Marc Coucke va-t-il perdre toute sa fortune dans le contentieux avec Perrigo ?
- Publié le 12-02-2018 à 17h44
- Mis à jour le 13-02-2018 à 09h21

Marc Coucke, le nouveau propriétaire du RSC Anderlecht, risque-t-il de perdre toute sa fortune ? C'est l'une des possibilités existantes, selon "De Standaard" qui précise que le groupe pharmaceutique américain Perrigo réclame 1,9 milliard d'euros à Marc Coucke et au fonds Waterland. Une somme qui mettrait effectivement le milliardaire gantois sur la paille.
1. Que réclame Perrigo et pourquoi maintenant ?
L'affaire n'est pas neuve. Tout remonte à 2014. A l'époque, Marc Coucke revend sa société, Omega Pharma, au groupe israélo-américain Perrigo pour 3,8 milliards d'euros. Si ce montant record fait sensation, il étonne aussi certains observateurs. Omega-Pharma est ainsi endettée à hauteur de 1,3 milliard d'euros. Toujours est-il que le contrat est signé et que M. Coucke se fait une belle plus-value de 1,45 milliard d'euros. Une somme qu'il décide d'investir, en grande partie, en Belgique. Mais cette vente est-elle trop belle pour être vraie ? C'est ce qu'estime Perrigo, qui dès 2016, accuse le Gantois d'avoir présenté ou modifié, de manière frauduleuse, certains chiffres, afin de les enjoliver et ainsi augmenter la valeur de sa société. L'affaire était connue depuis 2016, mais la grande nouveauté du jour est que Perrigo va un pas plus loin dans sa contestation. La société a récemment soumis sa réclamation au Centre Belge d'Arbitrage et de Médiation (Cepani). Le document serait "volumineux et robuste", selon plusieurs sources du "Standaard". Vu la complexité du dossier, une décision n'est pas attendue avant 2021.
2. Pourquoi le mariage belgo-américain a-t-il tourné au fiasco ?
Omega Pharma, spécialisée dans les produits pharmaceutiques sans ordonnance, était une vraie "success story" belge. Mais depuis sa vente à Perrigo, tout a mystérieusement changé. En fait, il a fallu très peu de temps pour que les tensions apparaissent entre les Américains et Marc Coucke. L'entrepreneur flamand est d'ailleurs débarqué de son poste d'administrateur d'Omega-Pharma, poste qu'il avait gardé, dès avril 2016. La situation ne fera ensuite que se dégrader : la filiale européenne de Perrigo se déprécie rapidement, tout comme les 20 grandes marques sur lesquelles se concentre le distributeur de médicaments sans ordonnance. En 2017, Perrigo a résilié plusieurs accords de distribution d'Omega Pharma et entreprend une restructuration majeure, touchant des dizaines d'emplois en Belgique. La marque sportive Etixx est également vendue – ce qui surprendra Coucke lui-même.
3. Comment réagit Marc Coucke ?
Contacté par "La Libre", le porte-parole de Marc Coucke explique qu'il n'y a "rien à commenter" puisqu'il n'y a "rien de neuf" sur ce dossier. Actuellement à Dubaï avec sa famille, le milliardaire belge a utilisé les réseaux sociaux pour expliquer son point de vue. Sur Twitter, le nouveau propriétaire du RSC Anderlecht explique avoir "pleine confiance". "Notre défense/contre-attaque est minutieusement examinée, écrit-il. "Dans notre Etat de droit, tout le monde peut réclamer des dommages très importants à tout le monde. C'est évidemment embêtant. Mais le contrat a été établi selon le droit belge".
En l'attente de cette décision capitale pour son avenir, le milliardaire belge ne semble pas vouloir geler ses nombreux investissements pour autant. Marc Coucke a ainsi toujours nié avoir trompé Perrigo. Selon lui, la société américaine avait analysé de fond en comble les finances d'Omega Pharma avant de la racheter. Il y a quelques mois, le Gantois avait fait une déclaration imagée sur le sujet. "Je vais le dire simplement : ils achètent une voiture, ils la propulsent eux-mêmes dix fois contre le mur. Et au bout de six mois, ils reviennent chez nous en disant : "Nous voudrions ramener la voiture, parce qu'il y a des coups sur la carrosserie". En tant que président de club de football, Marc Coucke a appris que la meilleure défense c'est l'attaque : l'homme a ainsi décidé de porter lui aussi plainte contre Perrigo. Ce que n'a pas fait le fonds Waterland, lui aussi mis en cause.
