Privatiser Belfius ? Le cas Ethias pourrait compliquer la donne…
Dans la déclaration gouvernementale, une privatisation du bancassureur n'est pas formulée explicitement. Ce qui est étonnant vu l'arrivée de la N-VA. Mais qui pourrait s'expliquer par un autre dossier épineux, celui d'Ethias.

- Publié le 08-02-2025 à 14h23
- Mis à jour le 08-02-2025 à 14h37

On le sait, le gouvernement De Wever va devoir trouver de l'argent. Et la privatisation de Belfius, détenue à 100 % par l'État belge, pourrait lui rapporter gros, le bancassureur étant valorisé autour des 8-9 milliards d'euros, soit environ 8-9 fois les bénéfices.
Personne ne nie que les dirigeants qui se sont succédé depuis la nationalisation de Dexia Banque devenue Belfius ont fait du bon boulot. Même si la concurrence apporte un bémol en estimant qu'ils ont pu bénéficier d'un actionnariat public moins exigeant en termes de distribution de dividendes. Ce qu'ils voient comme un avantage, voire une forme de concurrence déloyale.
Dans la déclaration gouvernementale, une privatisation du bancassureur n'est pas formulée explicitement. Selon une source proche du gouvernement De Wever, l'idée rencontre "un certain consensus" mais "il n'y a aucun plan détaillé."
On se souviendra qu'un projet de mise en Bourse avait été lancé sous le gouvernement Michel avec le N-VA Johan Van Overtveldt comme ministre des Finances. Minutieusement préparé par des banques d'affaires, elle avait échoué en grande partie en raison de la difficulté de trouver un accord avec les coopérateurs d'Arco (un des actionnaires de contrôle de Dexia), qui réclamaient une compensation financière.
Une entrée en Bourse d'une telle ampleur prend du temps à préparer et signifie aussi beaucoup de contraintes. Il se dit qu'au sein de l'institution dirigée par Marc Raisière, "ce ne serait pas nécessairement la voie préférée." Rien n'empêche en effet à l'État fédéral de vendre une partie du capital à un acteur du secteur sans passer par la case Bourse.
Nombreuses convoitises
Mais il y aura un obstacle de taille à franchir avant la mise en vente de Belfius. En effet, le gouvernement fédéral devra sans doute d'abord décider ce que qu'il fera de sa participation dans Ethias dont il est actionnaire (via la SFPIM) à côté des Régions flamande et wallonne, chacun détenant près d'un tiers du capital. À l'image de Belfius, l'assureur dirigé par Philippe Lallemand, étiqueté PS pour, notamment, avoir dirigé l'Institut Émile Vandervelde, a réussi à montrer qu'avoir un actionnaire public n'était pas incompatible avec une gestion saine. La valorisation de la société tourne aujourd'hui autour des 2 milliards.
Gouvernement Dolimont
Et vu ses bonnes performances, Ethias fait l'objet de nombreuses convoitises, notamment de KBC et P&V. Or, dans sa déclaration de politique générale, le gouvernement wallon présidé par le MR Adrien Dolimont avait exprimé son intention "d'étudier une fusion entre Belfius et Ethias." Ce qui avait fait sursauter pas mal d'acteurs du secteur financier. Il se raconte que Johan Thijs, le CEO de KBC, aurait même fait comprendre à Bart De Wever qu'il n'accepterait pas qu'on avantage Belfius en lui offrant Ethias sans faire au préalable un appel d'offres. Compliqué tout ça… De l'avis de plusieurs experts, il sera impossible de régler ces deux dossiers pendant cette législature.
