Tour des Finances vendue à des Coréens: cela ne change rien au loyer trop élevé payé par l'État belge
La Tour des Finances, boulevard Pachéco, a toujours fait beaucoup parler d'elle sur le plan… financier. Déjà au moment de sa construction, fin des années 1970, début des années 1980, il se racontait qu'au regard des montants payés par l'État, elle aurait dû être deux fois plus haute…

- Publié le 21-01-2020 à 10h38
- Mis à jour le 23-01-2020 à 18h43

La Tour des Finances, boulevard Pachéco, a toujours fait beaucoup parler d'elle sur le plan… financier. Déjà au moment de sa construction, fin des années 1970, début des années 1980, il se racontait qu'au regard des montants payés par l'État, elle aurait dû être deux fois plus haute…
Une boutade, certes, qui sera répétée en décembre 2001 au moment de sa vente pour un montant de (seulement) 276,5 millions d'euros. Il faut reconnaître que le mastodonte de 36 étages (125 000 m² de bureaux pour 200 000 m² au total, 700 places de parking) était relativement endommagé après 18 ans de services et bourré d'amiante.
La vente se fait en formule de "sale & lease back", l'État promettant qu'après rénovation, via sa Régie des Bâtiments, il reprendra la tour en location. Pas pour les Finances, celles-ci comptant déménager vers le quartier nord, mais pour d'autres services. Le bail est signé pour 25 ans. Et le loyer décidé : un montant annuel de 42,7 millions d'euros indexé.
Le complexe est profondément transformé, offrant bien davantage de surfaces de bureaux, dans le socle de la tour et dans un nouvel immeuble construit à l'angle de la rue Royale et du boulevard du Jardin botanique. Soit un total de quelque 155 000 m² de surface de bureaux, plus 37 400 m² d'autres types de surfaces. Alors que l'État logeait 3 200 fonctionnaires dans l'ancienne tour, c'est 4 500 qui entreront dans la nouvelle en 2008. Et plus de 5 000 aujourd'hui, modification des normes d'occupation oblige.
Les travaux, commencés en 2005, dureront plus de 3 ans. Ils sont achevés dans les délais mais ont un coût plus important que celui imaginé au départ. Breevast parle de 325 millions d'euros. L'État compatira et acceptera de prolonger le bail jusqu'au 31 décembre 2034. Huit ans de plus… indexé ! Soit un loyer qui se situerait aujourd'hui entre 325 et 350 euros/m²/an, alors que le loyer pour un immeuble neuf idéalement localisé dans le quartier européen est à… 315/m²/an.
Un bâtiment iconique
Le complexe adjacent de la Cité Administrative de l'État proprement dite sera, lui, vendu en avril 2003, au même Breevast. Au prix de 27,1 millions d'euros. C'est peu, mais l'État n'en restera locataire d'une partie que 6 ans.
Breevast quitte donc aujourd'hui un quartier dans lequel il s'est fortement investi pendant 18 ans. La vente de cet actif clôt le dernier chapitre du plan de développement urbain, de réaménagement et de revitalisation de cette zone mis en œuvre par Breevast et ZBG. Un plan comprenant la Tour des Finances et le (re)développement urbain de plus de 150 000 m² de bureaux, logements et commerces sur les sites de RAC Belair (vendus entre 2014 et 2017).
"La vente de la Tour des Finances est une opération importante qui marque l'engagement de Breevast et ZBG depuis près de deux décennies à réaliser un actif haut de gamme au cœur de Bruxelles alliant bureaux et espaces résidentiels", indique Henk Brouwer, PDG de Breevast et membre du conseil d'administration de ZBG, cité dans le communiqué de presse des deux sociétés. "Cette transaction réussie reflète l'intérêt international croissant pour les projets de revitalisation urbaine à grande échelle dans lesquels nous nous spécialisons." Et leur donne les moyens d'accélérer leur développement au Benelux et aux États-Unis.
