Coca se ressource avec Chaudfontaine

La nouvelle était dans l'air. Elle a été officialisée, jeudi. L'eau de Chaudfontaine fera désormais partie de la grande famille de Coca-Cola, le géant mondial des boissons non alcoolisées. Abbas Bayat, l'homme d'affaires irano-américain, qui avait racheté en 1997 Chaudfontaine Monopole à Interbrew, a en effet signé une lettre d'intention avec la filiale belge de Coca-Cola concernant la cession des actifs et des marques"eaux´ de Chaudfontaine Monopole. Infographie : Le groupe Coca-Cola en Belgique

Sandrine Vandendoren
Coca se ressource avec Chaudfontaine
©Belga

La nouvelle était dans l'air. Elle a été officialisée, jeudi. L'eau de Chaudfontaine fera désormais partie de la grande famille de Coca-Cola, le géant mondial des boissons non alcoolisées. Abbas Bayat, l'homme d'affaires irano-américain, qui avait racheté en 1997 Chaudfontaine Monopole à Interbrew, a en effet signé une lettre d'intention avec la filiale belge de Coca-Cola concernant la cession des actifs et des marques"eaux´ de Chaudfontaine Monopole.

La transaction, dont le montant n'a pas été révélé et qui doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence, porte donc exclusivement sur les eaux plates et gazeuses de la marque Chaudfontaine, lesquelles génèrent un chiffre d'affaires actuel de 30 millions d'euros pour une production annuelle de 80 millions de litres. Quelque 260 travailleurs, 180 personnes sur le site de production de Chaudfontaine et 80 employés à Tirlemont (siège administratif et commercial) sont concernées par cette reprise.

Les marques"Duke´ -eau embouteillée à l'usine de Francorchamps-, Parasol et Lim'Oh (limonades), Sunnyland (jus de fruits) ainsi que la filiale Ben Shaw en Angleterre (eaux minérales) ne font pas partie de l'accord annoncé; elles restent dans le giron de Chaudfontaine Monopole, qui entend désormais se concentrer sur la production de ses jus de fruits et de ses limonades. D'après Philippe Lengelé, le directeur financier de Chaudfontaine Monopole -qui changera bientôt de nom-, ces activités représentent un chiffre d'affaires de 20 millions d'euros. Soit 40 pc du chiffre d'affaires actuel (eaux inclues) du groupe. D'après M. Lengelé, l'objectif de M. Bayat est de garder ces "marques de niche´ qui peuvent, en les développant, apporter une bonne rentabilité.

Il y a cinq ans, en rachetant Chaudfontaine à la tête d'un consortium d'investisseurs privés au rang desquels on trouve le financier Georges Soros, Abbas Bayat nourrissait de grands espoirs pour la société. Il voulait, en fait, bâtir un groupe européen de boissons non alcoolisées divisées en trois pôles: les eaux minérales, les"soft drinks´ et les jus de fruits. Mais Abbas Bayat n'a pas eu les moyens financiers de ses ambitions, il n'a pas réussi à relancer la marque Chaudfontaine, qui a perdu des parts de marché et, partant, à rentabiliser la société. "Le commerce de l'eau, bien que porteur et en constante progression, est devenu de plus en plus compétitif et nécessite des moyens marketing de plus ne plus importants´, se justifie M. Bayat, convaincu que l'accord avec Coca est "la meilleure manière d'assurer la continuité de l'eau de Chaudfontaine et de réaliser son potentiel de développement´.

Investir dans le marketing

Pour Coca-Cola, l'opération est logique. Elle s'inscrit dans la stratégie du géant d'Atlanta qui cherche à se diversifier dans les eaux en rachetant des marques locales.

"Les Belges aiment l'eau et nous n'avions pas d'eau en Belgique. Le rachat de Chaudfontaine nous fournit l'occasion de pénétrer ce marché avec une marque de qualité. Notre objectif est de développer la marque en investissant dans le marketing et d'ainsi enrayer la perte de ses parts de marché´, précise Tom Delforge, le porte-parole de Coca. Actuellement, le marché des eaux en Belgique est dominé par Spadel (21 pc) -le dernier grand minéralier belge-, Nestlé (14 pc) et Danone (10 pc). La part de Chaudfontaine n'est que de 6 pc.

Même si tant du côté de Coca-Cola que de Chaudfontaine, des garanties sur l'emploi ont été données au personnel, les syndicats restent vigilants et rencontreront Abbas Bayat en début de semaine prochaine.

© La Libre Belgique 2003

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