Solvay: délocalisation inquiétante
- Publié le 04-06-2005 à 00h00
Le plan "3S" fait des vagues, chez Solvay. Ce projet de réorganisation de certains services, ainsi dénommé par référence à l'expression "Solvay shared services", c'est-à-dire "services partagés de Solvay", inquiète le personnel, révélaient nos confrères du journal "L'Echo" hier.
Concrètement, des services administratifs tels que la comptabilité et les ressources humaines seront regroupés à Lisbonne sur une période de trois ans. "Cette implantation a été retenue parmi 90 villes, dont 25 sites Solvay", explique Martial Tardy, porte-parole de Solvay. Pourquoi le Portugal? "Le choix a été opéré sur base d'objectifs non seulement de réduction des coûts mais aussi d'adaptation des structures à la réalité économique européenne", précise-t-il. "Ce qui est prévu, c'est de centraliser certaines activités dans la logique du marché unique."
"Il s'agit bel et bien d'une délocalisation", insiste-t-on côté syndical. "Quand on concentre des services identiques en un seul endroit, il y a forcément des doubles emplois, ce qui se traduira par des reclassements ou des licenciements", estime Christian De Maeyer, délégué Setca chez Solvay. Il avance le chiffre de quelque 80 emplois concernés ("pas nécessairement des licenciements", insiste-t-il) en Belgique, sur les sites d'Ixelles et Neder-Over-Hembeek. Les sites de Jemeppe-sur-Sambre et Anvers, davantage tourné vers la production industrielle, ne seraient pas concernés. Au niveau européen, le plan viserait environ 600 personnes.
"Nous ne savons pas d'où sortent ces chiffres", s'étonne-t-on du côté de la direction. "Ils ont été communiqués en Conseil d'entreprise!", assure-t-on côté syndical. "En septembre 2004, on nous annonçait vaguement une étude sur le "recentrage et l'optimisation des processus" et aujourd'hui, on connaît la teneur du projet et le nombre approximatif des emplois concernés mais sans plus de détails", regrette Christian De Maeyer.
La communication en cause
"Il n'est pas question de regrouper l'ensemble des services financiers et de ressources humaines", tempère Martial Tardy. "Certaines démarches nécessitent de la proximité. Certaines parties de services resteront donc sur leur site d'origine." Quant aux implications sociales du plan "3S", il assure que la direction entend limiter au maximum les incidences sur l'emploi, en recourant notamment à des prépensions. "De plus, la mise en oeuvre ne sera pas brutale puisque le plan sera échelonné sur trois années." Sans donner plus de détails, Solvay n'exclut pas que des employés belges soient envoyés sur le nouveau site de Lisbonne, où "250 à 300 personnes travailleront".
Sur le plan de la communication, le groupe assure avoir informé le personnel à chaque étape de la prise de décision. Mais côté syndical, on estime que la direction n'est pas loyale quand elle nie connaître le nombre d'emplois en jeu. "Jeudi, lors de l'assemblée générale ordinaire, nous avons attiré l'attention des actionnaires", explique Christian De Maeyer. "Dans un premier temps, nous ne voulons pas d'action de grande envergure. Mais si les dirigeants se montrent inflexibles, rien n'est exclu", conclut-il. Mardi, le comité exécutif doit entériner le choix du site portugais.
© La Libre Belgique 2005
