ALX Systems, le pari belge des drones kamikazes low cost
Parmi les acteurs présents au Bedex, un représentant wallon actif dans les drones tente de faire sa place.

- Publié le 15-03-2026 à 10h02
- Mis à jour le 15-03-2026 à 12h17

Sur le salon Bedex, ALX Systems fait figure de petit acteur belge qui entend se faire une place sur un marché en pleine accélération mais avec beaucoup de concurrence. L'entreprise, active depuis près de dix ans, a un objectif : proposer des drones à bas coût, produits en Belgique, tout en restant compétitive face à des concurrents beaucoup plus gros. "C'est clairement notre cheval de bataille", résume son CEO, Geoffrey Mormal.
"Ce sont des drones kamikazes principalement, des drones qui attaquent des cibles, d'autres drones. Il y a aussi des drones de surveillance et de protection de sites critiques"
Le principal argument d'ALX Systems tient dans ses prix. L'entreprise affirme pouvoir proposer "une machine totalement autonome" autour de "5 000 euros", là où l'équivalent coûterait "25 000 à 40 000 euros chez nos concurrents", selon le patron. "On est ravis de pouvoir amener des machines low cost, tout en étant rentables", assure la société, qui répond sans hésiter "totalement, oui" à la question de savoir s'il est possible d'être compétitif depuis la Belgique "par rapport au monde entier".
Cette compétitivité, ALX Systems l'explique par une combinaison de facteurs industriels assez simples : "le choix des composants", le fait de "fabriquer tout en interne" et une "chaîne d'approvisionnement très courte", qui permettrait une meilleure maîtrise des coûts.
ALX Systems n'a pourtant pas toujours misé uniquement sur la défense. L'entreprise a aussi travaillé dans le civil, avant de s'en éloigner progressivement. Sa déroute financière en 2022 l'a poussé à se réinventer. Un chemin similaire du civil vers la défense qu'a suivi son cousin français Parrot, qui avait souffert de l'arrivée de la concurrence chinoise féroce, avec par exemple la marque DJI, prédominante sur le marché des petits drones civils.
Réglementation étouffante en Belgique ?
Mais la raison tient, selon le dirigeant, moins à la concurrence internationale qu'à l'environnement réglementaire. "Le marché civil, au niveau du drone, n'a pas tellement d'avenir en Belgique", juge son représentant. "La régulation étouffante a totalement tué le marché", affirme-t-il amèrement. En cause, des procédures trop lourdes et trop lentes : "il faut beaucoup trop de temps pour être autorisé à voler".
Sur le plan opérationnel, l'entreprise assume sa panoplie désormais tournée vers les usages militaires. "Ce sont des drones kamikazes principalement, des drones qui attaquent des cibles, d'autres drones. Il y a aussi des drones de surveillance et de protection de sites critiques", explique-t-il.
L'entreprise reste lucide sur ce qu'un salon comme le Bedex peut représenter pour un acteur de sa taille. "Il n'y a jamais de signature en salon", glisse-t-il, "sauf peut-être pour les très grands groupes, ou c'est déjà signé avant". Mais pour une structure comme ALX Systems, le Bedex sert d'abord à "voir où en est le marché", "montrer ce qu'on fait", "trouver de nouveaux clients" et se situer face à la concurrence. Pour un acteur de niche, c'est déjà une victoire.
