Michelin et son plan social contrés par l'inspection du travail : "La survie du groupe n'est pas menacée"
L'inspection du travail français a refusé le licenciement d'un élu syndical de l'usine de Vannes, fermée en septembre dernier. Une décision qui remet en cause le motif économique avancé par Michelin.

- Publié le 01-10-2025 à 13h37
- Mis à jour le 01-10-2025 à 14h27

Les portes des usines de Vannes et de Cholet, en France, sont closes depuis un mois jour pour jour. Chez Michelin, plus de 1 200 emplois ont disparu après l'annonce d'un plan social présenté comme inévitable face à la concurrence asiatique et à la "dégradation de la compétitivité de l'Europe", selon le communiqué de presse de cette annonce datant de novembre 2024.
Mais une décision de l'inspection du travail français vient finalement fissurer ce discours, et donc les plans de licenciement du fabricant de pneus, selon les informations de BFM TV relayées cette semaine.
Un cas qui ouvre une brèche
L'administration vient en effet de refuser de valider les raisons du licenciement d'un élu syndical qui travaillait à l'usine de Vannes.
Dans son avis, l'inspection du travail estime que la survie du groupe n'est pas en jeu et que les comptes, confirmés par l'expertise du comité social et économique, restent largement positifs. Autrement dit, le motif économique invoqué par Michelin n'est pas établi. "Les données économiques du groupe Michelin (...) n'établissent pas que la survie du groupe Michelin est menacée", a indiqué l'inspection du travail dans un document consulté par l'AFP.
L'élu syndical recevra donc de meilleures indemnités, explique le Télégramme, sans préciser pour autant le montant.
Pour Me Fiodor Rilov, qui défend une partie des salariés (dont l'élu syndical en question), ce refus ne concerne pas seulement un cas individuel, il ouvre une brèche. Si le groupe reste rentable, pourquoi des centaines de salariés ont-ils été poussés vers la sortie ?
Des reclassements et départs anticipés
De son côté, la direction du fabricant souligne pour sa part que d'autres départs, notamment ceux d'élus syndicaux partis en retraite ou en préretraite, ont été validés sans contestation.
Le groupe en profite pour rappeler que le plan était déjà en place avant ce cas particulier. Sur les 1 254 postes supprimés, près de 900 ont été concernés par un licenciement, les autres par des reclassements ou des départs anticipés.
Mais le dossier se complique encore lorsqu'on regarde le calendrier des décisions. En septembre, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a confirmé la validation du plan social par la DREETS (Directions régionales de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités), malgré le recours de salariés. Ceux-ci avaient d'ailleurs fait appel de cette décision.
Le refus de l'inspection du travail vient donc contredire, au moins partiellement, la position déjà adoptée par cette autre administration.
En attendant, Michelin a deux mois pour contester la décision de l'inspection du travail. À noter qu'en plus de cet élu syndical, environ 200 travailleurs de l'usine de Vannes se présenteront devant cette juridiction dans le but d'obtenir de meilleures indemnités.
