"Cela me donne des frissons dans le dos": des avocats d'affaires intentent des actions contre les décrets de Donald Trump
Donald Trump a signé de nombreux décrets qui vont à l'encontre des intérêts de certains cabinets d'avocats, dont les affaires pourraient, selon eux, être fortement impactées. Un cas, potentiellement lié au Russiagate, retient particulièrement l'attention.

- Publié le 28-03-2025 à 17h38

L'autoproclamé roi du business et président des États-Unis se met désormais à dos une communauté d'avocats, dont les cabinets réputés en droit des affaires Jenner & Block et WilmerHale, à en croire plusieurs médias américains.
Ces deux cabinets réputés ont intenté une action en justice devant le tribunal fédéral de Washington ce vendredi contre l'administration Trump. Objectif ? Bloquer quelques-uns des très nombreux décrets signés par Donald Trump qui pourraient nuire à leurs affaires.
Il faut savoir que Donald Trump a signé des décrets allant à l'encontre de l'activité de ces cabinets, estimant qu'ils instrumentalisent la justice ou représentent des menaces pour la sécurité nationale. Ils ont par exemple retiré certaines habilitations permettant l'accès aux bâtiments fédéraux et ont appelé les fonctionnaires fédéraux à ne plus collaborer avec eux, comme le révèle le New York Times ce vendredi.
"Aujourd'hui, Jenner & Block a déposé une plainte pour stopper un décret présidentiel inconstitutionnel qui a déjà été jugé illégal par une cour fédérale. Nous pensons obtenir rapidement gain de cause", a ainsi communiqué Jenner & Block.
D'autres plient l'échine
Il y a quelques jours, le cabinet Paul Weiss, qui s'était également soulevé contre les décisions de Trump, a finalement obtenu un accord avec ce dernier. En échange d'un engagement de la part du cabinet à représenter des clients "sans considération politique" et en garantissant 40 millions de dollars à des services juridiques octroyés gratuitement à des causes défendues par Donald Trump, ce dernier a annulé l'un des décrets allant à l'encontre des activités du cabinet.
"Cet accord a été largement critiqué, le cabinet — composé de nombreux démocrates opposés à Trump — étant perçu comme s'étant plié à la volonté présidentielle pour protéger ses intérêts financiers", peut-on lire dans le New York Times.
L'un des cabinets se serait "plié à la volonté présidentielle pour protéger ses intérêts financiers."
Le cabinet précise que 40 % de son chiffre d'affaires provient de contrats gouvernementaux ou de sous-traitants affiliés.
Un cas étrange et potentiel lien avec le Russiagate
C'est jeudi dernier que Donald Trump a justement émis un décret contre le cabinet WilmerHale. Mais pour rappel, Robert Mueller, ancien directeur du FBI, a travaillé avec le cabinet il y a une dizaine d'années. Et ce même Robert Mueller était le procureur spécial à la base du Russiagate, l'enquête menée pour sonder les collusions potentielles entre Donald Trump et la Russie lors de sa première campagne présidentielle en 2016.
"Pourquoi les liens d'Hillary Clinton avec la Russie ne font pas l'objet d'un examen similaire", avait tweeté par le passé Donald Trump pour se défendre.
Quoi qu'il en soit, plusieurs voix s'élèvent actuellement contre ces décrets qui menacent la profession. "Cela me donne des frissons dans le dos", a même affirmé un juge auprès du New York Times à propos de l'un des décrets controversés.
