Les centrales nucléaires Doel 1 et 2 prolongées in extremis

Un accordaurait été trouvé entre Electrabel et le Premier ministre belge. Les détails de l'accord seront présentés lors d'une conférence de presse ce mardi à 9h. LaLibre vous informera en direct.

Laurent Lambrecht
Les centrales nucléaires Doel 1 et 2 prolongées in extremis
©Photonews

Charles Michel et Electrabel sont finalement parvenus à un accord au sujet de la convention balisant la prolongation de Doel 1 et Doel 2. Les détails de l'accord seront présentés lors d'une conférence de presse ce mardi à 9h. LaLibre vous informera en direct. Les réacteurs Doel 1 et 2 verront donc voir leur durée de vie étendue. Le gouvernement et le groupe ENGIE, dont fait partie Electrabel, se félicitent d'un accord visant à "assurer la sécurité d'approvisionnement énergétique de la Belgique."

Il était compliqué, ce lundi soir, d'en savoir plus sur le contenu de cet accord.

Pourquoi ce silence radio ? "Le gouvernement ne veut pas occulter le discours de Charles Michel à la conférence de Paris sur le climat , explique Jean-Marc Nollet, chef de groupe Ecolo . La Belgique a déjà reçu le prix fossile décerné par les ONG."

Pour comprendre l'origine de cet ultimatum, il faut remonter à loi du 28 juin 2015 modifiant le calendrier de sortie du nucléaire. Cette loi précise que Doel 1 et Doel 2 s'arrêteront définitivement le 31 mars 2016 si une convention liant Electrabel et le gouvernement n'était pas signée pour le 30 novembre 2015 au plus tard.

Que doit contenir cette fameuse convention ? Selon la loi du 28 juin 2015, il s'agit notamment de fixer la taxe nucléaire que devra payer Electrabel en échange de la prolongation de Doel 1 et Doel 2. Mais on sait que l'énergéticien voulait également revoir à la baisse le montant de la taxe nucléaire pour Doel 3, Doel 4, Tihange 2 et Tihange 3. En effet, Electrabel conteste depuis plusieurs années en justice une taxe nucléaire qu'il juge confiscatoire. Quant à Tihange 1, il fait l'objet d'un régime de taxation particulier suite à sa prolongation de dix ans décidée par le précédent gouvernement.

Un montant minimal après 2016 ?

Pour rappel, c'est Marie-Christine Marghem (MR) qui a inséré l'ultimatum du 30 novembre afin qu'Electrabel ne traîne pas trop. Mais la ministre de l'Energie a été prise à son propre piège : les négociations autour de cette convention auront finalement duré jusqu'à la dernière minute.

Pourquoi ont-elles traîné en longueur ? "Marie-Christine Marghem a fait une grosse erreur en liant la prolongation de Doel 1 et Doel 2 à la négociation sur la taxe nucléaire , décode Damien Ernst, professeur à l'ULg . Elle est partie du principe qu'Electrabel voulait absolument prolonger Doel 1 et Doel 2. C'est méconnaître la réalité du marché de l'électricité. Si les prix de gros continuent de baisser, Electrabel risque de ne pas récupérer les 700 millions d'euros d'investissements nécessaires à la prolongation des deux réacteurs."

Par ailleurs, un autre élément aurait longuement bloqué les négociations. Selon nos informations, Electrabel était favorable à ce que le montant de la future taxe nucléaire tienne compte des prix de l'électricité sur les marchés. En revanche, le gouvernement voulait s'assurer une rentrée financière minimale, même si l'activité nucléaire ne devait pas générer de profits.

Qui a finalement pu s'imposer ? "Je serais surpris que le gouvernement ait obtenu plus que 100 millions d'euros par an pour l'ensemble du parc nucléaire à l'horizon 2020" , explique Damien Ernst.

D'autres observateurs du secteur analysent les choses différemment. David Haverbeke, avocat spécialisé dans l'énergie, estimait lors de l'annonce du préaccord entre le cabinet Marghem et Electrabel que le montant de 150 millions d'euros prévu pour l'année 2016 était particulièrement faible. Il faut dire que l'on vient de 550 millions d'euros. Mais entre-temps, les prix de l'électricité ont chuté sur les marchés.

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