La Commission européenne lance une enquête sur Grok : L'Europe ne "tolérera pas les comportements insensés"
Une enquête formelle vient d'être ouverte concernant l'intelligence artificielle d'Elon Musk, Grok, a annoncé la Commission européenne.
- Publié le 26-01-2026 à 12h15
- Mis à jour le 26-01-2026 à 12h58

La Commission européenne a annoncé lundi avoir ouvert une enquête formelle à l'encontre de Grok, l'outil d'intelligence artificielle du réseau X du milliardaire américain Elon Musk, qui a permis la génération d'hypertrucages ("deepfakes") illégaux de femmes et d'enfants dénudés.
"Avec cette enquête, nous déterminerons si X a respecté ses obligations légales ou s'il a traité les droits des citoyens européens, dont ceux de femmes et d'enfants, comme des dommages collatéraux", a déclaré Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission en charge de la souveraineté technologique.
L'exécutif européen insiste sur les dégâts psychologiques et physiques causés aux victimes potentielles.
Début janvier, la Commission avait déjà ordonné à X de conserver toutes ses données relatives à Grok jusqu'à la fin de l'année. Le réseau X a annoncé un peu plus tard avoir déployé des mesures pour empêcher Grok de déshabiller des personnes réelles. Mais des dérives persistent, avait constaté la ministre belge du Numérique, Vanessa Matz, le 16 janvier dernier. Des enquêtes judiciaires et administratives sont ouvertes au niveau de plusieurs États membres, dont la Belgique.
Dans le collimateur de l'UE
L'UE avait déjà infligé début décembre une amende de 120 millions d'euros à X pour infraction au DSA, le règlement de l'UE sur les services numériques, malgré les menaces récurrentes du président des États-Unis Donald Trump, qui accuse le bloc européen de cibler les champions américains via sa législation numérique.
Par ailleurs, la Commission a prolongé lundi une procédure formelle ouverte en décembre 2023 à l'encontre de X, afin de déterminer si ce réseau a correctement atténué les risques associés à ses systèmes de recommandation, y compris lors du passage récemment annoncé à un système de recommandation basé sur Grok.
L'outil d'IA de X est aussi dans le collimateur de la Commission pour du contenu antisémite généré l'an dernier.
En vertu du DSA, les citoyens ont le droit de déposer une plainte pour violation de ce règlement auprès du coordinateur des services numériques de leur État membre, à savoir l'IBPT pour la Belgique.
L'Europe ne "tolérera pas les comportements insensés" des plateformes numériques, comme "les fausses images dénudées de femmes et d'enfants", a affirmé lundi la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen.
"Notre position est claire: nous ne confierons pas le consentement et la protection de l'enfance à des plateformes technologiques pour qu'elles les violent et les monétisent", a assuré la cheffe de l'exécutif européen dans une déclaration transmise à l'AFP. "Des mesures ont été prises, mais nous devons en faire plus protéger les citoyens, en ligne comme hors ligne", a-t-elle martelé.

