"Si nous ne parvenons pas à résoudre le problème, nous ne pourrons pas poursuivre le projet": Berlin et Paris au bord de la rupture sur le projet Scaf
La tension entre les deux Etats était déjà montée d'un cran en septembre 2025.

- Publié le 18-02-2026 à 10h58
- Mis à jour le 18-02-2026 à 14h27

Le projet commun de Système de Combat aérien du futur (Scaf), réunissant l'Allemagne, la France et l'Espagne, ne semble pas être prêt à voir le jour. En effet, des tensions avaient déjà éclaté en septembre dernier entre Dassault et Airbus, suite à la volonté du premier d'occuper un rôle central dans la conception du projet.
Des frictions qui n'ont manifestement pas été résolues, puisque dans un entretien accordé au podcast politique allemand "Machtwechsel", le chancelier Friedrich Merz a réaffirmé la possibilité pour Berlin de se tourner vers d'autres partenaires potentiels.
Des attentes divergentes
Toutefois, Merz assure que cette mésentente vient davantage des besoins militaires différents entre les deux Etats. "Il ne s'agit pas d'une querelle politique. Nous avons un réel problème au niveau du cahier des charges. Et si nous ne parvenons pas à le résoudre, nous ne pourrons pas poursuivre le projet", déclare-t-il.
En effet, selon Politico, la France souhaite que cet avion de nouvelle génération soit capable d'emporter des armes nucléaires et d'opérer depuis des porte-avions. Des ambitions que ne partage pas l'Allemagne. "La Bundeswehr n'en a pas besoin pour le moment", explique Merz.
La coopération européenne en matière de défense, défendue plus vigoureusement depuis le début de la guerre en Ukraine et depuis le retour de la logique MAGA de Donald Trump, se heurte aux réalités diverses vécues par les Etats européens.
L'idée d'un modèle de base adaptable à différents besoins a émergé pour sauver le projet mais ne convainc pas le chancelier allemand. "La France souhaite n'en construire qu'un seul et l'adapter à ses propres spécifications. Mais ce n'est pas ce dont nous avons besoin." Il a également expliqué que des discussions étaient en cours avec le ministère de la Défense afin de déterminer les besoins précis de Berlin et les coopérations possibles. "Il y en a d'autres (collaborateurs possibles, NdlR) en Europe, les Espagnols en tout cas, mais aussi d'autres pays intéressés à en discuter avec nous", ajoute Merz, en précisant toutefois ne pas vouloir abîmer la relation politique entre la France et l'Allemagne.
