Les secrets du "puissant" F-35 israélien : "Il faut clouer cet avion au sol"
Le dossier de La Libre Eco | L'armée israélienne utilise depuis plusieurs années le chasseur furtif américain. Mais Tsahal a négocié pour avoir des avions différents des autres.

- Publié le 12-10-2025 à 10h09

C'est sans aucun doute le pays qui a le plus utilisé les F-35 en situation de conflit. En 2018, Israël a été le premier pays au monde à engager ces chasseurs de cinquième génération dans un combat.
Il s'agissait de l'opération House of Cards qui visait la présence militaire iranienne en Syrie. Depuis, Tsahal, l'armée israélienne, qui possède une quarantaine de F-35 pour 75 commandés, n'en finit plus d'utiliser ces engins qui contribuent à lui donner la suprématie dans le ciel du Moyen-Orient. Que ce soit dans la guerre à Gaza mais aussi au cours des frappes au Liban au Qatar ou au Yémen, la furtivité et la force de frappe du F-35 ont permis aux Israéliens de bombarder leurs adversaires sans être repérés et donc inquiétés.
"La campagne la plus difficile jamais menée par des F-35"
Mais son vrai grand test nature, le successeur du F-16 l'a passé lors des frappes massives en Iran en juin dernier. "Cette campagne est la plus difficile jamais menée par des F-35", estime ainsi Justin Bronk, expert en aviation militaire, dans une interview à Business Insider. Selon le spécialiste, la mission iranienne a ainsi mis en avant "les atouts et la capacité d'adaptation" du F-35. "On a vraiment pu voir les prouesses de cet avion ; ce qui n'avait pas été le cas lors d'engagements précédents contre des acteurs non étatiques ou des nations dont les défenses étaient bien plus faibles."
Un avis partagé par le ministre belge de la Défense, Theo Francken, pour qui les missions iraniennes ont prouvé que le F-35 était ultra-dominant dans le ciel. "D'un point de vue technologique, cet avion est largement supérieur aux autres", selon l'élu N-VA.
Notons que le F-35 israélien n'est pas tout à fait semblable aux autres. L'État hébreu est ainsi le seul pays à avoir obtenu une vraie souveraineté sur ses avions. Contrairement aux autres clients du F-35, qui dépendent de mises à jour logicielles imposées par les États-Unis, Tsahal peut adapter librement les logiciels de ses appareils et y intégrer ses propres systèmes et armements. Signe de ces spécificités, le chasseur a aussi un autre nom : le F-35I "Adir" ("puissant" en hébreu).
"De nombreux pays, dont la Belgique, complices"
Un avion israélien que d'aucuns voudraient ne plus voir voler. "Les F-35 sont essentiels à Israël pour mener à bien son génocide contre les 2,3 millions de Palestiniens de Gaza, dénonce la campagne internationale BDS (Boycott, Désinvestissement, sanctions). Il faut clouer cet avion au sol." Selon BDS, "les nombreux pays, dont la Belgique, impliqués dans la construction et l'achat des avions F-35 produits aux États-Unis sont complices du génocide, de l'apartheid et de l'occupation illégale menés par Israël."
La campagne demande aux entreprises et aux États de "cesser de vendre" des pièces destinées aux avions israéliens et d'arrêter d'acheter des F-35 "s'ils ne peuvent garantir qu'ils ne contiennent aucun composant fabriqué en Israël."
