Le président de Stellantis et de Ferrari condamné à un an de travaux d'intérêt général
À la tête du conseil d'administration de Ferrari et Stellantis, John Elkann solde un vieux conflit d'héritage en acceptant une sanction assez inhabituelle.

- Publié le 10-09-2025 à 15h02
- Mis à jour le 10-09-2025 à 15h05

Le président de deux des groupes parmi les plus puissants de l'automobile contraint d'effectuer des travaux d'intérêt général. L'image peut prêter à sourire, mais elle est en tout cas bien réelle. John Elkann, président de Ferrari et Stellantis, a choisi de solder ses comptes avec la justice italienne en acceptant une sanction pour le moins inhabituelle. Un an d'activités sociales à accomplir, en plus d'un chèque de 183 millions d'euros versé avec son frère Lapo et sa sœur Ginevra, selon les informations de Reuters.
À première vue, le litige portait sur l'héritage de leur grand-mère Marella, décédée en 2019. Mais en réalité, ce dossier renvoie à un conflit bien plus ancien, celui de la succession de Gianni Agnelli, le grand-père.
Un héritage non déclaré
Un peu de contexte. Lorsque Gianni Agnelli, le président mythique de Fiat, est mort en 2003, il a laissé une fortune d'1,2 milliard d'euros. Sa fille Margherita, la mère de John, estime avoir été lésée dans les accords qu'elle a signés en 2004. Depuis, elle réclame que ses cinq autres enfants, nés d'un second mariage, soient mieux servis.
Ces querelles ont fini par attirer l'attention du fisc. Selon le parquet de Turin, une partie de l'héritage (près de 800 millions d'euros) n'aurait pas été déclarée. L'an dernier, des avoirs de la famille avaient encore été saisis.
L'accord trouvé met donc fin aux procédures fiscales et pénales, sans équivaloir à une reconnaissance de culpabilité. Mais l'histoire n'est pas totalement finie étant donné que le bras de fer civil engagé par Margherita se poursuit devant les tribunaux.
Mauvais contexte
Si cette partie du chapitre est officiellement close, la situation n'en est pas moins embarrassante pour John Elkann. Car à lui seul, il incarne une partie de l'industrie automobile européenne. À la tête de Stellantis depuis 2021, quatrième constructeur mondial, et de Ferrari (depuis 2018), il dirige deux entreprises aux trajectoires très différentes financièrement parlant.
Stellantis traverse une zone de turbulences depuis l'année dernière, avec des bénéfices en chute libre en 2024 et une perte nette de 2,3 milliards d'euros au premier semestre 2025. Autre signe d'instabilité au sein du groupe : le départ du CEO Carlos Tavares en février dernier, dans un contexte tendu. Ce dernier a été remplacé par l'italien Antonio Filosa.
Ferrari, quant à elle, dont le CEO est Benedetto Vigna, continue de progresser, avec un chiffre d'affaires de 3,578 milliards d'euros, en hausse de 9 % par rapport à l'année dernière.
Si la date du début des travaux d'intérêt général n'a pas encore été annoncée, des informations de Reuters relayées par Capital indiqueraient que John Elkann les effectuera dans un centre pour les personnes âgées ou un centre d'aide aux toxicomanes.
