AirGen ou le rêve américain de trois gamins de 20 ans passionnés d'intelligence artificielle
Maxime Schifflers, Cyril Thielemans et Guillaume Schupp ont passé un mois dans la Silicon Valley pour tester leur projet auprès d'entrepreneurs et d'investisseurs. AirGen ambitionne de venir en aide, grâce à l'IA, aux services commerciaux des entreprises.

- Publié le 07-02-2025 à 08h07
- Mis à jour le 07-02-2025 à 11h48

Il est assez rare de croiser la route de trois "gamins" qui, d'entrée de discussion, vous annoncent qu'ils veulent "révolutionner la manière dont les entreprises travaillent" et faire de leur start-up "la prochaine licorne belge".
Maxime Schifflers, Cyril Thielemans et Guillaume Schupp ont tous les trois 20 ans. Un âge où, généralement, on fréquente encore les auditoires et les soirées étudiantes. Si Guillaume, qualifié de "petit génie" de la bande, poursuit des études d'ingénieur en électromécanique à l'UCLouvain, ses deux potes ont levé le pied. "Je connais Guillaume depuis l'école secondaire, raconte Cyril. On a rencontré Maxime dans une salle de sport à Waremme, il y a trois quatre ans. On avait tous les trois la même envie d'entreprendre et de créer un business". Maxime avait entamé des études d'ingénieur de gestion à HEC, à Liège. "Mais j'ai trouvé ça peu intéressant. J'avais envie de me confronter au monde réel".
L'attrait de la Silicon Valley
En 2023, le jeune trio crée l'agence Meridiem. Surfant sur la nouvelle vague des intelligences artificielles génératives, l'objectif est de "maximiser l'efficacité, l'innovation et la croissance des entreprises avec des solutions IA sur mesure". Un de leurs premiers projets va leur donner un énorme coup de projecteur. En vue des élections de juin 2024, l'agence entre en contact avec le MR et propose au parti de Georges-Louis Bouchez de créer un agent conversationnel. Il y a un an, les trois jeunes entrepreneurs dévoilaient "Victor", le nom donné au chatbot, devant 1 500 militants.
"Vu notre passion pour la tech et l'IA, on savait qu'on irait, un jour ou l'autre, dans la Silicon Valley. Si on prend les 50 plus grosses boîtes d'IA, 35 se trouvent là-bas. On voulait comprendre pourquoi."
Le trio se rend assez vite compte qu'il consacre beaucoup de temps au suivi administratif des clients de Meridiem : rédaction des e-mails de relance, mise à jour du CRM (logiciel de gestion de la relation client), planification des rendez-vous… Les commerciaux passeraient ainsi près de 40 % de leur temps à ces tâches chronophages et répétitives, mais indispensables pour le bon fonctionnement de toute entreprise. C'est en creusant cette problématique – "on a rencontré près de 100 entrepreneurs et commerciaux pour comprendre leurs besoins" – que le projet AirGen a pris forme.
À l'automne 2024, convaincus qu'ils ont identifié la bonne problématique pour faire d'AirGen une future "licorne" (société non cotée dont la valorisation atteint 1 milliard d'euros ou de dollars), Maxime, Cyril et Guillaume mettent le cap sur San Francisco et la Silicon Valley. "Vu notre passion pour la tech et l'IA, on savait qu'on irait, un jour ou l'autre, dans la Silicon Valley, explique Maxime Schifflers. Si on prend les 50 plus grosses boîtes d'IA, 35 se trouvent là-bas. On voulait comprendre pourquoi". Durant un mois (du 15 octobre au 15 novembre), ils ont multiplié les rencontres avec des fondateurs de start-up, des investisseurs, des entrepreneurs…. "On s'est pris quelques claques, mais on a surtout appris plein de choses".

La nouvelle révolution ? Les IA agentiques !
De leur séjour dans la Silicon Valley, ils reviennent surtout confortés dans l'idée que l'avenir réside dans les agents d'IA. Ces agents, que certains qualifient de "collaborateurs autonomes", sont conçus pour imiter des actions humaines répétitives et agir de manière proactive pour atteindre un but donné. AirGen entre dans cette catégorie des IA agentiques en se focalisant sur les services commerciaux des entreprises. AirGen se connecte aux CRM, calendriers et boîtes mail pour automatiser les processus administratifs et libérer les équipes commerciales, "ce qui améliore à la fois leur productivité et leur chiffre d'affaires".
À l'avenir, les entreprises feront appel à des "armées" (sic) constituées d'agents d'IA spécialisés, prédisent les trois fondateurs d'AirGen. "Nous avons décidé de commencer par les commerciaux, mais ce n'est qu'une première étape. Notre ambition est d'automatiser les tâches au sein d'autres départements des entreprises". La start-up cible en priorité le marché américain. "Technologiquement, ils sont en avance sur nous et les entreprises sont plus ouvertes aux agents d'IA", soutient Maxime Schifflers.
Une première levée de fonds est actuellement en discussion avec une société belge active dans le numérique. Toutefois, afin d'accélérer le lancement d'AirGen et de susciter l'intérêt d'investisseurs américains pour de prochaines levées, la start-up a été créée dans l'État américain du Delaware (réputé pour ses facilités administratives et l'attractivité de sa fiscalité).