Claude Grégoire, l'homme de la transition

PAR ARIANE van CALOEN

PORTRAIT

Costume rayé, lunettes classiques, ton aimable, Claude Grégoire, l'administrateur délégué de la SPE, apparaît comme un patron affable et discret.

Certaines mauvaises langues disent de lui que c'est un "apparatchik" qui est aux ordres de la bande à Guy Mathot, les vrais hommes forts de la SPE. Un jugement un peu court, car dans le milieu de l'énergie, Claude Grégoire est quelqu'un d'apprécié. C'est quelqu'un qui, dit-on, connaît bien ses dossiers sans pour autant faire de l'esbroufe.

Il a d'ailleurs le profil d'un homme consciencieux. Ce fils d'instituteurs a été à bonne école. Une des priorités durant sa jeunesse a été la "réussite des études". Petit fils d'agriculteurs, il a eu une éducation "comme on pouvait en avoir dans les villages. Tout se passait bien à condition que les objectifs soient réalisés", raconte-t-il.

Après des études secondaires à l'athénée de Spa, il décroche sans problèmes un diplôme d'ingénieur électricien à l'université de Liège.

Il sera quelque temps assistant à cette même université avant d'entrer en 1982 à Socolie, une intercommunale active dans la production d'électricité, surtout dans la région de Liège. C'est cette même Socolie qui a été à l'origine de la SPE (lire ci-contre).

Après avoir gravi "petit à petit" les échelons, Claude Grégoire est nommé en 1992 à la direction générale de la Socolie. Nouvelle étape importante en 2000 quand il devient administrateur délégué de la SPE. C'est une année cruciale où l'intercommunale abandonne son statut pour devenir une société anonyme. Claude Grégoire s'est évertué à être "l'homme de la transition" pour la SPE. Celui qui a fait d'elle une société anonyme avec une "tout autre approche".

Ce qui ne l'empêche pas de garder des idées chères à la gauche comme l'utilité et la légitimité des sociétés publiques. Dans une société publique, les actionnaires "ont des objectifs un peu différents", explique Claude Grégoire. Ainsi, ne cherchent-ils pas avant tout à maximiser le profit, mais aussi à favoriser le "développement" dans le pays.

Claude Grégoire ne cache donc pas ses "affinités" avec le parti socialiste, ce qui, s'empresse-t-il d'ajouter, n'enlève rien à son indépendance de management. "Je n'ai jamais été obligé de prendre une décision qui allait contre l'intérêt de la société", affirme-t-il. Selon lui, la "SPE n'est pas un instrument politique pour un parti". Elle le sera d'autant moins qu'elle s'apprête à s'allier à un partenaire étranger.

A 50 ans et ayant réalisé un "parcours linéaire", Claude Grégoire se montre très serein face à ce grand changement. Ses allures tranquilles cachent sans conteste un côté combatif. Qui du reste se traduit aussi par un engagement en politique. Lors des dernières élections communales, il était à la tête d'une liste pluraliste très critique à l'égard de la gestion du bourgmestre en place. Contre toute attente, dit-il, sa liste a gagné et il est ainsi devenu bourgmestre de Jalhay, un bourg de 8000 habitants dans les Hautes Fagnes. Il peut ainsi apporter son expérience de manager dans la gestion de la commune. Il regrette d'ailleurs qu'on ne retrouve pas plus de personnalités du monde économique dans la politique.

Inutile de dire qu'à part des promenades dans les bois avec sa femme, enseignante à Stavelot, et son chien, il n'a pas beaucoup de temps pour les loisirs. "Je travaille beaucoup et encore assez souvent beaucoup", sourit-il.

Mais, à l'entendre, il ne situe pas son bonheur dans sa vie professionnelle. "La plus belle satisfaction" de sa vie sont ses deux enfants, son fils de 26 ans, ingénieur chimiste et sa fille étudiante en ingénieur de gestion.

© La Libre Belgique 2004

Envie d'une nouvelle voiture ?

D'autres lecteurs ont également lu

Les + consultés

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...