John Elkaan, président de Stellantis : "2024 est une année dont nous ne sommes pas fiers"
Les résultats de Stellantis sont en berne. L'acteur Harrison Ford donne toutefois un peu de baume au cœur à la marque Jeep.

- Publié le 26-02-2025 à 17h00

Un chiffre d'affaires en baisse de 17 % à 156,9 milliards d'euros, un bénéfice en chute libre de 70 % à 5,5 milliards d'euros et une marge opérationnelle qui s'écrase à 5,5 % contre 12,8 % en 2023 du temps de la splendeur de Carlos Tavares : les résultats 2024 reflètent bien les difficultés rencontrées l'année dernière par le groupe Stellantis. "C'est une année dont nous ne sommes pas fiers", a même affirmé le président de Stellantis, John Elkann, aux commandes opérationnelles du groupe dans l'attente de la nomination d'un nouveau directeur général.
Carlos Tavares avait reconnu ne pas avoir été assez attentif à la situation américaine, qui avait lourdement plombé sa position à la tête de l'alliance. Des prix peu adaptés au marché et un système de rémunération du réseau chamboulé avaient entraîné une hausse importante des stocks et de véhicules invendus. Stellantis avait dû fortement diminuer le prix de ses Chrysler, Dodge, Ram et autres Jeep tout en ralentissant sa production nord-américaine afin de réguler ses stocks. Le chiffre d'affaires a dès lors baissé de 27 % à 63 milliards d'euros. "La réduction des stocks des concessionnaires américains est au-delà des objectifs", a souligné Stellantis. Première mission accomplie.
En Europe, le chiffre d'affaires a cette fois baissé de 11 % à 59 milliards d'euros. Le groupe a été à la fois pénalisé par un moindre intérêt des consommateurs pour les voitures électriques et par les problèmes à répétition (moteur puretech, AdBlue, airbags Takata) qui n'ont guère offert une image favorable aux marques comme Peugeot et Citroën.
Démineurs dans le réseau
John Elkaan se veut toutefois optimiste pour 2025 : "Nous restons déterminés à gagner des parts de marché". Les affaires semblent avoir repris, à tout le moins en janvier. "Nous commençons à vendre plus de voitures", que ce soit aux États-Unis ou en Europe, notamment en Italie et en France qui enregistrent de beaux progrès. John Elkaan, aux États-Unis, et Jean-Philippe Imparato, en Europe, ont aussi joué aux démineurs auprès des concessionnaires qui n'en pouvaient plus des méthodes de Carlos Tavares. Une collaboration accrue doit accélérer la croissance.
Ce rebond, entamé au dernier trimestre 2024, s'explique par la commercialisation de vingt nouveaux modèles l'an dernier, qui vont désormais pouvoir atteindre leur vitesse de croisière. Dix modèles supplémentaires sont également attendus en 2025, de quoi offrir un portefeuille élargi de voitures. "Les clients sont libres de choisir", a encore souligné John Elkaan, comme le fait d'ailleurs dans un spot publicitaire pour la marque Jeep l'acteur Harrison… Ford. Un spot que Stellantis a diffusé lors de la présentation de ses résultats annuels. "Il a déjà atteint plus de 100 millions de vues", s'est félicité le président de Stellantis, qui doit maintenant mettre la dernière main à la désignation d'un nouveau directeur général parmi de bons candidats internes et externes. "Le processus devrait être finalisé au premier semestre".

