Jean-Jacques Cloquet : "L'aéroport de Charleroi doit continuer à grandir mais en devenant autonome financièrement"
Nouveau patron, permis à renouveler, tensions avec les riverains… : l'aéroport de Charleroi vit un moment clé de son histoire. Pour l'ancien CEO de l'infrastructure wallonne, le privé doit prendre davantage de place.

- Publié le 26-06-2025 à 09h41
- Mis à jour le 26-06-2025 à 23h59

Selon Jean-Jacques Cloquet, l'ancien patron de BSCA, l'aéroport de Gosselies doit continuer à grandir. "Charleroi est victime de son succès et l'infrastructure est trop petite par rapport à la demande. Il faut un nouveau développement, mais en tenant compte des trois aspects : l'économique, le social et l'environnement", explique celui qui est désormais député wallon (Les Engagés). On doit respecter au mieux les riverains".
La question des riverains revient ainsi sur le devant de la scène, alors que l'aéroport doit renouveler son permis d'environnement d'ici le 25 juillet prochain, faute de quoi plus aucun avion ne pourra décoller de Gosselies. Les riverains attaquent l'aéroport sur deux axes : il est néfaste pour la santé et il coûte très cher à la Wallonie, selon eux. "Le gouvernement wallon aime présenter BSCA comme une success story : pure foutaise", s'indigne Luc Hindryckx, membre du comité "Stop aux nuisances". L'aéroport fait perdre beaucoup d'argent à la Wallonie. Il n'aurait jamais été rentable sans l'aide du public".
Une participation publique qui pose question
La participation publique wallonne dans l'infrastructure pose ainsi de plus en plus question à certains. À l'heure où la Région flamande a pris une part importante des actions de l'aéroport concurrent de Zaventem, le sud du pays pourrait prendre le chemin inverse.
Pour M. Cloquet, l'aéroport doit devenir "autonome financièrement". "On doit arrêter peu à peu les subsides, tout en maintenant le financement des fonctions régaliennes, telles la sûreté, comme nous le permet l'Europe."
Quant à l'actionnariat, aujourd'hui majoritairement public, il devrait s'ouvrir à de nouveaux acteurs privés, selon le Carolo. "C'est ce que prévoit l'accord de gouvernement, même si je reste convaincu que la Région doit garder une part significative dans l'aéroport."
