Alstom ferme son site de Beyne
Supéfaction ce jeudi matin en banlieue liégeoise: la direction d'Alstom Belgium a en effet annoncé au conseil d'entreprise son intention de fermer son site de Beyne-Heusay. Cette unité d'exploitation occupe actuellement 143 personnes, soit quelque 10pc des effectifs d'Alstom en Belgique
- Publié le 25-09-2003 à 00h00

Supéfaction ce jeudi matin en banlieue liégeoise: la direction d'Alstom Belgium a en effet annoncé au conseil d'entreprise son intention de fermer son site de Beyne-Heusay. Cette unité d'exploitation occupe actuellement 143 personnes, soit quelque 10pc des effectifs d'Alstom en Belgique.
S'il y avait bien de la restructuration dans l'air, l'annonce brutale de la cessation des activités, envisagée pour mars 2004, a donc provoqué un choc dans les rangs du personnel qui suivait avec attention les soubresauts relatifs à la recapitalisation du groupe français (lire nos précédentes éditions).
La décision de ce jeudi matin constitue un nouveau chapitre, peut-être le dernier, d'une histoire déjà longue sur ce site. Balteau constituait en effet l'entreprise originelle avant sa reprise, après diverses péripéties, par le groupe Alstom à la fin des années 80.
Carnet peu rempli
Active dans le domaine des réducteurs de mesure pour la haute et la très haute tension, l'unité liégeoise souffre d'un manque de commandes. "C'est le cas aussi dans notre unité de Mont Rouge, à Paris, de même taille qu'ici, note Michel Robin, directeur des ressources humaines. La direction a donc décidé de supprimer une de ces unités."
En l'occurrence, c'est Beyne qui passe à la casse. "Alstom a estimé qu'il y avait davantage de risques financiers à fermer Mont Rouge. Ils fabriquent là non seulement les mêmes produits que nous, mais en plus d'autres produits que nous ne savons pas faire ici."
Du côté de la FGTB, syndicat majoritaire, on croit aussi savoir que le principal produit fabriqué à Beyne, les transformateurs 800 kilovolts, sera confié au principal concurrent d'Alstom, le groupe allemand Trench.
La direction liégeoise d'Alstom a lancé la procédure prévue en matière de licenciements collectifs et de fermetures d'entreprises dite loi "Renault". "Notre objectif est de trouver les meilleures solutions pour le personnel", souligne M.Robin. Pour un certain nombre de travailleurs, il pourrait peut-être exister des possibilités de transfert vers d'autres unités d'Alstom, en Belgique ou ailleurs. "Nous disposons en effet de compétences spécifiques qui pourraient être transférées", relève M.Robin, précisant toutefois qu'une douzaine de personnes devraient rester dans la région liégeoise - elles pourraient être hébergées sur le site de Dison - pour des activités liées au marketing ou encore au commercial.
Des erreurs?
Pour la FGTB, il est hors de question de s'engager dans un calendrier avec mars en point de mire. "Nous avons l'expérience pour faire traîner les choses et pour que cela leur coûte un maximum; tant la CSC que nous à la FGTB sommes déjà allés interpeller la direction sur la désorganisation régnant dans l'entreprise. Les travailleurs n'ont pas à payer les erreurs commises." Et d'ajouter qu'on ne peut se référer dans ce cas à la fatalité économique.
La reprise éventuelle de la division transmissions et distribution d'Alstom par le groupe nucléaire français Areva ne devrait en aucun cas constituer une planche de salut pour le site de Beyne-Heusay. "Nous ne sommes qu'une des cent usines de cette division, relève M.Robin. On s'appellera peut-être Areva quand on fermera."
La FGTB n'a pas donné de mot d'ordre de grève directement mais un préavis à 8 jours. Une assemblée générale du personnel est prévue ce vendredi matin.
© La Libre Belgique 2003
