Bruno Venanzi dévoile son nouveau business : "Il y a les Big Four, maintenant il y a Next5 !"
Le cofondateur de Lampiris et ex-propriétaire du Standard est à la tête d'un réseau de 24 experts, aux profils très complémentaires, dont le métier est de venir en aide au monde des PME belges. Rencontre avec Bruno Venanzi et deux de ses associés.

- Publié le 17-04-2025 à 08h51

Bruno Venanzi nous avait déjà démontré qu'il y avait une vie après Lampiris, la "success story" que l'entrepreneur liégeois avait créée en 2003 avec Bruno Vanderschueren et que le duo avait cédée, treize ans plus tard, au géant français TotalEnergies pour une somme approchant les 200 millions d'euros.
Le même Bruno Venanzi, 54 ans, est en train de démontrer qu'il y a aussi une vie après le Standard, dont il a été le propriétaire et président durant près de sept ans.
Depuis la cession du club de football emblématique de la Cité ardente aux Américains de 777 Partners, en avril 2022, Bruno Venanzi s'était fait discret. Et si son nom est réapparu dans le dossier des offres de rachat du Standard, c'est uniquement en tant que conseiller d'un des candidats, le fonds émirati World Gate Investment (dont Paul-José Mpoku, ex-joueur du club principautaire, est le responsable du département football). M.Venanzi, toujours très attaché aux Rouches, a assuré qu'il ne voulait plus investir dans le club.
Sans tambour ni trompette, Bruno Venanzi a ouvert, fin 2023, un nouveau chapitre de son parcours entrepreneurial. Il a reçu La Libre pour dévoiler l'objet de sa nouvelle "boîte", Next5, et les ambitions qu'il poursuit. "Next5 est une aventure que j'ai lancée avec Jérôme Drugeon, un ami d'enfance, et Olivier André, une des connaissances de Jérôme. Assez rapidement, Michael Wuytens nous a rejoints", entame-t-il. Les quatre associés, aux profils très complémentaires (management, marketing, RH et finance), ont au moins trois points en commun : ils ont tous été entrepreneurs, ils sont expérimentés et ils ont une forte envie de partager leur expérience au sein d'un réseau. Derrière Next5, l'idée est non seulement de rassembler différentes expertises, d'échanger des bonnes pratiques, mais aussi d'en faire profiter les PME belges ("véritable moteur de notre économie").
De la consultance autrement
Le projet Next5, articulé autour la personnalité de Bruno Venanzi, a rapidement suscité de l'intérêt dans le monde de l'accompagnement et de la consultance pour les entreprises. "Nous avons été surpris par l'engouement que Next5 a généré dans notre réseau et au-delà, explique Michael Wuytens. Nous avons multiplié les contacts avec des profils très variés. Aujourd'hui, nous sommes 24 associés très complémentaires, partageant nos valeurs et capables de répondre aux principaux défis que les PME doivent relever". Pour intégrer les nouveaux associés, les quatre fondateurs de Next5 ont ouvert le capital de la société.
"Nous ne sommes pas là juste pour boire un verre de temps en temps et discuter. Nous sommes là pour unir nos compétences et bosser au service de clients."
À la question de savoir si Next5 n'est pas, en fin de compte, un bureau de consultance de plus sur un marché déjà très encombré, la réponse de Bruno Venanzi fuse sous le regard amusé de Michael Wuytens et Frédéric Herzeele (l'une des récentes recrues du réseau, actif dans une grande banque belge) : "Il y a les Big Four, maintenant il y a Next5 !". À la différence des Deloitte, KPMG, EY ou PwC, l'entrepreneur liégeois explique que les 24 associés de Next5 n'ont pas besoin de cette activité pour vivre. "Ce n'est pas notre activité principale. Mais nous ne sommes pas là juste pour boire un verre de temps en temps et discuter. Nous sommes là pour unir nos compétences et bosser au service de clients".
La première particularité du réseau Next5 réside dans sa composition. "Nous n'acceptons pas les profils juniors (très présents chez les Big Four, NdlR). Il faut au moins 15 ou 20 années d'expérience dans des fonctions de management, précise Frédéric Herzeele. Avoir connu l'échec est vu comme une plus-value. Il faut aussi avoir une longue expérience de terrain et une approche pragmatique des choses. Enfin, il faut avoir envie de partager ses expériences et ses compétences avec les entreprises que nous accompagnons".
De la start-up à la grosse PME
L'autre particularité réside dans la cible et le mode d'intervention de Next5. La cible est celle des sociétés qui veulent franchir un palier dans leur développement ou qui sont confrontées à une problématique. "Cela peut aller de la start-up à la grosse PME. Récemment, illustre Michael Wuytens, on a accompagné un client qui souhaitait racheter son principal concurrent. Il connaissait très bien le business et le secteur. Par contre, il n'avait jamais été confronté à deux cultures d'entreprise différentes. On l'a donc accompagné dans le processus d'intégration, avec tout un volet de communication interne et externe". Ce sont, typiquement, des compétences que les plus petites entreprises n'ont pas en interne et où un accompagnement de terrain, multidisciplinaire, peut s'avérer précieux. "Nous ne sommes pas là pour balancer des slides qui expliquent comment agir. C'est tout le contraire. Notre approche consiste à nous plonger dans la problématique du client et à apporter une solution avec lui".
"Si j'avais eu un tel comité à disposition dans ma carrière, je pense que j'aurais peut-être évité quelques pièges qui guettent tous les patrons de PME, souvent seuls aux commandes ou entourés de personnes trop dociles."
Si les experts de Next5 privilégient le pragmatisme, la flexibilité et des prestations abordables sur le plan financier, ils proposent, depuis peu, des solutions conçues pour les PME. La première est celle du leadership fractionné (à ne pas confondre avec de l'interim management). Cela consiste à détacher un ou plusieurs membres du réseau pour accompagner, quelques heures ou jours chaque mois, une PME dans des domaines tels que la finance, le marketing, la vente, les ressources humaines, la communication, etc. Seul le domaine de l'IT n'est pas assuré. La deuxième solution est celle de l'advisory board. À côté des conseils d'administration, des comités de direction ou des assemblées générales, l'advisory board est un comité indépendant qui sert de caisse de résonance pour le dirigeant de PME. Next5 met à disposition, périodiquement, 3 ou 4 profils complémentaires au dirigeant pour le challenger sans concessions et surtout en toute indépendance financière ou hiérarchique. "Si j'avais eu un tel comité à disposition dans ma carrière, je pense que j'aurais peut-être évité quelques pièges qui guettent tous les patrons de PME, souvent seuls aux commandes ou entourés de personnes trop dociles", intervient Bruno Venanzi.
Opérationnel depuis un peu plus d'un an, Next5 dit compter, à ce jour, une trentaine de clients. Il s'agit principalement de PME basées en Wallonie et à Bruxelles, auxquelles s'ajoutent deux premiers clients en Flandre. "On ne se donne pas d'objectifs chiffrés en termes de croissance. On ne veut pas rentrer dans cette philosophie", conclut Bruno Venanzi. Et celui-ci d'ajouter, sourire en coin : "On souhaite quand même se faire connaître et grandir"…
