Le difficile exercice du CEO de bpost face à la chute de 24% de l'action
Lors de la présentation des résultats 2024 qui ont fait chuter le cours, Chris Peeters a cherché à donner des perspectives encourageantes pour l'avenir.

- Publié le 28-02-2025 à 15h52
- Mis à jour le 28-02-2025 à 16h24

Chris Peeters, le CEO de bpost, s'est livré à un exercice difficile ce vendredi. Lors de la présentation des résultats 2024 dans le rouge, qui ont fait chuter le cours de Bourse de 24 %, il a en effet tenté de donner des perspectives quelque peu encourageantes pour l'année 2025. "On fera tout pour que bpost soit une entreprise de croissance", a-t-il affirmé d'emblée. Répétant à plusieurs reprises que l'acquisition en août dernier du groupe de logistique français Staci s'intégrait "parfaitement dans la stratégie de croissance".
Entré en fonction en novembre 2023, le patron de bpost a découvert "très rapidement" qu'il dirigeait une entreprise avec "une énorme capacité mais qui était aussi confrontée à des situations de crise", notamment aux États-Unis où la filiale Radial, spécialisée dans l'e-commerce, a perdu plusieurs gros clients l'année dernière. Ce qui a eu un impact important sur le chiffre d'affaires, et explique une réduction de valeur de 300 millions d'euros. De quoi faire plonger le résultat net dans le rouge à -209,2 millions d'euros.
Mouvement de grève
En Belgique, la distribution de courrier continue à perdre du terrain (-7 à 9 % en volume) et sa baisse n'est pas totalement compensée par la progression de la distribution de colis (+6,9 %).
Les résultats de 2024 ne reflètent évidemment pas l'impact du mouvement de grève de ces dernières semaines "Le retard dans la distribution a été absorbé. Mais nous n'avons pas encore de visibilité sur les clients qui sont partis à la concurrence. Certains reviendront en raison de la qualité de notre service, mais peut-être pas tous. Nous pourrons faire une évaluation dans six semaines", a expliqué le CEO.
Sur les discussions toujours en cours avec les syndicats à propos de la réorganisation des tournées des facteurs à l'origine du mouvement de grève, il reste prudent. On sait que les syndicats francophones voudraient que la direction revoie à la baisse le chiffre de 1 100 emplois en moins (par départs naturels) d'ici la fin de l'année sur un total de 26 000 en Belgique. Un chiffre non négociable ? "J'ai peu de marge de manœuvre. Si on ne le fait pas, je mets en péril la transformation de l'entreprise sans plan social", a-t-il averti. Et de rappeler que le résultat opérationnel en Belgique (également plombé par la perte de la concession pour la distribution de journaux) est "en chute libre" (-25 %, NdlR). Le seul moyen de redresser la situation réside dans la réorganisation. Bpost est en compétition avec d'autres acteurs dont certains ont des niveaux de salaires moins élevés. L'entreprise doit s'adapter à la réalité du marché. J'espère y parvenir sans plan social", a-t-il expliqué.
Une autre annonce qui a contribué à faire chuter le cours de Bourse est la décision du conseil d'administration de ne pas distribuer de dividende.
Les avis des analystes sont sans appel. "Le cours de l'action est déjà dans le marasme et nous ne prévoyons pas que cela change dans un avenir prévisible", souligne Degroof Petercam. Qui souligne notamment le niveau "plus élevé que prévu" de la dette (1,8 milliard), qui a été gonflée essentiellement par l'acquisition "coûteuse" de Staci (à un prix de 1,3 milliard d'euros).
