"C'est du service augmenté" : comment MyData-TRUST mêle IA et protection des données
La société pourrait recevoir le titre de "Scale-up de l'année 2023" lundi prochain.
- Publié le 30-11-2023 à 14h24
- Mis à jour le 30-11-2023 à 14h57

L'entreprise montoise MyData-TRUST fait partie des quatre nominés au prix de la "Scale-up de l'année 2023", décerné par le cabinet EY ce lundi 4 décembre. Et pour cause, la société n'est autre que le leader mondial du conseil en protection des données dans le domaine de la santé. Créée en 2017 "avec le timing parfait" – un an après le vote de la loi sur le RGPD en Europe et un an avant sa mise en application – MyDataTRUST endosse pour ses clients les rôles de data protection officer (DPO) et de data protection representative (DPR).
Pour rappel, un DPO est le responsable de la protection des données au sein d'une entreprise. Il s'occupe de la formation aux normes RGPD, de l'évaluation des risques ou encore du support légal (procédures en interne, mise à jour des contrats…). Le DPR est le responsable de la collecte des données pour les entreprises qui se trouvent physiquement hors de l'Union européenne. "Notre vraie valeur ajoutée, c'est la spécialisation dans la santé, assure Gautier Sobczak, cofondateur et chief business officer de MyData-TRUST. Nous avons plus de 600 clients qui travaillent dans la biotech, la medtech, l'e-santé, les institutions de recherches, la nutrition… Le fait d'être à la fois experts dans ces catégories et en protection des données fait la différence."
Globaliser l'offre
MyData-TRUST conseille plusieurs grands groupes comme MSD, AbbVie ou Danone, mais réalise 90 % de son chiffre d'affaires auprès des petites et moyennes entreprises qui n'ont pas forcément les ressources nécessaires pour désigner un DPO en interne. Ses concurrents principaux sont des conseillers en protection des données généralistes et depuis quelques mois, deux plus petites entreprises française et britannique qui misent également sur l'axe santé.
Avec ses 140 collaborateurs à Mons, Paris, Londres, Cluj-Napoca (Roumanie), San Francisco et Mexico City, MyData-TRUST a pour stratégie principale de globaliser son offre de services. "Le RGPD européen a été le moteur à la création de réglementations dans les autres pays : Suisse (FADP), Royaume-Uni (UK GDPR), Canada (PIPEDA), Brésil (LGPD), Australie (APA), Thaïlande (PDPA), États-Unis (un règlement différent par État)…, énumère Gautier Sobczak. Notre stratégie est de transposer la méthodologie que nous appliquons au RGPD aux autres réglementations internationales pour gérer la data privacy des données de santé à l'échelle mondiale. Nous avons 15 juristes qui assurent une veille au niveau des changements réguliers et amendements dans les différentes législations."
De l'IA pour du "service augmenté"
À ce jour, la scale-up est devenue leader mondial de la protection des données de santé avec une douzaine de réglementations couvertes, notamment parce que la plupart de ses concurrents directs gèrent uniquement le RGPD. Le but est de gérer l'ensemble du programme de data privacy en santé pour des entreprises qui collectent des données partout dans le monde. Chine, Corée, Afrique du Sud sont les prochaines cibles.
En outre, MyData-TRUST a décidé d'investir massivement dans la technologie pour gagner en efficacité. Plus de 2 millions d'euros ont été dépensés depuis deux ans pour développer une plateforme basée sur l'intelligence artificielle générative. Basée sur un contrôle humain, cette "Data Protection Canvas" permet d'automatiser au maximum les tâches des DPO. "C'est du service augmenté, met en avant Gautier Sobczak. Aujourd'hui, un DPO chez MyData-TRUST gère environ 12 clients. Le but est de passer de 20 à 25 clients par collaborateur fin 2024."
La société, qui s'est développée en croissance organique uniquement, compte le fonds parisien TechLife Capital parmi ses actionnaires depuis 2021. Elle devrait générer 13 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2023. L'objectif 2024 est de +30 %, et en 2028, d'atteindre entre 45 et 50 millions d'euros.
