Quelle différence de revenus entre une personne au chômage et un employé ? "Le travail finit presque toujours par payer"
À l'approche des élections, de nombreux partis se prononcent sur les thématiques liées à l'emploi. La question de la différence de revenus obtenus par une personne qui travaille par rapport à ce qu'elle pourrait obtenir au chômage est notamment au cœur des débats. Les politiques donnent des montants qui sont parfois bien différents en fonction des partis et des idéologies. Une étude de l'Université d'Anvers évalue la situation.

- Publié le 22-05-2024 à 11h05
- Mis à jour le 22-05-2024 à 11h23

Jo Brouns, ministre flamand du Travail, a commandé une étude sur les différences de revenus perçus par les personnes qui ont en emploi, par rapport à ce qu'elles pourraient gagner au chômage. À l'approche des élections, cette question est au cœur des débats, certains partis affirmant qu'une plus grande différence de revenus entre l'emploi et le chômage permettrait d'augmenter la motivation à chercher un travail.
Pourtant, selon l'étude de l'Université d'Anvers réalisée par Ive Marx, professeur de politique socio-économique, et deux chercheurs du Centre de politique sociale, Johannes Der Boven et Gerlinde Verbist, le travail "finit presque toujours par payer".
Les chercheurs expliquent au Nieuwsblad que la différence de revenus entre une personne qui travaille et une personne au chômage atteint "presque toujours 500 euros". Plusieurs partis réclament, en effet, 500 euros net en plus pour celui qui travaille par rapport à celui qui ne travaille pas.
Pour illustrer ces propos, Ive Marx, Johannes Der Boven et Gerlinde Verbist donnent l'exemple d'une personne vivant seule avec un revenu d'intégration de 1.214 euros. Celle-ci gagnerait 755 euros de plus en travaillant à temps plein au salaire minimum. Un chômeur qui vit seul, avec une allocation de 1.337 euros, gagnerait 632 euros de plus en travaillant en temps plein.
Cependant, ces chiffres sont à relativiser puisqu'ils ne concernent pas toutes les situations. Par exemple, un chômeur qui travaillerait à temps partiel s'en sortirait moins bien. Les chercheurs affirment même qu'il pourrait "y perdre" à travailler. Il faut effectivement prendre en compte les "pertes" d'avantages sociaux liées à l'emploi. Une personne au chômage qui commence à travailler risque de perdre certains avantages tels que le tarif social de l'énergie, les réductions sur les transports en commun ou les abonnements téléphoniques… De plus, obtenir un emploi peut engendrer des coûts tels la garderie des enfants ou les frais de déplacement.