Nvidia, nouvel allié de l'Ukraine ?
Une collaboration entre le géants des puces Nvidia et l'Ukraine va voir le jour.

- Publié le 21-11-2025 à 15h33
- Mis à jour le 21-11-2025 à 17h32

L'Ukraine mise sur l'IA, sous le regard de Trump. Alors que le président américain vient d'annoncer un "plan de paix" pour l'Ukraine (qui requiert toutefois que le pays cède ses territoires actuellement sous occupation russe), le géant américain des puces électroniques, essentielles pour les investissements dans l'IA, Nvidia, et le ministère de la Transformation numérique de l'Ukraine viennent d'annoncer un partenariat stratégique.
Un projet d'Etat souverain
Dans les grandes lignes, l'objectif de cette collaboration vise à pouvoir faire de l'Ukraine un État souverain en matière d'intelligence artificielle, doté de sa propre infrastructure et de solides ressources humaines pour le secteur public et la défense, selon l'annonce du ministère ukrainien. Pour ce faire, l'Ukraine estime que Nvidia est un des meilleurs alliés, capable à la fois de développer cette expertise et de former des professionnels du secteur de l'IA.
Le plus gros projet consiste en la création d'un modèle linguistique de grande taille (LLM, Large Language Model) ukrainien, qui sera entraîné pour fournir des services publics basés sur la législation ukrainienne et intégré au portail gouvernemental, précise le communiqué.
Des relations proches entre Donald Trump et Jensen Huang
Cette annonce de collaboration intervient alors que le New York Times affirme que la relation devient de plus en plus proche entre le président américain Donald Trump et le CEO de l'entreprise américaine, Jensen Huang. "C'est sans doute devenu la relation la plus importante entre l'administration Trump et le monde des affaires : un duo improbable formé d'un ingénieur de la Silicon Valley et un promoteur immobilier new-yorkais devenu président", note le NYT.
Le NYT met également en lumière le rôle croissant de l'intelligence artificielle comme levier dans les négociations diplomatiques et les processus de paix menés par l'administration de Trump. La vente ou le transfert de technologies stratégiques, comme les puces d'IA, serait utilisée comme outil d'influence dans plusieurs dossiers sensibles. Le journal affirme notamment que Washington aurait pu aider certains pays à acquérir des accès privilégiés aux technologies et à l'IA, pour encourager certains apaisements dans certains conflits, dont celui entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan.
Début novembre, un autre exemple a attiré l'attention du média américain : le Kazakhstan a annoncé qu'il allait signer les accords d'Abraham (qui visent à normaliser ses relations avec Israël). Quelques jours plus tard, Nvidia dévoilait un accord massif de 2 milliards de dollars dans le pays pour développer des centres de données et d'infrastructures de l'IA. Un deal qui renforce donc l'idée que les technologies et l'IA pourraient désormais être une sorte de monnaie d'échange dans certaines discussions géopolitiques.
À ce stade, aucun montant officiel n'a encore été communiqué concernant la nouvelle collaboration entre l'Ukraine et Nvidia. Mais la proximité affichée entre Huang et Trump pourrait laisser entrevoir une connexion.
Toutefois, l'Ukraine, qui est actuellement dans sa troisième année de guerre et qui subit toujours des frappes régulières sur son réseau électrique, ses infrastructures, ses stations-essences, vit une véritable catastrophe humanitaire. Dans ce contexte, la création d'une IA souveraine, même si connectée à Nvidia, pourrait toutefois s'avérer particulièrement complexe à mettre en oeuvre compte tenu de la situation.
Nvidia au coeur de l'attention mondiale
Pour rappel, fin octobre, Nvidia est devenue la première entreprise à être valorisée à plus de 5 000 milliards de dollars de capitalisation boursière. Toutefois, alors que les marchés financiers sont pour le moment inquiets d'une crainte de l'éclatement de la "bulle IA", plusieurs acteurs (dont SoftBank) ont revendu une partie ou l'entièreté de leurs actions dans la compagnie. Cette semaine, l'annonce des résultats de Nvidia a toutefois rassuré les marchés le temps d'une journée, avant de s'inquiéter de nouveau ce vendredi.
