Bientôt fini les chaudières à mazout: voici les alternatives pour vous chauffer
Dans un an, on ne pourra plus installer de chaudière au mazout dans une maison neuve. Ni remplacer une ancienne installation dès le 1er janvier 2026. Quelles sont les alternatives ?
- Publié le 04-02-2024 à 08h14
- Mis à jour le 05-02-2024 à 11h27

L'urgence climatique est là depuis longtemps, le nier serait totalement irresponsable. Pour y répondre, différents plans impactant notre quotidien ont été établis à l'échelle européenne. Premier gros cap important: 2030 avec l'obligation d'une diminution de gaz à effet de serre de 55% par rapport à 1990. Vingt ans plus tard, ce sera la neutralité carbone qui sera demandée. En résumé: il devra y avoir à ce moment-là un équilibre entre les émissions de carbone et l'absorption du carbone de l'atmosphère par les puits de carbone.
Après une palette de mesures plutôt incitatives visant l'isolation des bâtiments, l'adoption de techniques d'énergies renouvelables comme la pose de panneaux photovoltaïques ou le passage aux véhicules électriques, une phase plus "coercitive" arrive, à laquelle il est donc urgent de prêter attention.
Deux dates importantes à retenir
"Deux dates à retenir: le 1er mars 2025 et le 1er janvier 2026", commence par nous expliquer Boris Defays, cogérant du Bureau d'études BE-Energie et expert énergétique collaborant avec la Région Wallonne sur les thématiques de la PEB (Performance Énergétique des Bâtiments). "À partir du 1er mars, il ne sera plus possible d'installer dans une nouvelle construction un appareil de chauffage fonctionnant au mazout ou au charbon. Pour les bâtiments existants, en cas de remplacement d'une ancienne installation, l'interdiction sera effective le 1er janvier 2026. Pour ce qui est des installations au gaz, on va vers le même processus, mais il n'est pas encore daté…"
Si l'on y songe bien, c'est énorme. "Clairement constate notre interlocuteur. Surtout lorsque l'on apprend qu'il existe encore quelque 700 000 chaudières au mazout en Wallonie pour le moment ! Comme on n'a clairement pas le choix – il s'agit d'une obligation désormais et puis il n'y aura plus d'énergie fossile disponible à l'horizon 2050 -, autant anticiper et poser des choix intelligents maintenant…"
Prenez conseil auprès d'un expert énergétique
L'idée est donc, pour ceux qui ne l'ont pas encore fait, de très vite plancher sur le choix à poser. Que mettre chez soi pour remplacer l'ancienne chaudière à mazout, étant entendu (voir ci-dessous) qu'il existe des primes de la Région Wallonne si vous procédez à son remplacement avant une certaine date ?
"Pensez également, voire surtout, aux primes à l'isolation qui existent toujours", termine Boris Defays avant de nous détailler en détail les avantages et inconvénients des solutions existantes (voir ci-contre).
"L'énergie qu'on ne consomme pas est en effet la plus vertueuse et la moins chère. Lorsque l'on sait qu'environ 40% des 1 800 000 logements en Wallonie n'ont pas d'isolation en toiture, on se dit qu'il y a encore du boulot à ce niveau-là. N'hésitez donc pas à faire un audit énergétique et à vous faire conseiller pour l'avenir à préparer. Chaque cas est différent et un avis éclairé pourra vous faire économiser de l'argent, à court comme à long terme…"
1.La pompe à chaleur

Les plus:
– Favorable pour votre certificat PEB.
– Fonctionne à l'énergie électrique, potentiellement verte.
– On peut la coupler à un système existant.
– Peut fonctionner avec l'énergie autoproduite (surplus de la production de vos panneaux par exemple).
Les moins:
– Chère au kilowatt.
– Chère à l'achat (minimum 10 000 euros en rénovation).
– Le bruit, qui peut être dérangeant lorsque vous êtes dans votre jardin.
– Nécessite de pouvoir travailler en basse température (chauffage sol ou grands radiateurs).
2.Le Gaz

Les plus:
– Le moins cher sur le marché.
– Il a fait ses preuves, qu'il s'agisse du gaz de ville ou du gaz propane.
– L'émission en particules est moindre, important point de vue pollution de l'air.
Les moins:
– Tôt ou tard, les systèmes de chauffage au gaz vont suivre le même chemin que les chaudières au mazout.
– Le gaz de ville n'est pas disponible partout, comme son nom l'indique.
– Pour ce qui est du propane, vous devez pouvoir mettre une citerne chez vous. Raté si vous n'avez pas de jardin.
3. Chaudière biomasse (pellets)
3.Chaudière biomasse (pellets)

Les plus:
– Le bois (pellets, bûches, plaquettes) est une ressource abondante en Belgique.
– Il s'agit d'une énergie "propre" et neutre en CO2.
– Ne nécessite pas de gros changements dans vos raccordements (plomberie).
– Les variations de prix du combustible sont moins importantes que pour d'autres énergies.
Les moins:
– Le prix d'achat. Clairement le système le plus cher.
– Il y a plus de maintenance, plus d'entretiens (jusqu'à quatre fois l'an). Et il faut ramoner davantage sa cheminée.
– Le stockage de la matière première.
4.Electricité

Les plus:
– Le coût d'achat.
– Très flexible, car votre point de chaleur peut être aussi transportable.
– C'est un bon chauffage d'appoint, qui permet par exemple de ne chauffer qu'une pièce, genre salle de bains, rapidement.
Les moins:
– Très cher à l'exploitation quand le prix du kilowatt est élevé. Cela peut être compensé en partie par l'auto-production (photovoltaïque).
– Très pénalisant lors de l'élaboration du PEB.
– Certains n'apprécient pas ce genre de chaleur.
– Il est vraiment indispensable que la maison soit parfaitement isolée.
5. Poêle à bois/pellets
5.Poêle à bois/pellets

Les plus:
– L'indépendance énergétique est grande, vu que la Belgique produit beaucoup la matière première (bois).
– Peut être utilisé pour faire chauffer l'eau des sanitaires, moyennant travaux supplémentaires.
– Côté cosy avec bonne chaleur et belle ambiance.
Les moins:
– Avec un poêle à bois (bûches), impossible de programmer le processus pour se lever au chaud.
– Le stockage des bûches et/ou des pellets.
– Pas mal de manutention (stockage des bûches, nettoyages des vitres du poêle, vidage des bacs à cendres,…)
6.Chauffe-eau solaire

Les plus:
– Aucune émission de gaz à effet de serre.
Les moins:
-Tout le monde n'a pas un toit disponible pour la pose de capteurs (panneaux thermiques). Et s'il existe, il n'a peut-être pas l'orientation qui convient.
– Doit être couplé avec un autre système (pompe à chaleur, électricité…) pour assurer une eau à température adéquate de manière permanente.
– Ne sert généralement que pour l'eau chaude des sanitaires.
– L'intégration dans les installations techniques et la régulation nécessitent un expert.