L'orthopédiste Tecfit a triplé son chiffre d'affaire en quatre ans
Libre Eco week-end | La start-up a déjà accompagné pas moins de 1 500 patients. Et vient de s'illustrer aux Paralympiques.

- Publié le 20-09-2024 à 08h16

Basée à Trooz, entre Liège et Verviers, la start-up Tecfit, lancée en 2018, s'est déjà forgé une belle réputation dans le monde de l'orthopédie, notamment dans la production d'orthèses et de prothèses sur mesure.
"L'origine de la start-up remonte à 8 ans lors d'une rencontre avec un orthopédiste indépendant, Serge Devreese, alors en fin de carrière et au moment où je suivais moi-même un cursus en orthopédie", raconte Tom Fischer, ingénieur industriel de formation. Après avoir travaillé ensemble pendant deux ans, l'idée d'une reprise de l'activité orthopédique par le plus jeune des deux hommes s'impose comme une évidence en vue de faire perdurer et valoriser un savoir-faire acquis au cours des années. Tecfit est reprise par Tom Fischer en 2020. Fanny Mossoux, son épouse, rejoint l'aventure l'année suivante et prend en charge la gestion administrative, les finances et les ressources humaines.
"Nous avons pris le parti d'être des spécialistes dans deux domaines pointus de l'orthopédie plutôt que de vouloir brasser l'ensemble de la gamme des services possibles dans ce domaine (appareils pédiatriques, lits médicalisés, chaises roulantes, chaussures orthopédiques…). Nous sommes ainsi actifs sur le terrain de la revalidation neurologique qui est notre domaine historique et dans lequel notre savoir-faire est reconnu dans l'accompagnement des patients qui ont des problèmes liés au système nerveux, des maladies dégénératives ou qui doivent suivre des traitements post-AVC. Et dans les prothèses pour les patients actifs, voire sportifs…", ajoute encore notre interlocuteur.
Tecfit, dont le chiffre d'affaires a triplé depuis 2020, a déjà accompagné pas moins de 1 500 patients.
Société à impact
Aujourd'hui, Tecfit dont le chiffre d'affaires – supérieur à un million d'euros – a triplé depuis la reprise de la société, emploie 8 équivalents temps plein, dont 4 orthopédistes, et a déjà accompagné pas moins de 1500 patients, certains de façon récurrente pour des maladies dégénératives, d'autres plus ponctuellement. La rentabilité a rapidement été au rendez-vous. Il faut dire que la société s'est développée sur des bases financières saines, en misant sur l'autofinancement et un plan de reprise basé sur 10 ans entre Serge Devreese et Tecfit. "Nous n'avons pas fait appel à des investisseurs externes. On est donc parti d'une feuille blanche en décollant petit à petit", explique encore Tom Fischer. La Sowalfin est, elle, intervenue pour l'acquisition du bâtiment où Tecfit déploie ses activités. "Notre ambition est de faire de Tecfit une société à impact et d'avoir un maximum d'autonomie et d'indépendance dans le développement de nos activités. Nous voulons faire de l'activité orthopédique à taille humaine, proposer des services personnalisés et mettre le patient au cœur de notre projet", insiste Tom Fischer.

"Des solutions différentes et personnalisées"
La croissance de ses activités, Tecfit, actif essentiellement dans l'est de la Wallonie, le doit au bouche-à-oreille mais aussi à sa présence dans les centres de revalidation où Tecfit évolue de manière autonome mais où l'entreprise est reconnue pour son savoir-faire.
À Trooz, le bâtiment est divisé en deux. Une partie administrative accueille les patients comme ils le seraient dans une clinique. Et puis à l'arrière, une zone permet la fabrication des appareillages – orthèses et prothèses – sur mesure. Lorsque certaines opérations nécessitent de l'usinage ou de la découpe laser, Tecfit fait appel à des partenaires locaux, situés dans un rayon de 20 kilomètres. "Nous voulons nous distinguer de la concurrence en proposant des solutions différentes et personnalisées. L'orthopédie est un métier où il est aisé de se fournir dans des catalogues mais ce sont souvent des produits standards", ajoute encore Tom Fischer.
Un métier qui est évidemment de plus en plus technologique, avec l'arrivée des technologies embarquées – pour les genoux et les chevilles électroniques notamment – et de nouveaux composants (titane, aluminium de haute qualité utilisé dans l'aviation, nouveaux matériaux composites…) de plus en plus performants et légers. "Historiquement, l'orthopédie est plutôt un métier issu de l'artisanat où on pourrait se considérer comme un cordonnier très évolué. Mais les technologies et les solutions informatisées percent sur le marché, offrant des perspectives nouvelles et permettant d'avoir une autre vue sur le patient. Notre but est de rester à la page des dernières innovations", conclut notre interlocuteur.
La start-up s'est notamment illustrée lors des derniers Paralympiques à Paris. Elle a travaillé entre autres avec Maxime Hordies sur ses gants adaptés et repose-pieds aérodynamiques pour le contre-la-montre de paracyclisme. Avec au bout de la collaboration, une belle médaille d'argent.