Apple change de cap : un nouveau CEO pour relever le défi de l'IA ? "L'entreprise est considérée comme le maillon faible"
Passation de pouvoir en vue : après quinze ans aux commandes, Tim Cook va être remplacé par un cadre de la maison, John Ternus.

- Publié le 21-04-2026 à 16h09
- Mis à jour le 24-04-2026 à 12h36

On ne s'attendait pas à un passage de témoin aussi rapide mais la marque à la pomme l'a annoncé lundi soir : le 1er septembre prochain, Tim Cook (65 ans) cédera son poste de CEO d'Apple à John Ternus (50 ans). Une transition en interne comme Apple en a pris l'habitude.
Titulaire d'un Bachelor of Science en ingénieur à l'Université de Pennsylvanie, en 1997, John Ternus fait ses premiers pas chez Virtual Research où il conçoit des casques de réalité virtuelle. Mais très rapidement, l'ingénieur en mécanique rejoint le groupe basé à Cupertino (Californie). Orienté "produits" – son projet de fin d'études était la mise au point d'un bras articulé utilisable par des personnes atteintes de tétraplégie grâce aux mouvements de la tête -, il travaille d'abord sur l'iPod chez Apple. Puis il grimpe les échelons dans le groupe, devenant vice-président du "Hardware Engineering", en 2013, puis senior vice president en charge de l'ingénierie matérielle, en 2021. À ce titre, ces dernières années, il supervise le développement de la plupart des produits phares d'Apple, dont l'iPhone, l'iPad, l'Apple Watch et les AirPods, notamment.
Ces dernières années, John Ternus a supervisé le développement de la plupart des produits phares d'Apple.
Une capitalisation boursière multipliée par treize
La question, aujourd'hui, est de savoir si John Ternus sera davantage "un patron à la Steve Jobs" ou si ce cadre de la maison suivra plutôt la voie tracée par Tim Cook. Pendant ses quinze années à sa tête, ce dernier a énormément fait grandir la taille du groupe : son chiffre d'affaires a grimpé de 260 % et sa capitalisation boursière a été multipliée par treize, dépassant aujourd'hui les 3 500 milliards de dollars. Ce qui fait d'Apple la troisième société au monde, derrière Nvidia et Google/Alphabet.
Mais ces chiffres impressionnants n'ont pas empêché les critiques à l'égard de la gestion d'Apple par Tim Cook, et notamment le fait qu'il n'a pas lancé de produits aussi marquants que l'iPod ou l'iPhone comme l'a fait Steve Jobs – à l'exception, peut-être, de la montre connectée Apple Watch, lancée en 2015. Mais surtout, il est reproché à Tim Cook d'avoir plus ou moins manqué le tournant de l'intelligence artificielle (IA).
Un peu plus de quatre mois avant son intronisation, la pression est donc déjà forte sur le futur patron d'Apple : "Parmi toutes les entreprises des Sept magnifiques, Apple est considérée comme le maillon faible en matière de capacités d'IA, […] surtout en comparaison d'Amazon, Meta, Google et Microsoft, souligne un analyste. Pour réussir son entrée, il devra combler le retard d'Apple sur l'IA. Et se montrer donc capable de piloter sa nouvelle révolution comme a pu le faire Steve Jobs en son temps".
