Le salaire du nouveau CEO de bpost passe comme… une lettre à la poste: voici le montant maximum qu'il pourrait toucher
L'assemblée des actionnaires, qui s'est tenue ce jeudi, a approuvé à la quasi-unanimité la nouvelle politique de rémunération qui avait pourtant suscité la controverse.

- Publié le 23-11-2023 à 17h09
- Mis à jour le 23-11-2023 à 17h24

Sauf accident de parcours, le nouveau patron de bpost, Chris Peeters, aura droit à une rémunération totale qui pourrait atteindre jusqu'à 1,7 million d'euros par an, un montant largement supérieur aux limites prévues pour les entreprises publiques. Ainsi en a décidé l'assemblée générale spéciale de bpost qui s'est tenue jeudi après-midi en moins d'une heure, en présence de rares actionnaires qui n'ont posé aucune question.
Le point sur la rémunération du CEO est passé comme… une lettre à la poste, avec 99,48 % des voix. Les actionnaires, dont l'État belge qui détient 50 % du capital, ont aussi approuvé, à la quasi-unanimité, la nomination de deux nouveaux administrateurs. Véronique Thirion et Denis Van Eeckhout. La première est associée au cabinet d'audit et de conseil Advolis-Orfis après avoir officié, de 2013 à 2022, comme auditrice générale à l'Autorité belge de la concurrence. Le second a été, entre autres, coordinateur et responsable climat et environnement à la Représentation permanente belge auprès de l'Union européenne.
En revanche, le vote sur la décharge des administrateurs a rencontré un peu plus d'opposition avec un score de 83,7 %. Reste à voir si les votes contre la décharge émanent d'investisseurs institutionnels qui veulent se réserver le droit d'un éventuel recours contre les administrateurs.
Controverse
Lors de son intervention, Chris Peeters a tendu une perche au gouvernement De Croo et, en particulier, au ministre de l'Économie, Pierre-Yves Dermagne (PS) en rappelant que l'entreprise était toujours dans l'attente de la décision sur la concession pour la distribution de journaux, qui doit normalement tomber avant fin 2023. "Au plus vite, on sera fixé, au mieux ce sera", a-t-il dit. La présidente du conseil d'administration, Audrey Hanard, a, elle, souligné que les dossiers litigieux "ne sont pas complètement clos mais l'examen de conformité a été fait. Il est temps d'aller de l'avant".
Pour ce qui est de la rémunération de Chris Peeters, rappelons qu'elle avait suscité la controverse, dans la mesure où elle est en forte hausse par rapport à ce qu'ont perçu ses prédécesseurs.
Chris Peeters a touché une prime à la signature du contrat de 250 000 euros. Une telle prime est désormais prévue dans la politique de rémunération de bpost : son conseil d'administration pourra, "dans des circonstances exceptionnelles", octroyer un bonus à la signature pour recruter en externe un CEO ou un membre du comité de direction. Son montant n'est pas spécifié.
Le salaire de base de Chris Peeters, est lui, fixé à 585 000 euros. S'y ajoutent des incitants variables à court et long terme liés à des critères de durabilité (valant 30 % de l'évaluation), de gouvernance (20 %) et de rentabilité (50 %). Si les résultats dépassent les attentes fixées sur trois ans consécutifs, la rémunération du CEO pourrait atteindre jusqu'à 1,7 million d'euros.
