Renault va-t-il produire pour la défense ? Ce que révèle un document interne
Une lettre adressée aux employés indique que Renault étudie la possibilité de contribuer à des projets de défense.

- Publié le 24-09-2025 à 17h19
- Mis à jour le 24-09-2025 à 18h09

Un document interne de Renault, révélé ce mercredi par Le Parisien, confirme ce que redoutaient une partie des salariés du groupe : le constructeur étudie bien une entrée dans l'industrie de défense.
"Je n'ai pas signé pour fabriquer des armes létales…"
Trois mois après l'annonce d'un rapprochement avec le ministère des Armées (dirigé par l'actuel premier ministre Sébastien Lecornu à l'époque) pour envisager la production de drones de combat, l'idée continue de crisper en interne. "Je n'ai pas signé pour fabriquer des armes létales…", a lancé un technicien de l'entreprise au quotidien français.
L'exemple allemand
La lettre, envoyée à tous les employés de Renault, a initialement pour but de clarifier les choses concernant ce possible changement. Mais d'après Le Parisien, elle montre surtout que tout reste à bâtir. Aucun calendrier, aucun projet arrêté à l'heure actuelle. Officiellement, "rien n'est acté", répète la direction. "Renault Group étudie la possibilité de mettre son savoir-faire industriel au service de projets de défense", y est-il également écrit.
Aucune mention de drones donc, alors que l'État français, premier actionnaire du groupe avec 15,01 % de parts, pousserait dans ce sens.
En tout cas, pour justifier en quelque sorte ce possible virage militaire, Renault avance l'argument que ce ne serait pas le seul groupe à participer à l'effort de guerre.
Du côté de l'Allemagne par exemple, Alstom a cédé une usine à la société franco-allemande KNDS pour assembler des blindés en février dernier. Porsche a également affirmé en août investir dans la défense. Autant d'exemples encouragés par le chancelier allemand Friedrich Merz, qui a promis des centaines de milliards d'euros pour moderniser l'armée.
Cyberattaques en série
En interne, la direction assure qu'il n'est pas question de transformer Renault en champion de l'armement. L'objectif serait plutôt de diversifier ses revenus et de maintenir des emplois industriels en France. Sauf que pour certains employés relayés par le quotidien, cette possible implication poserait des questions de sécurité sur les sites, mais aussi une image potentiellement écornée de l'entreprise par l'association au secteur militaire, selon certains.
Et les conséquences se sont déjà fait sentir sur l'entreprise. À l'annonce, en juin dernier d'un possible virage vers la fabrication de drones, le Parisien rappelle que Renault a été pris pour cible par des "trolls" russes – ces comptes anonymes qui inondent les réseaux de messages hostiles -, tandis que les cyberattaques se sont multipliées.
