Le Fort Jaco, la campagne aux portes de la capitale : "De nombreuses villas restent dans la même famille pendant plusieurs générations"
- Publié le 27-05-2020 à 12h48
- Mis à jour le 27-05-2020 à 13h45

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Noyau commercial au sud de la commune verdoyante d'Uccle, le Fort Jaco combine luxueuses villas et petits immeubles à appartements bordant la Chaussée de Waterloo.
Voisin des quartiers Vivier d'Oie au nord et Prince d'Orange au sud, le Fort Jaco est aussi à un jet de pierre de la Place Saint Job, ainsi que du Vert Chasseur. Traversé de part en part par la Chaussée de Waterloo, il héberge une série d'enseignes commerciales, est proche du Bois de la Cambre et profite de l'atmosphère paisible des abords de la ville. "La Chaussée de Waterloo est la colonne vertébrale du quartier. Celui-ci démarre traditionnellement rue Alphonse XIII et se termine avenue Van Bever", introduit Serge Roland, géomètre-expert établi avenue Jacques Pastur, à la lisière du Fort Jaco.
Au niveau architectural, le classique et le mélange d'époques sont de mise. Des appartements des années 70 et 80 côtoient quelques bâtiments de bureaux. Un peu plus à l'écart, on aperçoit des villas cossues typiquement uccloises. "À gauche et à droite de l'artère centrale, il y a essentiellement des petits immeubles à appartements de trois ou quatre étages. Quand on s'enfonce dans les rues aux alentours, il y a plutôt des maisons unifamiliales traditionnelles. Plusieurs rénovations lourdes et démolitions ont permis des surfaces plus grandes. Plus on se rapproche du Prince d'Orange, plus on voit fleurir des villas de standing et des terrains de plusieurs hectares", note Serge Roland.
C'est, par exemple, le cas de l'ancienne pompe Octa +, au n° 1407, devenue le second établissement des restaurants Colonel à Bruxelles. "C'est une zone où les projets sont souvent plus aérés, disposant de plus d'espace que dans d'autres communes. C'est ce que la population locale recherche. L'atmosphère y est clairement moins urbaine qu'à Saint-Gilles ou Ixelles. Les promoteurs présents essaient de tenir compte de la nature", cadre Jeremy Henderson, Sales and Investment Manager au sein du réseau d'agences We Invest.

Nœud commercial
Noyau commercial important, le Fort Jaco possède 112 cellules commerciales, dont 32 liées aux soins de la personne (28,6 %), 36 établissements de services (32,1 %) et 13 de produits de quotidienneté (11,6 %). Hub. brussels recense actuellement sept espaces vacants, soit 6,3 %, ce qui constitue un taux de vacance plutôt faible, le signe d'une zone attractive et en bonne santé. Le supermarché Rob avait songé s'installer dans l'ex-garage Skoda (Groupe D'Ieteren), à deux pas de La Grande Épicerie, avant de retarder le projet. Et Serge Roland de souligner que "le terrain est assez plat, tout peut facilement se faire à pied. C'est un atout non négligeable pour les acheteurs plus âgés et en moins bonne santé." Le quartier compte également une poignée de restaurants, dont les chaînes bien connues Sushi Shop et le Pain Quotidien. "L'attrait des commerces est très important. On peut aller acheter le journal chez le libraire, un repas chez Picard ou se faire couper les cheveux en parcourant quelques mètres. Cette complétude du service couplée à la quiétude ambiante fait la force du quartier", affirme Jean-Victor Leplat, agent immobilier chez Era Châtelain, naviguant entre Ixelles et le Fort Jaco. "Un peu plus loin, le long de la Chaussée de Waterloo, le Vert Chasseur est un autre microquartier commercial qui est très apprécié. Il est en pleine expansion."

Ancrage local
Atypique, le marché immobilier ucclois est plutôt local. Le Fort Jaco n'échappe pas à ce constat. "C'est un marché qui fonctionne très bien. Il y a globalement peu d'investisseurs étrangers, si ce n'est de nombreux acquéreurs français", explique Jeremy Henderson. "C'est un marché très spécifique, qui ressemble à celui de Woluwe-Saint-Pierre. Les prix y sont similaires et les habitants très attachés à leur commune. En général, s'ils déménagent, ils restent proches du même quartier", explique Benoit Galoux CCO du promoteur Eaglestone. Et Jean-Victor Leplat de le rejoindre : "ce sont deux zones avec une clientèle très locale, un parc immobilier recherché et des espaces verts en quantité." Le turnover dans le quartier n'est que d'1,5 %, quand la moyenne dans la capitale tourne autour de 3 %. "De nombreuses villas restent dans la même famille pendant plusieurs générations. Il y a une vraie fidélité au quartier. Quand on cherche au Fort Jaco, c'est là qu'on veut être", affirme encore Jean-Victor Leplat.
"Les prix varient d'une rue à l'autre. Les appartements neufs et modernes sont particulièrement prisés et donc rares", estime Serge Roland. La fourchette est plutôt étendue. "Rien que sur la Chaussée de Waterloo, on peut trouver des prix de 2 500 à 3 500 euros/m² selon le bâti et le type de bien. D'après notre outil d'analyse, les prix moyens tournent autour de 3 300 euros/m² dans la commune. On est souvent bien au-dessus de cette moyenne au Fort Jaco. Les prix y sont restés plutôt stables, même si certaines grandes villas n'ont pas rattrapé leur valeur d'avant la crise", ajoute Jean-Victor Leplat.
Et Serge Roland de conclure : "c'est un quartier très agréable, tranquille, familial, proche des facilités, du tram 92 et du RER Saint Job. C'est ce qui fait son attractivité et sa qualité".

"Les Promenades d'Uccle", un nouveau quartier champêtre et familial
À moins de 3 km de l'arrêt Fort Jaco, le vaste projet des Promenades d'Uccle, développé par Matexi et Besix Red, prévoit la construction de 238 appartements et 60 maisons sur 42 000 m², ainsi que des espaces verts en quantité. "C'est sans doute un des derniers très grands projets à Uccle", note Jeremy Henderson (We Invest), qui commercialise le projet. Tout un quartier résidentiel sur une surface de 11,5 ha (dont la moitié en zone verte) devrait ainsi sortir de terre d'ici quelques années. "L'esprit y est très champêtre et familial, c'est ce qui plaît dans le quartier."

Un cocon vert avenue Hamoir
Parmi les quelques projets neufs dans le quartier, le H14 d'Eaglestone se compose d'un immeuble de 21 appartements en retrait de l'avenue Hamoir. "C'est un projet intimiste, ce qui se reflète dans le choix de l'architecture simple et épurée", souligne Benoit Galoux, CCO du promoteur. "Nous avons souhaité une façade avant très sobre et une façade arrière ouverte et plus animée." C'est le bureau Archi2000 qui s'est chargé de dessiner le projet. "Le terrain relativement vallonné est magnifique, nous en avons tiré parti. Il y a eu tout un travail sur la verdure et la lumière avec de grandes baies vitrées et des vastes terrasses qui donnent sur un parc intérieur", précise Philippe Verdussen, fondateur et gérant. Il faut compter environ 4 600 euros/m² pour s'offrir le dernier appartement restant. "80 % des acheteurs sont des occupants, c'est assez rare à Bruxelles. Pour répondre à la demande locale, les surfaces ont été surdimensionnées", précise Benoit Galoux. "Un deux-chambres fera, par exemple, minimum 125 m² au lieu des 100 m² moyens. C'est un vrai joyau pour nous."