Olivier de Wasseige, remercié par l'UWE : "Je suis choqué, mais je suis fier de mon bilan"
L'homme était administrateur délégué de l'Union wallonne des entreprises (UWE) depuis 2017.

- Publié le 20-04-2023 à 10h05
- Mis à jour le 20-04-2023 à 15h49
Le communiqué, brutal, est tombé ce jeudi matin : l'Union wallonne des entreprises met fin au contrat de son administrateur délégué Olivier de Wasseige. Cette décision, dit le communiqué, "s'inscrit dans le contexte du nouveau plan stratégique que l'UWE vient d'adopter. Ce plan ambitieux a amené l'UWE à repenser son organisation et à ajuster ses moyens à ses priorités". Pour Olivier de Wasseige, c'est le choc, l'incompréhension. "Avec Pierre Mottet (président de l'UWE, NdlR), on avait ensemble l'an dernier conçu ce plan stratégique pour continuer à développer la présence de l'UWE sur le terrain, tout en mettant au centre du jeu l'entreprenariat, les jeunes, la formation, l'environnement", dit-il, sincèrement ému. "Ma dernière interview en tant que CEO de l'UWE, je l'ai donnée sur le thème de l'enseignement qualifiant à La Libre, et c'est le plus beau des testaments qu'on puisse me faire", poursuit-il.
Le relationnel a dû peser lourd
Olivier de Wasseige occupait la fonction d'administrateur délégué depuis 2017. "Le Conseil d'administration de l'UWE souligne unanimement l'apport de Olivier de Wasseige pour l'organisation patronale, dont il a notamment augmenté la visibilité. Grâce à Olivier de Wasseige, l'UWE est aujourd'hui un acteur incontournable du débat sur l'avenir et le développement d'une Wallonie harmonieuse et prospère", poursuit le communiqué au nom de l'UWE. En coulisses, la nouvelle fait l'effet d'une petite bombe. Le secret a été bien gardé, la décision ayant été prise mardi à l'issue du conseil d'administration de la fédération patronale wallonne. Si la personnalité d'Olivier de Wasseige a parfois pu "sur la forme poser quelques problèmes relationnels avec certains membres d'UWE, dont l'un ou l'autre a d'ailleurs quitté l'entreprise depuis lors, le tandem avec Pierre Mottet montrait quelques signes de tensions. Olivier de Wasseige aimait tirer la couverture à lui", nous glisse une source en interne. Une autre nous explique que "c'est tout de même ce qu'on demandait aussi à Olivier de Wasseige, de se montrer. Mais ses relations avec l'ancien président Jacques Crahay (Cosucra) et le nouveau Pierre Mottet, n'étaient pas au beau fixe. Cette question relationnelle a dû peser lourd dans la balance." La capacité de l'ex-CEO, qui a été échevin des Finances à Ciney dans les années 90 (sous la bannière du PRL, devenu MR), à parler avec tous les partis, dans l'optique des futures élections, est aussi un élément pointé par plusieurs de nos sources. "A un an des élections, trop de proximité avec le seul MR risquait de marginaliser l'UWE si le parti libéral était débarqué", estime l'une d'elles.
"Fier de mon bilan"
Le conseil d'administration de l'UWE a aussi mis en avant le "coût salarial" du CEO pour justifier cette décision. "C'est faux. Mon salaire n'a rien d'extravagant, et est complètement aligné sur celui de l'ancien administrateur délégué Vincent Reuter, hors indexation", se justifie Olivier de Wasseige. "C'est plutôt au rayon des dépenses globales (représentation, missions, etc.) que le bât blessait, rétorque une de nos sources, pas son salaire en tant que tel". Là aussi, Olivier de Wasseige se défend : "mes frais de représentation ne dépassaient pas 1500 euros par an et en termes de missions, j'ai fait quelques voyages d'Etat où on vole dans l'avion royal ; on doit arriver à 3000 euros sur 5 ans de frais d'hôtel à l'étranger". L'homme, quoi qu'il en soit, ne ménageait pas sa peine pour porter haut les couleurs de l'UWE dans les médias. Omniprésent médiatiquement, Olivier de Wasseige assure être fier de son bilan. "Sur le plan stratégique, on a beaucoup réfléchi à la manière de mieux positionner l'institution. Par ailleurs, et c'est très factuel, j'ai augmenté les fonds propres de l'UWE de 2 millions d'euros en 5 ans, ce qui nous permet de faire face à des temps plus compliqués au niveau des cotisations. Je pense aussi que l'UWE est redevenue un acteur parfaitement audible au niveau du monde politique", dit-il. Et d'ajouter que "je reçois des tas de messages de soutien du monde politique et patronal. Il y a une totale incompréhension par rapport au job réalisé et à la personnalité – l'honnêteté, le franc-parler, le volontarisme et la pédagogie. Des gens que je ne connais parfois même pas m'envoient des messages pour me dire merci pour ce que j'ai fait pour les entreprises", conclut-il.
En attendant de trouver un successeur à Olivier de Wasseige, en lien étroit avec son Conseil d'administration, le Président de l'UWE, Pierre Mottet, "accompagnera l'équipe de direction le temps nécessaire à l'implémentation d'une organisation optimale", conclut le communiqué de l'organisation patronale.
