Adrien Roose, CEO de Cowboy: "Notre concurrent principal reste la voiture"
La start-up belge de vélos électriques connectés termine ce mardi sa campagne sur Crowdcube, la plateforme de financement participatif britannique. Cowboy a récolté en un mois près de 4 millions de livres sterling, soit 4,6 millions d'euros. Les précédentes levées de fonds étaient destinées aux investisseurs institutionnels et non aux particuliers. "C'est là que réside la principale différence", explique Adrien Roose, le CEO de Cowboy. "On a pu observer à quel point une campagne de financement participatif est fédérateur pour une communauté" (qui compte 45.000 membres, NdlR.)

- Publié le 13-01-2020 à 17h12
- Mis à jour le 14-01-2020 à 15h09

La start-up belge de vélos électriques connectés termine ce mardi sa campagne sur Crowdcube, la plateforme de financement participatif britannique. Cowboy a récolté en un mois près de 4 millions de livres sterling, soit 4,6 millions d'euros.
Les précédentes levées de fonds étaient destinées aux investisseurs institutionnels et non aux particuliers. "C'est là que réside la principale différence", explique Adrien Roose, le CEO de Cowboy. "On a pu observer à quel point une campagne de financement participatif est fédérateur pour une communauté", qui compte déjà 45.000 membres.
Créée en janvier 2017, Cowboy avait reçu le soutien de "business angels" belges et français, comme Thibaud Elzière (co-fondateur d'eFounders) et Harold Mechelynck (ex-Ogone), mais aussi le Hardware Club. Les trois fondateurs, Adrien Roose, Karim Slaoui et Tanguy Goretti, ne se sont pas arrêtés là puisqu'ils ont sollicité Index Ventures et le fonds VC Tiger qui ont également misé sur le succès des vélos connectés. A la clé, un tour de table de 13 millions d'euros dans un premier temps.
Fédérer et capitaliser
Premier objectif de ce crowdfunding donc, fédérer autour de la marque. Un pari réussi puisqu'il n'aura fallu que 12 minutes à Cowboy pour lever 1,4 millions d'euros. Mobilité urbaine, entrepreneuriat, climat : "On touche à des thèmes qui résonnent chez les Belges", commente le jeune CEO, agréablement surpris de l'aboutissement de la campagne dont l'objectif était d'un million de livres sterling.
Deuxième objectif, augmenter la capitalisation, une nécessité pour le développement rapide de la start-up, qui est passée de 15 à 50 employés l'année dernière. "On ne compte pas uniquement sur cet argent mais cela va contribuer à des nouveaux investissements, notamment dans la recherche et le développement de nouveaux produits, pour les femmes notamment."
En Belgique, mais pas seulement…
Le marché européen des vélos électriques est en perpétuel croissance. En 2019, il représentait 3 millions d'unités. Et c'est en Allemagne que les vélos se vendent le mieux, suivi de notre plat pays et des Pays-Bas.
La stratégie de vente est toujours axée "direct to consumer", en vendant le vélo sans intermédiaire, grâce au site internet. Une approche différente via des enseignes physiques est également étudiée. "Même s'il est trop tôt pour communiquer sur les ventes dans les enseignes physiques, le succès du pop-up installé à Molenbeek nous donne à réfléchir", explique Adrien Roose. "On compte ouvrir des boutiques à travers l'Europe pour renforcer l'offre digitale car nous sommes convaincus que cette dualité - digital et physique - renforce non seulement la visibilité mais également la confiance dans la marque."
L'entreprise a vendu plus de 5.500 vélos en 2019, quintuplant son chiffre d'affaires par rapport à 2018. Pour 2020, Cowboy aspire à tripler ses ventes et pour cela elle compte s'ouvrir au reste du marché européen après s'être déjà installée dans 9 pays. "On restera tout de même focalisé sur la Belgique et les pays voisins comme l'Allemagne, les Pays-Bas, la France et le Royaume-Uni qui représentent 80% du marché européen", confie Adrien Roose.
Si les trois fondateurs ne souhaitent - pour le moment - pas s'exporter sur le marché chinois, "bien trop différent et compliqué", ils surveillent les autres marchés de près "mais pas pour un futur proche."
Concurrencer la voiture et féminiser
On pourrait croire que les principaux concurrents de Cowboy sont incarnés par les plateformes de vélos partagés. Pour Adrien Roose, il n'en est rien… Le principal concurrent reste pour lui la voiture. "Notre public cible possède une voiture, l'objectif est qu'il la troque pour le vélo électrique afin d'améliorer la mobilité urbaine."
Et pour étendre son auditoire, l'entreprise dévoile l'un de ses enjeux majeurs : féminiser ses modèles. "Le modèle actuel ne présente pas un confort optimal pour le public féminin qui a besoin d'un cadre incliné", note Adrien Roose. Une nécessité, car la part des hommes parmi les clients est, pour le moment, de plus de 90%.
