
À la tête de Gentis, Stéphanie Reniers et Farid El Machaoud sont actifs jusqu'à Casablanca, Paris et Montréal.

- Publié le 08-04-2023 à 08h03

Libre Eco week-end | Face & profil
On est vendredi et c'est plutôt calme dans les bureaux de Gentis à Woluwe. "Nous sommes en casual", nous explique Stéphanie Reniers justifiant leurs tenues plus décontractées que celles qu'on pourrait imaginer dans un cabinet de recrutement. Il faut dire aussi que le vendredi, on ne travaille pas en principe chez Gentis, la société étant passée à la semaine des quatre jours depuis 2021. Mais le costume-cravate ou le tailleur-jupe ne se portent sans doute pas les autres jours de la semaine. Car on est ici dans une entreprise fondée par quatre "potes". Depuis janvier, ils ne sont plus que trois associés actifs. Le quatrième est devenu agriculteur. "C'était son nouveau rêve", raconte Stéphanie Reniers. Le troisième préfère, lui, rester discret. Ils se sont rencontrés alors qu'ils travaillaient tous les quatre pour le même cabinet international de recrutement, Huxley.
L'humain au centre
Née à Etterbeek en 1982, Stéphanie Reniers a commencé sa carrière, après ses études à l'Ichec, dans une agence de voyages spécialisée dans le ski pour les jeunes, avant de chercher un job plus international. En 2007, elle est engagée chez Huxley.
Farid El Machaoud est, lui, né en 1981 à Waregem où il effectue sa scolarité avant de partir en France pour étudier les langues et les cultures orientales. De retour en Belgique, il travaille comme traducteur-interprète au CPAS de Waregem, donne des cours de néerlandais et aide les réfugiés dans leurs démarches. Intéressé par le commercial qu'il avait découvert lorsqu'il était étudiant en vendant des voitures, il décide de changer de métier. C'est par un ami qu'il est introduit chez Huxley.
"Mais, avec le temps, nous nous sommes rendu compte que nous n'étions pas toujours alignés avec la façon de faire de ce cabinet très anglo-saxon. Nous voulions rendre leurs lettres de noblesse aux recruteurs qui sont souvent vus par les entreprises comme des cow-boys et remettre l'humain au cœur du recrutement", raconte Farid El Machaoud. Également tentés par l'aventure entrepreneuriale, ils créent, en avril 2011, Gentis, ce qui signifie "les gens" en latin.
Dès septembre, ils recrutent leurs premiers employés. Aujourd'hui, la société en compte 350 (et ambitionne les 500 pour 2025) avec des bureaux à Bruxelles, Anvers, Paris, Casablanca et, depuis mars, Dubaï et Montréal, "deux marchés très orientés vers le recrutement international et où les pénuries sont importantes."
Gentis s'est structurée en holding avec différentes branches : recrutement en IT, finance, construction (pour des profils fixes avec trois à quatre ans d'expérience, des consultants et des interim managers), formations (avec la Gentis Academy notamment), conseil…
"Nous n'avons jamais eu de doute"
"Nous étions assez insouciants au départ, évoque Stéphanie Reniers. Mais nous n'avons jamais eu de doute quant au fait que nous allions réussir."
"Nous nous sommes très vite structurés avec l'intention de grandir. Avec des fondations solides et des valeurs fortes tout en restant fidèles à nous-mêmes et en insistant sur notre côté belge. Le Belge sait s'adapter, il est sympa, il ne s'impose pas. Vivant dans un pays avec trois langues, il comprend les différences qu'il peut y avoir dans d'autres pays. Le côté 'boîte belge' nous distingue positivement de nos concurrents principaux que sont les cabinets anglo-saxons ou français", constate, pour sa part, Farid El Machaoud.
Les développements futurs (ils visent les États-Unis et l'Asie) dépendront de la croissance en interne. "On prend toujours des gens de chez nous pour ouvrir un nouveau bureau car ils connaissent bien notre philosophie. Ensuite, nous engageons des locaux qui, eux, comprennent le marché local."
Stéphanie Reniers et Farid El Machouad, en bref
1982 : naissance de Stéphanie Reniers à Etterbeek. Après des humanités à la Vierge Fidèle, elle fait un bac en marketing et un master en Ressources humaines à l'Ichec.
1981 : naissance de Farid El Machouad à Waregem. Il étudie en France les langues et les cultures orientales.
2007 : ils se rencontrent au cabinet de recrutement Huxley.
Avril 2011 : ils fondent, avec deux associés et un investisseur, Gentis.