Le "giga-casting", une idée "révolutionnaire" qui pourrait coûter cher à Tesla & Co ?
Le mode de production simplifié via des "giga presses" pourrait montrer ses limites.

- Publié le 09-01-2024 à 11h28
- Mis à jour le 09-01-2024 à 12h01

Tesla a bousculé les codes. Inutile de le répéter. Dès son lancement par Martin Eberhard et Marc Tarpenning et en particulier depuis l'arrivée d'Elon Musk (qui a pris la direction en 2008), l'entreprise a misé sur une simplification des processus de production automobile.
Parmi les idées "révolutionnaires" du producteur de voitures électriques, il y a ce qu'on appelle le "giga-casting". Ou production via une "giga presse". En clair, mouler des pièces de grande taille, en un seul tenant. De quoi réduire les petites opérations d'assemblages. Une technique qui a inspiré de nombreux constructeurs, tels que Toyota, Mercedes, Huyndai, comme le mentionne le journal Les Echos dans une enquête publiée ce mardi, ou encore Renault, qui se montre tout de même plus prudent.

Néanmoins, ce processus pourrait coûter cher aux constructeurs automobiles de véhicules thermiques ou électriques qui y ont recours, en particulier lors de production importante. Tesla, pour rappel, a une production bien inférieure aux géants de l'automobile plus classiques pour le moment.
"L'adoption du giga casting permettra une intégration significative des composants, ce qui contribuera à la réduction des coûts de développement des véhicules et des investissements dans les usines", indiquait Toyota à Reuters l'année dernière.
"C'est un système très coûteux mais qui peut s'avérer parfaitement rentable lorsque la marque n'a pas un catalogue trop développé […]. Sur le papier, le recours aux méga pièces pour remplacer les petits éléments semble donc tout à fait bénéfique pour les constructeurs […]. Mais quelques acteurs commencent à se questionner sur le réel impact de ces machines de moulage haute pression", précisait quant à lui le média spécialisé "Décision Atelier" en octobre dernier, qui mettait en garde contre les effets pervers.
De plus, cette technique peut être intéressante pour une entreprise partie de "zéro", comme Tesla, où les usines n'existaient pas il y a encore quelques années. Là où les constructeurs plus anciens doivent changer totalement leurs lignes de production en cas de recours à cette solution. Ce qui représente un coût énorme. De plus, cela réduit le potentiel de réparation des pièces des véhicules. Ce qui réduit la marge de manœuvre pour les consommateurs ainsi que le marché des pièces de rechange des constructeurs eux-mêmes. De quoi se tirer une balle dans le pied.
Une giga presse Tesla
Résumons les différents avantages et inconvénients théoriques.
Côté positif :
- Moins de pièces
- Allègement des voitures et amélioration de la rigidité
- Production simplifiée
- Moins de déchets de production
Côté négatif :
- Équipements très coûteux (entre 6 et 20 millions d'euros par machine de "presse", selon Les Echos)
- Adaptation potentiellement limitée de la conception des véhicules
- Réparations complexes et quasi-absence de marché des pièces de rechange, et dépendance totale aux constructeurs et fournisseurs
- Transport des pièces plus compliqué
Alors Tesla, précurseur dans ce domaine, aura peut-être trouvé une solution pour se lancer rapidement. Mais une production plus importante pourrait lui forcer à revoir son modèle.
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