Les prix du résidentiel ont bondi comme jamais depuis 2005
Les taux sont bas, l'activité en hausse, mais l'offre manque. Surtout sur le marché du neuf, suite aux retards dans la délivrance des permis.

- Publié le 05-07-2021 à 15h07
- Mis à jour le 05-07-2021 à 15h32

Au premier semestre de cette année 2021, les prix de l'immobilier résidentiel belge ont augmenté, en moyenne, de 2,65 %, selon les données de l'indice Trevi. Si cette hausse se poursuit à l'identique durant la seconde partie de l'année, celle-ci se clôturera sur une augmentation des prix de 5,3 %. Du jamais vu depuis 2005, année où les prix avaient augmenté de plus de 6 %.
De quoi rassurer le réseau d'agences immobilières Trevi qui constate qu'"aucun signe d'essoufflement ne semble se marquer". Sans pour autant mettre cette hausse inédite au crédit du brin de folie qui plane sur le marché. Alors que nombre d'observateurs y observent une véritable débandade, poussant les candidats acquéreurs à se lancer sans véritablement avoir analysé ni le bien, ni leurs capacités de remboursement, le réseau d'agences immobilières Trevi constate, au contraire, qu'ils "conservent une vision très précise et exacerbée de la juste valeur des biens mis en vitrine". Mieux qu'ils "deviennent assez rapidement de véritables experts dans le segment des biens qui les intéressent". Si certains propriétaires relèvent anormalement leurs prétentions, "le bien ne trouve pas preneur", ajoute le réseau. Sans doute un message à l'intention des vendeurs…

Pas de signe de ralentissement ou de perturbation en vue
Du côté des points particulièrement encourageants de ce 1er semestre, l'auteur de l'indice relève une hausse de l'activité après, il faut dire, une année Covid compliquée. "L'activité enregistrée rejoint globalement celle de 2019." Avec, de surcroît une répartition investisseurs (45 %)/acheteurs occupants (55 %) "relativement stable elle aussi".
Ce qui pourrait ne pas durer, l'offre étant bien faible. Non seulement elle est en deçà de ce qu'elle a été l'année passée (-9 %), mais la lenteur dans la délivrance des permis de bâtir pourrait aggraver le phénomène. "L'amélioration de la situation ne viendra que de la production de logements neufs", l'offre globale tenant moins à celle venant de particuliers, selon le groupe Trevi, qu'à celle de grands acteurs de la production de logements. Cette "cadence normale" qu'il espère que l'offre en biens neufs retrouvera, vaut pour l'ensemble du pays "mais prend encore plus d'ampleur sur la Région bruxelloise".
Il n'empêche, "aucun signe de ralentissement ou de perturbation sur le marché n'est à attendre dans les mois qui viennent", conclut Trevi, se basant sur un maintien de taux d'intérêt hypothécaires bas et incitatifs pendant 24 mois au moins. Au point de croire à une reprise en "V" parfois remise en doute.